Archive for the 'Œuvres' Category

Dépli

Installation cinématographique interactive, 2008-2012 –
En dialogue avec le film Last Room de Pierre Carniaux

Dépli est une installation cinématographique interactive : les spectateurs naviguent dans les plans et la temporalité d’un film, par l’intermédiaire d’une interface tactile disposée dans la salle. Un dispositif de « cinéma jouable », qui s’éprouve comme le parcours d’un corps et d’un regard dans le film : glissements entre les rushes, mélanges, sens et vitesse de lecture, arrêts sur image… Par son geste, le spectateur investit, transforme et joue les opérations initialement dévolues à la production cinématographique.

Tourné au Japon par Pierre Carniaux, le film Last Room associe fiction et documentaire, en explorant les liens entre narrations individuelles, parcours dans le paysage et histoire collective. Le projet Dépli poursuit les recherches de Thierry Fournier sur la mise en jeu et l’implication du corps du spectateur dans sa relation aux œuvres. Dépli et Last Room partagent les mêmes rushes pour déployer deux formes complémentaires : un dyptique, formé par un film et une installation interactive.

Dépli sera présenté sous sa version finale sur Ipad le 30 janvier 2012 à la Scène nationale d’Evreux Louviers.

Vidéo

En lien avec : Sirène, Vers Agrippine, Open Source – Voir également la page Crédits.

Limbo

Installation interactive, 2011
Caméra, projecteur infrarouge, vidéoprojecteur, ordinateur – dimensions variables

Face aux spectateurs et dans une pièce noire, une projection vidéo se comporte à première vue comme un miroir, reflétant leur silhouette blanche et floue sur un fond noir. La renvoyant selon un autre axe, elle induit d’emblée un décalage et une tension dans la perception.

Au bout de quelques secondes apparaît à l’image une autre ombre, extrêmement lente et fondue, qui se déplace comme en glissant dans l’espace : la silhouette du visiteur lui-même, décalée dans le temps et infiniment ralentie. La perception de sa propre présence est alors prise dans un triple rapport entre le décalage dans l’espace, le ralentissement dans le temps et le décalage temporel progressif qui en résulte.

Côtoyant à la fois les univers de Peter Campus et de Hideo Nakata, l’œuvre invite le spectateur dans une logique spéculaire et paradoxale, pour l’accompagner d’une ombre passée qu’il ne cesse de poursuivre.

Limbo a été créée et produite initialement dans le cadre du spectacle Entrelacs de Lionel Hoche (Centre des Arts d’Enghien et Centre national de la Danse, 2010 et 2011), avec le soutien du Dicréam. En lien avec : Réanimation, FeedbackroomOpen Source, L’Ombre d’un doute – Voir également la page Crédits.

Fenêtre augmentée

Installation interactive et curatoriat, 2011
Ecran tactile, caméra, dispositif informatique, dim. 100 x 80 x 230 cm

Fenêtre augmentée est un « observatoire sensible » : une exposition qui prend un paysage à la fois pour sujet et pour support. Quinze artistes et auteurs ont été invités à proposer une œuvre ou une intervention sur le paysage du quartier des Halles à Paris. Leurs contributions sont géolocalisées et consultées sur une fenêtre tactile orientée sur ce paysage, dont elle retransmet la vidéo en direct.

Artistes et auteurs : Céline Flécheux (philosophe), David Beytelmann (historien politique et philosophe), Pierre Carniaux (réalisateur), Benjamin Laurent Aman, Ivan Argote, Marie-Julie Bourgeois, Juliette Fontaine, Thierry Fournier, Marie Husson, Tomek Jarolim, Felicia Atkinson, Jean-François Robardet, Marcos Serrano, Antoine Schmitt (artistes plasticiens), Christelle Bakhache et Clément Feger (étudiants-chercheurs Sciences Po Medialab).  Commissariat d’exposition : Thierry Fournier avec Grégory Diguet et Jean-François Robardet.

Les 140 œuvres et contributions créées ont toutes pour point de départ le paysage lui-même ou les modalités de son observation : immersion, mise à distance, surveillance, etc. Les auteurs les ont postées en se déplaçant dans le quartier (avec une application Iphone créée pour le projet) ou par internet (via un site dédié). Géolocalisées, elles se superposent alors au paysage vu à travers la fenêtre :

plan-du-secteur

Cette « fenêtre » est un écran tactile muni sur sa partie arrière d’une caméra qui filme le paysage en direct. En zoomant et en se déplaçant par le toucher dans la vidéo du paysage, le spectateur découvre progressivement les contributions des auteurs. Le choix d’un cadrage fixe et vertical, ainsi que le minimalisme de l’interface favorisent une découverte dans la profondeur, à travers une expérience sensible.

Fenêtre augmentée propose ainsi une représentation collective et prospective d’un paysage : des approches habituellement dissociées (art contemporain, sciences humaines, géographie) y sont déployées dans une perspective commune. La « réalité augmentée » n’est pas utilisée ici dans un sens informatif ou immersif, mais comme espace d’exposition et de coexistence de différents points de vue.

Une deuxième édition permanente est programmée en Région Languedoc-Roussillon, pour 2012.

Artistes et auteurs : œuvres et interventions

- Benjamin Laurent Aman : Football Season is Over, 2011
- Ivan Argote : Sans titre, 2010 (réédition) / Jobs, 2011
- Felicia Atkinson : Ardents Abris, 2011
- Christelle Bakhache et Clément Feger : Flux, prix et surveillance, 2011
- David Beytelmann : Interview, 2011
- Marie-Julie Bourgeois : Points chauds, 2011
- Pierre Carniaux : Vous êtes ici, 2011
- Céline Flécheux : Fenêtre et horizon (interview péripatéticienne), 2011
- Juliette Fontaine : Les Invisibles / J’ai rêvé la nuit verte / Nuages flottants, 2011
- Thierry Fournier : Panopticons / Fictionnalismes, 2011
- Marie Husson, Vertigo, 2011
- Tomek Jarolim, Monochromes, 2011
- Jean-François Robardet : The Belly Dancer, 2011
- Marcos Serrano, Direction home, 2011
- Antoine Schmitt, No-control Tower, 2011

Les biographies et sites des artistes sont accessibles sur le site du projet : www.fenetre-augmentee.net

Projet co-produit par la Région Ile de France & Cap Digital (lauréat appel à projets « Futur en Seine ») et par la Région Languedoc – Roussillon (lauréat appel à projet « Culture et TIC », qui donnera lieu à la création en 2012 d’une édition permanente de Fenêtre augmentée dans un site rural de montagne). Avec le concours du Medialab Sciences Po. Prototype co-développé dans le cadre de EnsadLab – Programme Drii – axe Surfaces Sensibles, École nationale supérieure des Arts Décoratifs de Paris.

En lien avec : Hotspot, A+, L’Ombre d’un doute, Conférences du dehors, la revue Pandore Pandore – Voir également la page Crédits.

IRL

Installation vidéo générative / intervention in situ, 2011
Ecran LCD, ordinateur, accès internet – dim. 80 x 40 x 60 cm

IRL est une installation vidéo générative qui s’accompagne d’une intervention préalable de l’artiste sur le site de l’exposition. Une série de plans vidéos muets et très courts décrit des détails saisis dans l’environnement de l’exposition. Cette série est diffusée aléatoirement sur un écran qui la juxtapose à un bandeau qui affiche l’heure, les news en temps réel et le taux du CAC 40.

Tournés in situ dans le langage des sujets de JT (mini-plans fixes, zooms, panoramiques), les plans sont montés automatiquement et en temps réel pendant l’exposition, par un logiciel qui assemble les plans cut et au hasard. Le bandeau de news / CAC 40 est alimenté par un fil RSS, lui aussi en temps réel. En résultent d’infinies superpositions du texte et de l’image, dans une logique où la banalité assumée de l’image et son formatage télévisuel se contamine de tous les sens que lui confèrent les news du jour – et inversement.

En lien avec Hotspot, Usual Suspects, A+, Conférences du dehors – Voir également la page Crédits.

Usual Suspects

Installation interactive, 2011
Caméra, ordinateur, vidéoprojection (en version environnement, dim. variables) ou écran LCD (en version sur écran, dim. 80 x 40 x 60 cm)

Une caméra braquée sur un espace public cerne d’un rectangle rouge toute personne ou tout objet en mouvement. Le dispositif est extrêmement sensible et réagit à n’importe quel mouvement : passants mais aussi pigeons, sacs en plastique volant dans la rue, reflets lumineux, ouverture d’une fenêtre, etc.

Déployant un système de surveillance rendu absurde par son caractère machinique, l’installation met en scène la « fictionnalisation du réel » dont se nourrissent mutuellement la société de contrôle et le cinéma de blockbusters : le spectacle du maintien de l’ordre.

Usual Suspects a été exposée en 2011 à Contexts (Paris) dans le cadre de Hotspot avec également IRL. Elle fait partie des œuvres présentées dans le cadre de Fenêtre augmentée observatoire sensible (exposition au Centre Pompidou, juin 2011). Et sera exposée dans le cadre de la Nuit Blanche à Aubervilliers le 1er octobre 2011.

Photographies de Usual Suspects / Nuit Blanche, Aubervilliers, 1er octobre 2011 :

En lien avec : A+, L’Ombre d’un doute, Conférences du dehors – Voir également la page Crédits.

Setup

Installation sonore autoritaire et projection sur écran miniature, 2011

Setup est une installation sonore qui délivre des ordres absurdes ou réels aux visiteurs d’une exposition, dans le registre des messages de sécurité de compagnies aériennes : « Tout ceci est accessible parce qu’il s’agit de sculpture publique », « Tout va bien se passer », etc. (voir extraits ci-dessous). La diffusion des messages est espacée de longs silences aléatoires.

Sur l’écran de l’Ipod qui diffuse les messages, figure une image de la salle prise in situ, comme vue par l’œil de la machine.

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

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Les textes incluent des citations proposées par Jean-François Robardet.
Voix : Juliette Fontaine.

Open Source

Installation interactive, 2008-2009
Bassin, pupitre, dispositif vidéo et informatique, dimensions 700 x 400 x 450 cm

L’installation Open Source est composée d’un bassin en forme d’ellipse, devant lequel se trouve un pupitre qui permet aux visiteurs de dessiner directement avec la main. Dès qu’un dessin est terminé, il apparaît à la surface du bassin et dérive avec les autres, pouvant être à son tour touché et déplacé par les visiteurs présents autour du bassin. Une surface d’eau devient un espace de temporalités et de relations, chargé de projections irréversibles et éphémères.

(photographies : exposition à la Fondation Vasarely, Aix en Provence, novembre 2011)

Vidéo

En lien avec : Dépli, Ce qui nous regarde, Machine Histoires, L’Ombre d’un doute, Pandore, Musique- Voir également la page Crédits.

Infocus

Installation et photographies, 2009
Ordinateur, vidéoprojecteur – dimensions variables
Tirages photographiques sur dibon, 90 x 60 cm

InFocus est né d’une série photographique : douze images de corps, prises en focale fixe, avec une profondeur de champ très réduite et sans mise au point, ont été obtenues en faisant seulement varier la distance de l’observateur vis-à-vis du sujet.

L’installation les diffuse avec un projecteur dont l’autofocus a été forcé : face à ces images totalement floues, le système ne s’arrête jamais, cherchant en permanence une mise au point impossible. L’ensemble du processus convoque un ajustement permanent du regard de l’observateur vis-à-vis de l’image. L’instabilité de la prise de vue est en quelque sorte redoublée par celle de la machine, et par celle du regard du spectateur.

Infocus peut être exposée en installation seule, ou associée à une série de tirages 90 x 60 cm. En lien avec : A+, Réanimation, Seul Richard – Voir également la page crédits.

Point d’orgue

Installation interactive, 2009

Dans la vitrine d’une galerie, une caméra filme la rue. Son image est projetée dans la salle, sur un écran derrière elle. Au repos, cette image n’est qu’un miroir de l’extérieur. Cependant, lorsqu’un visiteur pénètre dans la galerie, la vitesse de la vidéo et du son s’ajustent à la sienne propre, jusqu’à se geler entièrement s’il s’arrête ; si le visiteur se remet en mouvement, la vidéo déroule alors les évènements écoulés et se resynchronise progressivement avec l’extérieur. L’ensemble se déroule sous le regard des passants eux-mêmes pris dans l’image, et observateurs de ceux qui manipulent leur propre temporalité. A travers une expérience de « profondeur de temps » et l’illusion de pouvoir suspendre le cours du réel, s’instaure une boucle généralisée d’interaction collective.

Point d’orgue a été créée en octobre 2009, dans le cadre d’une résidence à Kawenga (Montpellier). En lien avec : A+, Circuit fermé, Réanimation. Voir également la page crédits

Réanimation

Création interactive pour danseur et spectateurs, 2008
Samuel Bianchini, Thierry Fournier, Sylvain Prunenec

Réanimation est à la fois une performance et une installation : un danseur et des spectateurs partagent le même dispositif. Une aire de jeu rectangulaire et sombre est divisée en deux par un écran sur lequel est projetée l’image d’un brouillard dense. De part et d’autre, danseur et spectateurs se font face. Le brouillard est opaque, mais la présence des spectateurs fait apparaître sur l’écran des silhouettes noires et mobiles qui permettent de voir à travers elles.

Le danseur explore cet espace partagé et ces conditions de visibilité variables. Il entretient une relation étroite avec les spectateurs autant qu’avec la musique qui est générée en temps réel, par ses mouvements : confrontation active dans laquelle la performance est autant le fait des spectateurs que du danseur.

Vidéo (Festival Next, Valenciennes, 2008)

En lien avec : Infocus, Sirène, Vers Agrippine, Musique – Photos Samuel Bianchini – Voir également la page Crédits.