Archive for the 'Œuvres' Category

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Réanimation

Création interactive pour danseur et spectateurs, 2008
Samuel Bianchini, Thierry Fournier, Sylvain Prunenec

Réanimation est à la fois une performance et une installation : un danseur et des spectateurs partagent le même dispositif. Une aire de jeu rectangulaire et sombre est divisée en deux par un écran sur lequel est projetée l’image d’un brouillard dense. De part et d’autre, danseur et spectateurs se font face. Le brouillard est opaque, mais la présence des spectateurs fait apparaître sur l’écran des silhouettes noires et mobiles qui permettent de voir à travers elles.

Le danseur explore cet espace partagé et ces conditions de visibilité variables. Il entretient une relation étroite avec les spectateurs autant qu’avec la musique qui est générée en temps réel, par ses mouvements : confrontation active dans laquelle la performance est autant le fait des spectateurs que du danseur.

Vidéo (Festival Next, Valenciennes, 2008)

En lien avec : Infocus, Sirène, Vers Agrippine, Musique – Photos Samuel Bianchini – Voir également la page Crédits.

A+

Installation, 2008 – 2011

Un écran (dans la rue ou dans une vitrine) diffuse exactement l’image vidéo qui serait vue derrière lui, mais constamment décalée de vingt-quatre heures. La diffusion est conçue pour s’aligner avec la perspective du paysage lorsque l’on se situe en face de l’écran. Elle reproduit en continu et en temps réel ce qui a été filmé la veille.

Le décalage a priori non compréhensible de ces images pourtant familières, instaure un paradoxe dans la perception : un questionnement sur la réalité de l’image et sa transformation. Le dispositif prête à imaginer des manipulations qui ne pourront cependant jamais se réaliser : trop distendue, une interaction est ici impossible. Tour à tour acteurs et spectres d’une même scène, ceux qui passent dans l’image et ceux qui les observent coexistent sans jamais communiquer, dans une pure « profondeur de temps ».

L’œuvre peut être disposée en extérieur (dans un panneau urbain) ou en intérieur (devant une vitrine ou une fenêtre). Expositions : Cube Festival (2008), Festival Ososphère (2009), Lux Scène Nationale de Valence (2009), Festival Access, Pau (2011), Fantastik, Lille (2012-2013).

En lien avec : Usual Suspects, Fenêtre augmentée, Point d’orgue, Infocus – Voir également la page Crédits.

Step to step

Installation interactive, 2008

Step to Step entraîne ses visiteurs dans une situation paradoxale, à travers leur confrontation avec une vidéo de fitness.

Face à un cours de step donné par un coach en musique, un socle blanc disposé dans la salle invite à en imiter les gestes. Mais dès qu’un visiteur pose un pied sur le socle, la vitesse de la vidéo se ralentit, jusqu’à se geler presque entièrement s’il y monte de tout son corps. Le son est également ralenti mais en préservant la voix du coach et sa présence.

Entre les visiteurs et le coach, à la fois modèle et victime de leurs gestes, s’instaure un bouclage burlesque et généralisé, dans la double contrainte d’une imitation impossible. L’action se transfère vers le spectateur qui est « mis en œuvre » sur son socle et conduit à une perception aigüe de sa propre temporalité.

Vidéo (Exposition à l’École des beaux-arts de Rennes, 2008)

En lien avec : Point d’orgue, Vers Agrippine, Electric Bodyland, , Seul Richard – Voir également la page Crédits.

Feedbackroom

Installation interactive, 2007

Feedbackroom forme à la fois une installation interactive et un espace de performances. Un micro sur pied, au centre d’une salle obscure, réagit par des larsens hurlants et saturés à la présence et aux mouvements des visiteurs. Chaque geste ou déplacement module le son, instaurant à la fois une sensation accrue de son propre corps, et celle d’un organisme dangereux habitant l’espace. La salle est intégralement noire : seuls les corps qui la traversent sont accompagnés de leurs ombres en négatif, blanches, vibrantes et pixellisées, trace électronique du son qu’ils génèrent. Le dispositif évoque à la fois une « poursuite » de spectacle et un dispositif de surveillance et de conflit.

Vidéo (expositions à La Bellevilloise, Paris 2007 et à l’École nationale supérieure d’art de Nancy, 2007)

Œuvre créée en partenariat avec l’Atelier de recherche et de création Electroshop, École nationale Supérieure d’Art de Nancy. En lien avec : Frost, A Domicile, L’Ombre d’un doute, Core, Musique. Feedbackroom a donné lieu à la publication d’un DVD, édité en 2009 par les Éditions du Point d’exclamation et les Éditions du Parc / ENSA Nancy. Voir la page Crédits.

Sirène

Installation interactive, 2007
Samuel Bianchini et Thierry Fournier

Sur un écran noir figure un point blanc qui suit les mouvements que le spectateur effectue devant l’écran, avec une souris. Sans activité, le dispositif diffuse un son de souffle humain à peine perceptible.

En déplaçant le point, une voix féminine se manifeste ; les sons qu’elle émet semblent d’abord stationnaires, puis, très vite, varient selon les mouvements de la main du spectateur. Le son évolue à mesure que les gestes de celui-ci se déploient ou se concentrent, s’accélèrent ou ralentissent, circulent ou stationnent. La voix passe du souffle au murmure, du chant au cri ; elle est comme explorée dans sa matière même et dans sa profondeur par le geste : elle réagit à lui et, dans le même temps, l’appelle. 

Cette navigation à l’aveugle ouvre un dialogue qui convoque à la fois le geste instrumental et la caresse. Un corps sonore se déplie et s’étend selon l’exploration tactile qui en est faite, mais dont l’interprétation, tant sensuelle qu’intellectuelle, est offerte au spectateur.

Vidéo (Version réduite sur ordinateur portable)

En lien avec : Réanimation, Dépli, Vers Agrippine, Musique – Voir également la page Crédits.

The Life of Things

Installation interactive, 2006 / version vidéo, 2009

Créée initialement sous forme d’installation interactive, à l’invitation de Susanne Wernsing et du Technisches Museum Wien pour l’exposition permanente Alltag – Eine Gebrauchsanweisung (Quotidien – Mode d’emploi), la vidéo The Life of Things (Das Leben der Dinge) présente les interviews de neuf personnes confrontées chacune à dix objets non répertoriés, dont l’histoire prête à controverse, et dont le musée ne savait que faire.

Au sein d’un musée des sciences exposant un catalogue raisonné d’objets et de pratiques, The Life of Things ouvre une interrogation sur les représentations collectives que provoquent les objets d’une collection en devenir, en même temps qu’elle révèle transversalement neuf portraits humains confrontés à la curiosité et à l’incertitude.

Vidéo de l’installation interactive (2006 – 2009)

En lien avec : Dépli, Open Source, Ce qui nous regarde, L’Ombre d’un doute – Voir la page Crédits.

Ce qui nous regarde

Installation interactive, 2005
Emmanuel Berriet et Thierry Fournier

L’installation Ce qui nous regarde propose un dispositif à travers lequel le public laisse des traces de son passage, interroge des mots et des images, et se voit questionné en retour. Face à un écran panoramique, la présence et le mouvement des spectateurs provoque l’apparition d’un très grand nombre de questions et de fragments de textes.

Par les textes et citations qu’ils font apparaître, et par la cohabitation qu’ils génèrent entre les éléments, ils commentent et interrogent douze vidéos faites d’images quotidiennes, de citations de films, d’écrivains, autour de la question du développement et des équilibres politiques. L’ensemble constitue un dispositif hybride entre projet de curatoriat, cinéma et installation interactive.

Vidéo

En lien avec : Dépli, Open Source, The Life of Things, Feedbackroom, L’Ombre d’un doute<, Musique – Voir également la page Crédits.

Vers Agrippine

Pièce musicale, 2004

Vers Agrippine est une pièce musicale pour laptop. Elle a été créée initialement en regard de la mise en scène de l’opéra Agrippina de Haendel par Frédéric Fisbach. Elle déploie un principe de « profondeur de temps », à travers une navigation en temps réel dans la temporalité de la musique. Un geste extrêmement lent, à la souris, dessine un parcours parallèle entre trois sections de l’opéra : les trente premières secondes de l’ouverture orchestrale, la première phrase parlée (récitatif) et la première phrase chantée.

Ce parcours au ralenti dans la matière de l’orchestre et de la voix en laisse apparaître les lignes de force, comme dans l’approche aérienne d’un paysage. Vers Agrippine inaugure une direction de travail sur la temporalité qui se prolonge ensuite à travers des pièces comme Réanimation, Sirène, Point d’orgue et Seul Richard. Elle a été jouée à l’occasion du vernissage de l’exposition Point d’orgue à Kawenga (Montpellier) le 23 octobre 2009.

Extrait

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Durée 12′ environ. Avec les voix de Hiromi Asaï et Véronique Gens. En lien avec : Point d’orgue, Sirène, Réanimation, Seul RichardMusique – Voir également la page Crédits. Photo de Hiromi Asaï : Frédéric Nauczyciel / See-you-tomorrow.

Machine Histoire

Installation sonore interactive, 2004

Le Jardin du Nombril du Monde est un projet collectif construit autour d’une mythologie fictive, qui désigne Pougne Hérisson (200 habitants, Deux-Sèvres) comme le « Nombril du Monde », lieu « d’où sont parties et où doivent revenir toutes les histoires ». Le dispositif de Machine Histoire est composé de plusieurs micros avec lesquels les visiteurs sont invités à déposer des histoires, et d’un ensemble de hauts-parleurs répartis dans l’ensemble du jardin qui diffusent en mouvement toutes les histoires précédemment déposées.

Chaque visiteur constitue son propre parcours dans un paysage vocal et sonore auquel il a lui-même contribué. L’espace se construit et s’accumule au fil du temps : nourri, parcouru et interrogé par les visiteurs eux-mêmes.

Design des objets du jardin : Zarko. Paysagisme : Pascale Langrand et François Schelameur. En lien avec : Frost, Feedbackroom, Electric Bodyland, Le Trésor des Nibelungen, Musique – Voir également la page Crédits.

L’Ombre d’un doute

Installation interactive, 2003

L’installation L’ombre d’un doute constitue un « espace de controverses » : un ensemble de points de vue sur la science, la politique et les médias, mis en confrontation par la présence et les parcours des visiteurs. Le dispositif est constitué par une paroi circulaire sur laquelle sont projetées un grand nombre de phrases, et devant laquelle se déplacent les visiteurs. Ceux-ci apparaissent au mur sous la forme de « fantômes » blancs, qui font apparaître des séquences vidéos : 17 interviews de personnalités ou d’anonymes, une série d’achives TV, et un ensemble de lectures de textes par des comédiens autour des relations entre politique, science et médias. Chacun est confronté à deux formes simultanées de collectivité : celle qui se dessine à travers le contenu des séquences, et celle qui se construit en temps réel dans l’espace même de l’oeuvre.

Interviewés : activistes et membres d’associations (François Desriaux, Christophe Gérard, Anne-Laure Morin, Christophe Noisette), philosophes et sociologues (Marc Augé, Bernard-Marie Dupont, François Ewald, Pierre Lascoumes, Isabelle Stengers), un fermier (Hervé Touraquet), fonctionnaires et personnalités politiques (Bernard Bachelier, Alain Claëys, Martin Hirsch), chercheurs (Olivier Godard, Pierre-Henri Gouyon, Guy Riba, Jacques Testart). Extraits des textes : Giorgio Agamben (Moyens sans fins), Gilles Châtelet (Vivre et penser comme des porcs), Gilles Deleuze et Félix Guattari (Qu’est-ce que la philosophie ?), Georges Didi-Huberman (Ce que nous voyons, ce qui nous regarde), Bernard Kourilsky et Geneviève Viney (Rapport au premier ministre sur le principe de précaution), Bruno Latour (Du principe de précaution au principe de bon gouvernement), Maurice Merleau-Ponty (L’oeil et l’esprit), Francis Ponge (Le Parti pris des choses), Armand Robin (La Fausse Parole), Clément Rosset (Principes de sagesse et de folie), Isabelle Stengers (Sciences et pouvoirs – la démocratie face à la technoscience), Paul Watzlawick (La Réalité de la réalité : confusion, désinformation, communication), Ludwig Wittgenstein (De la certitude).

En lien avec : Conférences du dehors, The Life of Things, Ce qui nous regarde, Feedbackroom – Voir également la page crédits. Photos © Patrick Ageneau 2003.