Selphish

Avec Martin John Callanan, Alix Desaubliaux, Lauren Lee McCarthy
L’exposition réouvre aujourd’hui avec les œuvres au RDC seulement, sans celle de !Mediengruppe Bitnik
Commissaires d’exposition Thierry Fournier et Pau Waelder

Participant·es (dans l’ordre chronologique) : Flora Bousquet, Margot Saint-Réal, Will Fredo, Aina Coca, Raquel Herrera, Sophie Fontanel, Claire Valageas, Azahara Juaneda, Flore Baudry, Franck Ancel et Alexandra Ehrlich Speiser

Mécènes du sud Montpellier-Sète 
13 rue des Balances 34000 Montpellier
Réouverture du 20 mai au 22 août 2020, du mer au sam 10h-18h, entrée libre
Informations : www.mecenesdusud.fr – www.selphish.me

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Selphish aborde l’exposition de soi sur internet, par trois œuvres inédites qui se modifient chaque semaine pour former le portrait d’une nouvelle personne du public.

Dans les interactions que nous déployons sur internet, tout tourne autour de nous-mêmes. Tout ce que les plateformes nous proposent est adapté à nos préférences et on expose la meilleure version de soi : les réseaux nous aiment furieusement autocentrés. À l’intérieur de cette bulle de filtres, les autres nous partagent et nous likent, pourvu que nous les aimions aussi. Toutes les composantes de cet « ego en ligne » se traduisent ainsi par des données qui dressent un portrait, parfois très différent de la vie réelle. Le chercheur Bernard E. Harcourt a nommé société d’exposition (expository society) cette culture où le désir permanent d’exposition de soi permet une surveillance généralisée, pour laquelle la coercition n’est même plus nécessaire. En quoi l’objet culturel que constitue une exposition en art peut-il alors interroger cette « exposition de soi » sur les réseaux ? En quoi un tel projet peut-il provoquer une relation spécifique entre cette exposition, la ville et internet ? Peut-on relier le temps court et l’attention réduite des réseaux sociaux à la temporalité d’une exposition physique ?

Onze participant·es ont accepté que leurs profils Instagram et leurs traces sur Google soient lues (parfois en direct) par les œuvres qui les interprète sous forme d’images, textes, écrans, objets, impressions, etc. Chaque semaine, l’exposition toute entière est dédiée simultanément à une seule personne.

Faisant apparaître partout en écho des images de la participante exposée, l’exposition devient une représentation à grande échelle, exclusivement composée d’images issues des réseaux sociaux. Elle révèle aussi des informations sur les traces numériques, soulevant des questions liées à la surveillance. L’ensemble peut s’apparenter à un grand dispositif commun, dans laquelle les œuvres se font écho autour d’une même personne. L’espace d’exposition de Mécènes du Sud à Montpellier, qui est par ailleurs une vitrine, devient un lieu performatif dans lequel les identités numériques sont représentées et transformées par l’exposition – puis, dans une sorte de boucle, peuvent alors être réexposées à leur tour sur les réseaux sociaux.

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Les visites devront bien sûr observer les gestes barrière : deux personnes au maximum, avec masques obligatoires, gel hydroalcoolique offert à l’entrée, distanciation physique. Vous pouvez également prendre rendez-vous au 04 34 40 78 00.

Production : Mécènes du Sud Montpellier-Sète
Coordination : Marine Lang, déléguée générale, assistée de Mélia Berreur-Gély
Développement informatique : Maxime Foisseau et Alexandre Dechosal, Louis Rouffineau
Avec le soutien du DICRéAM, Ministe?re de la Culture et de la Communication / CNC

Œuvres

Martin John Callanan, We Wanted to Mean Something, 2020, Mac mini et programme, deux e?crans 19 pouces, imprimante laser couleur, papier 120g, bois et peinture acrylique, dimensions variables, conception de l’installation Thierry Fournier et Pau Waelder. 

Martin John Callanan explore la position de l’individu vis-à-vis des systèmes qui règlent la notre vie dans la société contemporaine. Son installation provoque une confrontation entre les posts Instagram des participant·es et des événements d’actualité survenus exactement au même moment, sous la forme d’un face à face entre deux écrans et d’impressions papier qui envahissent l’espace d’exposition. Son dispositif réflète le flux constant d’informations à l’échelle mondiale, à un rythme qu’aucun individu ne peut contrôler. Il amplifie et met en exergue la dimension fondamentalement publique de toute participation sur les réseaux sociaux.

Alix Desaubliaux, Géographies, 2020, série de onze vidéos (1080p couleur, stéréo) et de onze impressions 3D en céramique, plexiglas, bois et peinture acrylique, dimensions variables, conception de l’installation en collaboration avec Thierry Fournier et Pau Waelder. 

Alix Desaubliaux explore l’évolution de la notion d’identité à travers le jeu et la fabrication numérique. Elle crée ici un univers de jeu vidéo dont chaque niveau est composé visuellement avec les contenus du profil Instagram de chaque participant·e. Elle propose alors une vidéo en forme de machinima : une déambulation dans ces paysages numériques composés d’images et de texte animés, issus des informations récoltées sur le·la participant·e. Cet univers artificiel est projeté face à une série d’impressions 3D en céramique, composées à partir des “mondes” créés pour chaque participant·e.

Lauren Lee McCarthy, Autocomplete, 2020, Mac mini et programme, structure bois, e?cran 30 pouces et pied d’écran, chaise, tablette, plantes artificielles, bois, peinture acrylique et aérosol, dimensions 250 x 250 x 250 cm. 

Lauren Lee McCarthy travaille sur les modifications radicales des relations interpersonnelles liées aux technologies L’environnement qu’elle crée invite les visiteurs·euses à s’installer dans un espace mis en scène qui rappelle une salle de consultation médicale : couleurs pastel, siège baquet, plantes vertes… Ils sont confrontés à des phrases qui s’affichent sur un grand écran, auxquelles ils peuvent répondre. Ces phrases s’avèrent extraites du flux des posts de la participant·e ; les réponses du public apparaissent dans ses commentaires, ce qui crée une sorte de conversation disjointe et impossible entre inconnus.

Curateurs

Thierry Fournier (artiste et curateur) et Pau Waelder (curateur et critique) ont déjà collaboré plusieurs fois pour des projets d’exposition et de recherche. Chacun d’eux a fréquemment abordé les enjeux des relations entre réseau, identité et données, à travers plusieurs expositions dont notamment Données à voir, Heterotopia, Axolotl (Thierry Fournier), Real Time, Media Art Futures et Extimacy (Pau Waelder).

Le développement informatique du projet est assuré par Maxime Foisseau, développeur basé à Toulouse, familier du développement web, les applications mobiles et la visualisation de données des réseaux.

The Watchers

Oeuvres de Marie-Julie Bourgeois, Marine Pagès et Antoine Schmitt
Commissaire d’exposition et dispositif Thierry Fournier

Tokyo City View, 52e étage de la Mori Tower, Roppongi Hills, Tokyo
Festival Digital Choc, Institut Français de Tokyo x Festival Media Ambition Tokyo
Du 23 février au 3 mars 2019, 10h-22h

À l’invitation de l’Institut Français de Tokyo et du festival Digital Choc, Thierry Fournier propose l’exposition et dispositif The Watchers qui réunit les œuvres de Marie-Julie Bourgeois, Marine Pagès et Antoine Schmitt, au 52e étage de la Mori Tower qui surplombe toute la ville. Leurs trois pièces se déploient sur des écrans qui se dressent face au paysage urbain. Chacune d’entre elles transforme l’image d’une caméra qui filme la ville en direct. Les spectateurs regardent des œuvres qui elles-mêmes regardent le paysage.

Chaque œuvre propose une relation entre proche et lointain, surface et profondeur, espace et horizon. Points de fuite de Marie-Julie Bourgeois remplace l’horizon et le ciel de Tokyo par celui d’une webcam en direct située à Paris. Corps flottants de Marine Pagès masque tout le paysage d’un blanc laiteux et translucide, sauf fugitivement à l’endroit où le spectateur pose son doigt. No Disc de Antoine Schmitt découpe dans l’image du paysage un large disque qui fait un tour sur lui-même en une heure.

Production : Institut français de Tokyo et Media Ambition Tokyo
Adaptation informatique des œuvres : Mathieu Chamagne

Ces œuvres ont été initialement créées dans le cadre du projet Fenêtre augmentée conçu et commissarié par Thierry Fournier de 2011 à 2015 : en 2013 à la Friche La Belle de Mai à Marseille pour Points de fuite de Marie-Julie Bourgeois (production Zinc et Bipolar, avec le soutien de La Friche Belle de Mai, Le Silo Ville de Marseille et Höfn) ; au Château Royal de Collioure en 2014, pour Les Corps flottants de Marine Pagès et No Disc d’Antoine Schmitt (production Bipolar, Union Européenne / FEDER, coproduction la Panacée et Château Royal de Collioure).

antiAtlas Journal

Direction artistique d’une revue de recherche
www.antiatlas-journal.net

Revue numérique annuelle, bilingue et gratuite, antiAtlas Journal ouvre un espace éditorial dédié à une approche radicalement transdisciplinaire des frontières contemporaines. La revue prolonge les réflexions et les expérimentations menées par le groupe de recherche antiAtlas des frontières : colloques, publications, conférences, expositions… Reposant sur une collaboration entre chercheurs et artistes, elle expérimente de nouvelles pratiques d’édition et de modélisation de la recherche. Elle est dirigée par Cédric Parizot, Anne-Laure Amilhat Szary et Jean Cristofol. Elle est consultable sur le web (desktop, tablettes et mobiles) et en PDF.

Design

Conçue et dirigée par Thierry Fournier et créée avec Papascript, la conception éditoriale et graphique de la revue s’empare des potentialités d’une publication numérique pour étendre l’expérience de lecture de textes de recherche. Son design par « nappes » pour chaque article permet plusieurs niveaux de découverte : celui du texte, mais aussi le réseau et le paysage qu’il constitue avec l’ensemble de son iconographie. En ouvrant des voisinages et de circulations multiples entre textes et images, on autorise ainsi des parcours transversaux et des échelles variables de perception, qu’une organisation linéaire ne permettrait pas – bien qu’elle soit toujours disponible par la version PDF. Certaines très grandes images débordent largement des écrans : la circulation exclusive dans une image devient un des récits proposés, au même titre que la circulation dans un texte.

Collection Artem

Création d’une collection publique en école d’art
Thierry Fournier & Jean-François Robardet
Ecole nationale supérieure d’art et de design de Nancy, Artem

Conçu et coordonné par Thierry Fournier et Jean-François Robardet (artistes et curateurs), le projet Collection s’inscrit dans le cadre de l’Alliance Artem, qui réunit l’École nationale supérieure d’Art et de Design de Nancy, Mines Nancy et ICN Business School. Il est mené par l’atelier Artem Collection, coordonné par les deux artistes, qui réunit 15 étudiant·es des trois écoles. L’atelier invite tout·es les étudiant·es de l’école d’art qui le souhaitent (4e et 5e année) à leur présenter leurs travaux et sélectionne certains d’entre eux pour une exposition collective. Un comité d’acquisition indépendant rencontre ensuite les artistes et sélectionne quatre œuvres qui font l’objet d’un achat par Artem. Ces acquisitions sont financées par Artem, Artem Entreprises et l’ENSAD Nancy.

Collection Artem permet à la fois de soutenir les travaux des jeunes artistes dès leur début de carrière, d’inscrire l’action d’Artem dans la durée, tout en constituant un fonds susceptible de se valoriser à long terme. Il introduit au sein d’une école d’art une réflexion et un débat sur les mécanismes de soutien auxquels les jeunes artistes seront confronté·es ultérieurement.

Collection 2018

Le 16 février 2018, les œuvres de Juliette Hippert, Clara Sobieski et Alexandre Villevandre ont été sélectionnées pour intégrer la Collection Artem, première collection publique dans une école d’art en France, à l’École nationale supérieure d’art et de design de Nancy.

Les œuvres ont été choisies par un comité d’acquisition indépendant composé de Maude Maris et Stéphane Thidet (artistes) et Raphaëlle Friot (coordinatrice Artem, secrétaire générale Artem-Nancy), parmi une présélection exposée en février 2018 avec des œuvres de Pierre André, Quentin Gaudry, Mathilde Gérard, Juliette Hippert, Élodie Paupe, Cécile Pétry, Rémy Pommeret, Louison Rivière, Clara Sobieski, Tiphaine Stainmesse, Marianne Thibault, Marina Uribe et Alexandre Vilvandre. 

Atelier Artem Collection 2018 : Thierry Fournier, Jean-François Robardet (artistes et curateurs, coordinateurs), Mathilde Arnal, Alix Bardy, Victoria Clemens, Nabila Halim, Fabien Karp, Pauline Quille, Gil Zinck (ENSAD), Benoît Fergelot, François Fotré, Hirvin Pena-Pitra (Mines Nancy), Mathilde Borges, Léa Coudray, Alice Devès, Manon Fontaine, Jade Nguyen-Choleau (ICN Business School)

École nationale supérieure d’art et de design de Nancy
1 place Charles Cartier-Bresson 54000 Nancy
www.ensa-nancy.fr

Facebook, Instagram, Twitter : collectionartem

Andrés Baron, Mirror Travelling

Exposition personnelle
Cité internationale des arts, Paris
Commissaire d’exposition Thierry Fournier

Du 16 mars au 7 avril 2018
Galerie de la Cité internationale des arts, 18, rue de l’Hôtel de Ville, 75004 Paris

La Cité internationale des arts présente Mirror Travelling, première exposition personnelle de Andrés Baron en France, qui réunit un ensemble d’œuvres créées par l’artiste entre 2016 et 2018 : films, vidéos, impressions, objets.

Né à Bogotá (Colombie) en 1986, Andrés Baron vit et travaille à Paris. S’appuyant principalement sur la photographie et le film mais aussi sur une production d’objets, sa pratique a notamment pour caractéristique de ne pas en dissocier les sujets selon les médiums, mais au contraire de cultiver leur circulation entre différents espaces de représentation. Des portraits dont les regards et la corporéité sont très présents, empruntant parfois aux stéréotypes des magazines, des éléments naturels (paysages, fruits, ciels…) constituent les motifs récurrents d’un regard qui multiplie les situations de vision comme pour en percer l’intensité. La photographie d’un paysage, pliée ensuite sur le bord d’une table, devient l’objet d’une performance filmée. L’image d’une poire coupée sur un fond blanc est réinjectée dans une photographie, tenue par une femme qui en réactive la promesse de sensualité… Dans ces circulations se joue alors aussi le passage du fixe au mouvement, d’un objet à sa représentation plane puis à la disposition de celle-ci dans un espace, à travers les figures récurrentes du pli, de la rotation, du recadrage et du miroir.

Cependant, la variation des situations ne provoque pas seulement une modification de perception des sujets : c’est l’espace même de la prise de vue qui est chaque fois impliqué, à travers un travail spécifique sur la frontalité des poses, des espaces et des regards qui, associée à une présence constante de la planéité de l’image (qu’elle soit filmique ou photographique), peut parfois évoquer les formes caractéristiques de l’art antérieures à la perspective. En outre, les œuvres d’Andrés Baron sont structurées par un ensemble de choix esthétiques (lenteur des plans, frontalité ou circularité des mouvements d’appareils, étirement des musiques, clarté lumineuse, juvénilité des modèles, ambiguïtés de genre, regards face caméra) qui accentuent la « présentation » de ces corps à l’image. Dans ce sens, à travers leurs dispositifs frontaux ou circulaires, leur absence de narration et leur artificialité délibérée, les films 36 rue d’Ulm, Mirror Travelling, Printed Sunset ou Bettina et fond blanc ouvrent un champ d’une grande ambiguïté, où les sujets filmés paraissent toujours conscients des représentations auxquelles ils participent et des codes qui les animent.

Ainsi, bien qu’employant les formes apparemment classiques du film 16 mm, de la vidéo et de la photographie, le travail d’Andrés Baron témoigne d’une relation à l’image bien postérieure à ces médiums, reconfigurée par les écrans et les réseaux et consciente de leurs effets de surface : toujours face à l’image, mais lui échappant sans cesse.

Thierry Fournier, janvier 2018

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Andrés Baron

Né à Bogotá, Colombie en 1986
Vit et travaille à Paris
www.andres-baron.com

Formation

DNSEP (félicitations du jury) École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs, Paris 2016
La Cambre, Bruxelles, Photographie (4ème année) Belgique 2014
BA, Arts Visuels, Pontificia Universidad Javeriana, Bogotá, Colombie 2011
Expositions personnelles
– Mirror Travelling, Cité internationale des arts, Paris, cur. Thierry Fournier, 2017
– Formas Arcaicas y Familiares, Sala de Proyectos, Universidad de los Andes, Bogotá, 2011

Expositions collectives

– 62ème Salon de Montrouge, Montrouge, France 2017
– Tropismes, Paris, France, 2017
– HSR, Galerie du Sauvage, Porrentruy, Suisse 2016
– Notes et exercices, Trademart Brussels, Bruxelles, Belgique 2014
– Caso du Livre, Salle d’expositions de La Cambre, Bruxelles, Belgique 2013
– Bogotá Gruppenausstellung, Baustelle Kalk, Cologne, Allemagne 2013
– Dibujos, Sala de exposición de la Universidad Javeriana de Bogotá, Bogotá, 2011
– Periferias, Fundación Gilberto Alzate Avendaño, Bogotá, 2011
– Al fin y al cabo cosas, Galería del Club el Nogal, Bogotá, 2010

Projections

– Printed Sunset, lancement de Pazmaker Soundz Issue, Vernacular Instutute México DF, México 2017, sur une invitation d’Adriana Lara
– Printed Sunset, competition internationale au FCDEP, Paris, France 2017
– Folded Landscape (el Páramo), sur une invitation de Juan Pablo Plazas, 105 Besme, Bruxelles, Belgique 2017
– Folded Landscape (El Páramo), Stuttgarter Filmwinter, Stuttgart, Short experimental film Award, Allemagne 2017
– Unpopular Century, projection organisée par Ute Aurand, Berlin, Allemagne 2016

Andrés Baron est en résidence à la Cité Internationale des arts de Paris via le programme de l’Association des anciens élèves de l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs (ENSAD). Il est étudiant-chercheur du groupe de recherche Formes du Mouvement / EnsadLab, laboratoire de recherche de l’ENSAD – PSL, participant également à des rencontres avec le groupe de recherche EnsadLab Displays, coordonné par Thierry Fournier et J. Emil Sennewald.

Données à voir

Exposition collective, 2016

Exposition collective, La Terrasse – Espace d’art de Nanterre
Commissariat Sandrine Moreau et Thierry Fournier
8 octobre-23 décembre 2016
La Terrasse – 57 Bd Pesaro, Nanterre – RER A Nanterre-Préfecture
Mar-ven 12h-18h, sam 15h-18h et sur rendez-vous au 01 41 37 62 67

Avec Martin John Callanan, Marie-Pierre Duquoc, Hasan Elahi, Öyvind Fahlstrom, Ashley Hunt, Mark Lombardi, Philippe Mairesse, Claire Malrieux, Julien Prévieux, Ward Shelley, Ali Tnani et Lukas Truniger. Publications et éditions de James Bridle, Bureau d’études, Eli Commins, Albertine Meunier, On Kawara, Jacopo da Pontormo et Erica Scourti. Documentation web et films élaborée en partenariat avec l’Agora, maison des initiatives citoyennes de la ville de Nanterre, pilote du réseau Nanterre Digital et Benoît Ferchaud. Films de Mark Boulos, Brian Knappenberger, Laura Poitras, Sandy Smolan, Mareike Wegener. Vitrine de La Terrasse, installation in situ La Promesse de Thierry Fournier. Performance de Magali Desbazeille le 10 décembre.

Données à voir rassemble une série d’œuvres qui abordent la question des données personnelles et publiques à travers le dessin ou le code : graphes, dessins, installations en réseau, sculptures, publications, performance… Parmi toutes ces formes, une même démarche se fait jour : celle d’une réappropriation individuelle par les artistes d’un monde de données traversant l’ensemble de la société contemporaine, pour en proposer une interprétation poétique et critique.

Le dessin et le code partagent ici une approche commune de la trace : schémas de systèmes de relations politiques ou sociaux dans les dessins d’Öyvind Fahlström, Ward Shelley, Julien Prévieux ou Mark Lombardi, empreinte numérique des individus chez Hasan Elahi, représentations génératives du présent et des utopies chez Claire Malrieux ou Ali Tnani, questionnement des systèmes de représentation par Martin John Callanan, etc. La machine rejoint la main dans une cartographie de ce qui nous entoure. Abordant des enjeux aussi bien sensibles et poétiques que critiques ou politiques, ces œuvres questionnent aussi ce que nous attendons des données, et comment ces attentes concourent à former notre vision du monde.

Autour de ces questions et à travers la relation au dessin, Données à voir propose également un parcours historique qui va des années soixante-dix à des artistes internationaux contemporains – dont plusieurs pièces étaient exposées pour la première fois en France. L’exposition présente également un ensemble de publications et livres d’artistes consacrés à ces notions. Elle se complète d’une documentation de films et sites web qui abordent les enjeux de l’appropriation citoyenne des données.

Voir le dossier de presse et le texte d’introduction de Thierry Fournier.

Presse :
– Catherine Pétillon / France Culture, Données à voir, regards d’artistes contemporains
– Orianne Hidalgo-Laurier / Mouvement Données à voir, Data way of art

Displays

groupe de recherche, EnsadLab (en cours)

Groupe de recherche, EnsadLab, Ensad (en cours)
Coordination : Thierry Fournier et J. Emil Sennewald, critique, journaliste et enseignant-chercheur
http://displays.ensadlab.fr
Twitter : @displayslab

Proposé et coordonné par Thierry Fournier (artiste, curateur et chercheur), avec J. Emil Sennewald (critique, journaliste et enseignant-chercheur), le groupe de recherche Displays vise à interroger et expérimenter les formes de l’exposition dans un contexte post-numérique, qui se caractérise par une présence permanente du numérique et du réseau dans l’ensemble de la culture et des pratiques. Cette évolution a d’ores et déjà transformé les œuvres, les modes de collaboration, les pratiques curatoriales, la critique et la médiation, le public et son regard. Elle implique aussi une prise en compte de la matérialité du numérique et de ses processus, après une période historique marquée par une idéologie de la dématérialisation. Une porosité s’instaure également entre les pratiques, comme par exemple celles des artistes, des commissaires et du public dans le cas de la curation – pratique de réinterprétation et d’échange attestant du statut conversationnel des médias.

Prenant en compte l’ensemble de ces questions, notre recherche s’intéresse à la manière dont elles modifient la pensée et la pratique des expositions, autant pour les rôles de leurs acteurs, que les objets, les espaces et les réseaux qu’elles investissent. Notre approche est celle d’une recherche par l’exposition, celle-ci étant abordée comme situation d’expérimentation impliquant un ensemble d’acteurs, d’objets, de modes de production et de valorisation, d’espaces et de temporalités. L’exposition est considérée ici comme moment d’un processus davantage que son terme, expérimentable et discutable par ses différents acteurs (artistes, public, curateurs, muséographes critiques…), dans la perspective d’une approche critique de leurs interactions.

Ce programme s’articule autour de trois problématiques principales qui concernent aussi bien la forme même des expositions que les relations qu’elles entretiennent avec leur contexte. Elles sont rapidement présentées ici avec les axes de recherche et de création qu’elles peuvent susciter :

1. Quoi. Comment évoluent les objets de l’exposition, des « expôts » et œuvres vers les gestes, les situations performatives, les expérimentations et les processus de production ? Comment les éditions numériques (qui sont elles-mêmes des processus évolutifs et plus seulement des publications) et les formes mobiles contribuent-elles à de nouvelles formes curatoriales ? Comment interviennent les questions relatives à la reproductibilité et à la simulation ? Les expériences de co-création menées dans le cadre muséographique peuvent-elles aussi concerner les expositions en art ?

2. Qui. Comment évoluent les relations au public et par qui sont conçues les expositions ? Comment évoluent les attentes et les pratiques des spectateurs, la distribution (ou recouvrement) des rôles entre artistes, commissaires, critiques, muséographes, scénographes ? Comment le relier au contexte de la critique institutionnelle ? Comment expérimenter avec et en présence du public ? Sous quelle forme et avec quels enjeux l’interactivité participe-t-elle aujourd’hui aux formes curatoriales ? Quels sont les objectifs et enjeux de la participation et notamment des réseaux sociaux dans les musées et les expositions ?

3. Où. Comment évolue l’espace et les lieux de l’exposition ? Une partie importante de l’accès à l’art et à la culture s’effectuant désormais en ligne, comment évolue la spécificité d’expérience des expositions ? Quelles formes s’inventent-elles alors dans un dialogue entre l’espace réel et le réseau ? Comment relier l’espace collectif de l’exposition et la pratique individuelle du web et des mobiles ? Comment mettre en œuvre une critique et une émancipation vis-à-vis des logiques de l’économie de l’attention ? Comment qualifier et critiquer les relations entre musées, expositions en ligne et bases de données ?

Crédit photographique : Laura Gozlan, Remote viewing, 2014

The Self and the World

deux films collectifs et une exposition (2015-2016)

Deux films collectifs et une exposition (2015-2016)
Galerie NaMiMa, École nationale supérieure d’art et de design de Nancy, 22-29 mai 2016

Projet conçu et dirigé par Thierry Fournier et Jean-François Robardet, sur une proposition de Thierry Fournier. Avec: Mathilde Bénard, Simon Boutelou, Elina Chared, Lucile Doos, Isis Gondouin, Lise Guerder, Oualid Hariss, Anaïs Juin, Heather Krasker, Bora Kwak, Ming-Ying Lu, Rostom Nakmouche, Su-Min Park, Antoine Py et Fan Wang (2015), Aurélie Ayub, Marine Calamai, Anne-Sophie Dautheville-Guibal, Bao-Vi Defaux, Alix Desaubliaux, Sarah Guermonprez, Qijia Hu, Dori Lee, Jean-Christophe Louviot, Paul-Edouard Puyo (2016).

Créés en 2015 et 2016, les deux films The Self and the World sont chaque fois composés d’une série de séquences réalisées par les étudiant·e·s. Qu’est-ce qui, dans la vie de chacun·e, s’adresse au monde ? Et en quoi le monde qui l’entoure s’adresse-t-il à elle ou à lui ? D’une durée de quelques minutes, chaque séquence individuelle met en regard les deux points de vue, sous la forme d’un diptyque.

Les matériaux filmiques employés sont des séquences tournées avec les moyens du bord (caméras, smartphones…), des vidéos trouvées sur YouTube, des captures d’écran, des navigations sur internet… Le projet témoigne ainsi de la manière dont les formes vernaculaires du web, l’usage conversationnel des images et les pratiques contemporaines des technologies concourent à la formulation d’une image de soi et d’une vision du monde, dans une perspective qui embrasse aussi bien des références cinématographiques que les images quotidiennes glanées ou produites sur les réseaux.

The Self and the World (film 2015)

The Self and the World (film 2016)

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Photos de l’exposition en galerie NaMiMa, Ensad Nancy, mai 2016

Dirigé par Thierry Fournier et Jean-François Robardet, l’atelier de recherche et création Electroshop explore depuis de nombreuses années le rôle du numérique en art, sous de multiples formes : expositions, éditions, créations plastiques ou scéniques, etc. Il aborde aussi bien les incidences du numérique dans les pratiques de l’art et les esthétiques contemporaines, que les formes d’œuvres, leurs relations aux spectateurs et leur inscription dans des logiques de flux et de réseau.

Atelier de recherche et création ARTEM Electroshop : École nationale supérieure d’art et de design de Nancy, École des Mines de Nancy, ICN Business School. Projet re?alise? en 2015 avec le concours du Conseil Régional de Lorraine.

Fenêtre augmentée 05 – Montpellier

commissariat d’exposition, installation in situ et édition, 2015

Exposition collective, installation in situ et édition, 2015
Conception et commissariat d’exposition Thierry Fournier
La Panacée (Montpellier), du 5 au 29 mars 2015
Opéra de Montpellier (version ipad) du 5 avril au 30 décembre 2015
Edition sur iPad à télécharger sur App Store.

Œuvres de Luce Moreau, Marine Pagès, Antoine Schmitt et Thierry Fournier.

La cinquième et dernière exposition Fenêtre augmentée cadre le paysage de la Place de la Comédie à Montpellier. Les trois artistes – Luce Moreau, Marine Pagès et Antoine Schmitt – étaient déjà invités de l’édition 04 à Collioure en 2014. Luce Moreau questionne principalement la représentation du paysage, par une pratique qui associe la photographie, la vidéo et des installations in situ, en interrogeant le rôle des instruments de vision. Marine Pagès aborde par le dessin et des installations in situ les questions relatives à l’occupation de l’espace par l’homme et ses temporalités spécifiques. Développant une pratique exclusivement numérique constituées d’œuvres programmées, Antoine Schmitt crée des figures de comportements et de mouvements qui questionnent les relations entre vivant et machine.

Thierry-Fournier-Fenetre-augmentee-Montpellier-01

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Œuvres

Thierry-Fournier-Fenetre-augmentee-Montpellier-Moreau
Luce Moreau, L’Horizon des évènements 2 : Gauche-droite, 2014

Thierry-Fournier-Fenetre-augmentee-Montpellier-Fournier
Thierry Fournier, Plus un geste, 2011-2014

Thierry-Fournier-Fenetre-augmentee-Montpellier-Pages
Marine Pagès, Come di, 2014

Thierry-Fournier-Fenetre-augmentee-Montpellier-Schmitt
Antoine Schmitt, City of gold, 2014

Crédits

Conception du projet et commissariat d’exposition Thierry Fournier / programmation IOS Olivier Guillerminet / lecteur vidéo IOS Olivier Guillerminet et Jonathan Tanant / conseil technique et programmation Max-MSP Mathieu Chamagne / programmation Mac Os et Max-MSP Guillaume Evrard / streaming des caméras Thomas Lucas / ingénierie Jean-Baptiste Droulers / régie générale Grégory Jacquin / traductions Clémence Homer et Anna Lopez Luna / production déléguée, diffusion et communication : Bipolar – illusion et macadam, Mathieu Argaud et Marielle Rossignol.

Le projet Fenêtre augmentée (installation in situ et édition sur tablettes) est produit par illusion & macadam / Bipolar et cofinancé par l’Union européenne (« L’Europe s’engage en Languedoc-Roussillon avec le Fonds européen de développement régional »). Le projet est lauréat de l’appel Cultures numériques et TIC de la Région Languedoc-Roussillon. Il reçoit le soutien de la Ville de Montpellier et du Conseil Général des Pyrénées Orientales. Coproduction et accueil par la Panacée, Centre de création contemporaine de la Ville de Montpellier. Edition réalisée dans le cadre d’un partenariat entre l’Opéra Orchestre national Montpellier Languedoc-Roussillon et La Panacée. Avec le soutien de ZINC, Marseille.

Alum

catalogue sur iPad, Ensa Nancy & Pandore Édition, 2014

Catalogue, 2014
Collectif sous la dir. de Thierry Fournier et Jean-François Robardet, édition Ensa Nancy & Pandore Édition, diffusion Art Book Magazine 2014.

Catalogue consacré aux artistes diplômés de l’École nationale supérieure d’art de Nancy (Dnap et Dnsep entre 1988 et 2011) : Marion Auburtin, Jean Bedez, Thomas Bellot, Etienne Boulanger, Thomas Braichet, Morgane Britscher, Emilie Brout & Maxime Marion, Dominique Cunin, Cristina Escobar, Elise Franck, Caroline Froissart, Virginie Fuhrmann, Jochen Gerner, Jérémy Gobé, Marco Godinho, Sébastien Gouju, Harold Guérin, Sylvie Guillaume, Paul Heintz, Simon Hitziger, Victor Hussenot, Marie Husson, Guillaume Janot, Marie Jouglet, Yonsoo Kang, Geoffrey Kayser, Benjamin Laurent Aman, Sophie Lecuyer, Heewon Lee, Aurélia Lucchesi, Mayumi Okura, Cécile Paris, Dominique Petitgand, Emmanuelle Potier, Victor Rares, Jean-François Robardet, Vivien Roussel, Aïda Salahovic, Emilie Salquèbre, Atsuki Takamoto, Sarah Vaxelaire.

Préface de Christian Debize (directeur de l’Ensa Nancy) et texte de Leonor Nuridsany (critique d’art et commissaire d’expositions indépendante). Conçu et réalisé avec les étudiant-e-s de l’Atelier de recherche et création Coédition (Ensa Nancy / Artem), sous la direction éditoriale de Thierry Fournier et Jean-François Robardet.

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Un catalogue conçu pour les tablettes

L’atelier de recherche et création Coédition à l’École nationale supérieure d’art de Nancy explore depuis plusieurs années les pratiques numériques en art contemporain, sous de multiples formes : créations d’œuvres, curatoriat, créations interactives et/ou scéniques, édition numérique. Ses projets donnent chaque fois lieu à des diffusions publiques : Ballet de Lorraine, CITu, Musée des beaux-arts de Nancy, Contexts (Paris), CNES Chartreuse de Villeneuve lez Avignon, Rencontres Chorégraphiques de Tunis, galerie NaMiMa / Ensan, etc. Il a donné lieu en 2013 à la création de Coédition, première édition numérique sur iPad publiée à l’Ensa Nancy.

Alum est le premier catalogue jamais édité sur les artistes plasticiens diplômés de l’Ensa Nancy. Conçu spécifiquement pour tablettes, ce projet s’empare résolument des spécificités éditoriales que permet ce support : couverture en forme d’index, très grandes pages consacrées à chaque artiste permettant de proposer des relations et des voisinages ouverts entre les œuvres, éléments multimédias… Le projet a été conçu et réalisé par les étudiants des Mines, de l’ICN et de l’Ensan, qui ont participé à la totalité du processus de conception et réalisation de l’édition, sans spécialisation de leur intervention et sous la direction des artistes coordinateurs.

Alum réunit les travaux de quarante-deux artistes, repérés par l’école et/ou qui ont répondu à un appel à participation lancé fin 2013. Chacun-e d’entre eux a proposé une biographie, une série d’image ou vidéos et – pour certain-e-s d’entre eux – un texte critique à propos de leur démarche. Cette sélection d’artistes pourra s’élargir à l’avenir, ce que permet en outre une publication numérique.

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Fenêtre augmentée 04 – Collioure

commissariat d’exposition, installation in situ et édition, 2014

Exposition collective, installation in situ et édition, 2014
Commissariat d’exposition Thierry Fournier
Château royal de Collioure (Pyrénées orientales), du 24 juillet au 15 octobre 2014.

Oeuvres de Luce Moreau, Marine Pagès, Antoine Schmitt et Thierry Fournier. Publication de l’exposition sur iPad, Fenêtre augmentée 04 – Collioure, à télécharger sur App Store.

Le projet Fenêtre augmentée propose une fenêtre interactive sur un paysage comme exposition collective. Une caméra filme en direct un point de vue sur un paysage choisi. Les artistes invités proposent des pièces prenant cette vue pour point de départ : vidéos, œuvres interactives, dessins… Les œuvres sont ensuite positionnées sur la vidéo du paysage, diffusée en direct sur un écran tactile. Le paysage constitue donc à la fois le point de départ et l’espace d’exposition des œuvres. La démarche du projet réside simultanément dans son protocole de travail avec un site, des artistes et un dispositif spécifique, ainsi que dans l’installation qui constitue l’exposition. Fenêtre augmentée est une série itinérante : chaque paysage donne lieu à de nouvelles invitations et créations. Cinq expositions ont eu lieu : Centre Pompidou (Paris) en 2011 ; Fort Lagarde / Prats de Mollo en 2012 ; Friche La Belle de Mai (Marseille) en 2013, Château royal de Collioure en 2014 et La Panacée (Montpellier) en mars 2015 dans le cadre du festival Tropisme, avec Luce Moreau, Marine Pagès, Antoine Schmitt et Thierry Fournier.

La quatrième exposition à Collioure s’installe face à un paysage radical qui présente néanmoins des variations infinies de mouvement, de couleur, de profondeur et d’activité. Les quatre artistes Luce Moreau, Marine Pagès, Antoine Schmitt et Thierry Fournier explorent et interrogent le paradoxe de ce point de vue et ce qu’il implique pour son spectateur. Le projet est déployé à la fois sous forme d’installation in situ, et sur tablettes.

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Oeuvres

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Luce Moreau, L’Horizon des évènements, Ciel / mer

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Marine Pagès, Les Corps flottants

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Antoine Schmitt, No Disc

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Thierry Fournier, En vigie

Crédits

Programmation IOS iPad : Olivier Guillerminet, lecteur vidéo IOS : Olivier Guillerminet, Jonathan Tanant, conseil technique et programmation Max-MSP : Mathieu Chamagne, programmation Mac Os : Guillaume Evrard, programmation Android : Henry Bernard, Jonathan Tanant, streaming : Thomas Lucas, ingénierie : Jean-Baptiste Droulers, régie : Grégory Jacquin, traductions : Clémence Homer et Anna Lopez Luna. Administration, production, diffusion, communication : Illusion & Macadam – Bipolar (Mathieu Argaud, Grégory Diguet, Lise Mullot, Marielle Rossignol)

Le projet Fenêtre augmentée (installation in situ et édition sur tablettes) est produit par illusion & macadam / Bipolar et cofinancé par l’Union européenne. L’Europe s’engage en Languedoc-Roussillon avec le Fonds européen de développement régional. Le projet est lauréat de l’appel Cultures numériques et TIC de la Région Languedoc-Roussillon, il reçoit le soutien de la Ville de Montpellier et du Conseil Général des Pyrénées Orientales. Coproduction et accueil par la Panacée, Centre de création contemporaine de la Ville de Montpellier, Le Château Royal de Collioure – Conseil Général des Pyrénées-Orientales. Avec le soutien de Zinc et La Friche Belle de Mai, Marseille.

Ce qui manque – catalogue

Catalogue d’exposition
Quatre folios A1 pliés et insérés, 800 exemplaires, gratuit

Textes : Armand Behar, Claire Châtelet et Julie Denouël, Eli Commins, Stéphane Degoutin et Gwenola Wagon, Laura Gozlan, Thierry Fournier, Coralie Puyau

Direction publication et conception : Thierry Fournier
Photographies : Thierry Fournier, Mossi Soltan, Stéphane Degoutin et Gwenola Wagon
Édition : La Panacée – Ville de Montpellier
Plus d’informations : www.lapanacee.org | www.thierryfournier.net/ce-qui-manque

Le catalogue Ce qui manque relate l’atelier de curatoriat et l’exposition du même nom, dirigés par Thierry Fournier en 2014 dans le cadre de l’École de la Panacée, en partenariat avec l’Université Montpellier 3 Paul Valéry. Le projet a invité Armand Béhar, Laura Gozlan, Gwenola Wagon et Stéphane Degoutin à créer trois œuvres in situ en proposant aux étudiants de participer à l’ensemble du processus de création de cette exposition.

Cette publication présente le projet général et chacune des trois œuvres : interviews des principaux acteurs et des artistes, textes des étudiants et une abondante iconographie. Il prend la forme de trois “nappes” au format A1 pliées en quatre, présentant chaque fois les textes et photographies au recto, et une grande affiche au verso. Le catalogue était distribué gratuitement, comme un journal, dès le jour du vernissage.

Ce qui manque

atelier de curatoriat, exposition collective et publication, 2014

Exposition collective et publication, 2014
Commissariat Thierry Fournier
Œuvres de Armand Béhar, Laura Gozlan, Gwenola Wagon et Stéphane Degoutin
Exposition du 6 au 22 juin 2014, La Panacée, Montpellier

Avec la collaboration des étudiant-e-s de l’Université Montpellier 3 : Lydie Blanc, Laura Dauzat, Floriane Davin, Marion Gaudillère, Mariko Koetsenruijter, Simon Kounovsky, Marion Paul, Coralie Puyau, Thomas Fourcroy, Annaëve Saïag, Mossi Soltan, Céline Valiente et la participation de Jean-Damien Gros, Jean-Sébastien Colas et Thibaut Lozenguez.

En partenariat avec l’Université Montpellier 3 Paul Valéry, l’École de La Panacée propose chaque année une expérience de l’art à un groupe d’étudiants, créant un espace de transmission et de partage des savoirs, dans une démarche de recherche et d’expérimentation. En 2013-2014, La Panacée en confie le commissariat à Thierry Fournier qui propose le projet Ce qui manque. Les artistes invités sont Armand Béhar, Laura Gozlan, Gwenola Wagon et Stéphane Degoutin. Le projet propose aux étudiants de participer à l’ensemble du processus de création de cette exposition, de ses œuvres et d’une publication consacrée au projet.

Ce qui manque interroge notamment les notions d’utopie et d’évolution, ainsi que les conditions critiques d’émergence de projets collectifs. Le projet se déploie autour d’une phrase, d’un protocole et d’un dispositif commun. Il pose une question délibérément ouverte : Ce qui manque. Face à une situation contemporaine de « post-démocratie » et la prise de pouvoir sur la culture par les industries, se dessine un enjeu relatif aux conditions des projets collectifs, qui peut s’exprimer ici aussi bien comme réminiscence, utopie ou uchronie. Il s’agit à la fois de désir, de tension entre individus et communauté et de possibilité d’un espace commun, réel ou fictif.

Exposition et œuvres

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Armand Behar, Une prière pour les candidats au voyage

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Laura Gozlan, Remote Viewing

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Stéphane Degoutin et Gwenola Wagon, Umwelt rat réseau

Publication

Réalisée à l’issue de chaque semaine de résidence par Thierry Fournier, une publication en relate le processus, composée de 4 grand feuillets A1 pliés, qui sont diffusés dès le vernissage et pendant l’exposition.

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Crédits

Projet produit par La Panacée, centre de culture contemporain de la Ville de Montpellier. En partenariat avec la Direction de la Culture et du Patrimoine – Ville de Montpellier et l’Université Montpellier 3 – Paul Valéry. Coordination pour l’Université Montpellier 3 par Claire Châtelet (Département des Arts du Spectacle) et Julie Denouël, Laurent Fauré, François Perea et Arnaud Richard (Département des Sciences du Langage). Merci à Franck Leblanc pour son rôle dans la conception de l’École.

Flatland

catalogue (2014)

Catalogue sur tablette du projet Fenêtre augmentée
Direction éditoriale Thierry Fournier et J. Emil Sennewald
Édition et diffusion Pandore Edition

Direction éditoriale Thierry Fournier & J. Emil Sennewald. Textes de Jean Cristofol, Céline Flécheux, Thierry Fournier, J. Emil Sennewald. Programmation et réalisation Stanislas Schoirfer. Traduction anglaise Clémence Homer. Notices, biographies et notes de travail des artistes pour toutes les œuvres, 280 illustrations couleur, 31 vidéos, 8 pièces sonores.

Fenêtre augmentée

Les deux applications Fenêtre augmentée (disponibles sur App Store) et le catalogue sur iPad Flatland (sur Art Book Magazine le 20 janvier) proposent une nouvelle expérience artistique et une nouvelle approche critique.

Fenêtre augmentée propose une fenêtre interactive sur un paysage comme concept d’exposition collective. L’écran devient un espace d’exposition : 18 artistes et auteurs invités ont proposé des œuvres sur un paysage, filmé par une caméra en temps réel. Conçu et dirigé par l’artiste et curateur Thierry Fournier, une exposition de vidéos, œuvres interactives et dessins s’ouvre aux spectateurs, du bout des doigts. Au Centre Pompidou à Paris en 2011, au Fort Lagarde en 2012 et à la Friche La Belle de Mai à Marseille en 2013, les œuvres étaient découvertes sur un écran tactile, comme une « fenêtre » creusant dans la profondeur du paysage.

L’édition interactive de Fenêtre augmentée sur iPad rend désormais cette expérience mobile, permettant ainsi l’expérience des œuvres sur le paysage même qu’elles ont investi – la vue sur paysage étant retransmise en streaming.

Flatland

Le catalogue Flatland accompagne cette création innovante sur tablette pour rendre compte des trois expositions de Fenêtre augmentée. Les œuvres étant maintenant disponibles avec l’application Fenêtre augmentée sur iPad, la publication a été pensée spécifiquement pour profiter de tous les avantages de ce nouveau dispositif interactif. Conçu par Thierry Fournier et J. Emil Sennewald, ce catalogue relève l’enjeu de décrire un projet numérique qui se déploie lui-même sur un écran.

Flatland dépasse les formats habituels des publications numériques et exploite radicalement le potentiel de ce support : deux niveaux de contenus différents selon l’orientation de la tablette (œuvres et expositions / textes critiques), un très large contenu multimédia (images, sons, vidéos), des notes et compléments en popups, etc. Équivalent d’un catalogue de 420 pages, l’ensemble est bilingue français – anglais. Empruntant son titre au roman de science-fiction publié en 1884 par Edwin Abbott, cette publication vise à son tour à « repousser les frontières de l’imagination ».

Fenêtre augmentée sur tablette et Flatland – une publication simultanée sur tablette qui permet un dialogue entre l’expérience directe des œuvres et une approche critique, sur le même support. Les deux applications sont édités par Pandore, jeune éditeur numérique (coffret Last Room / Dépli avec Shellac, Coédition…) qui invente de nouvelles propositions s’emparant des supports numériques. Elle présente ici une des premières publications en art qui intègre démarche critique, design graphique spécifique aux tablettes et navigation interactive.

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Fenêtre augmentée 03 – Marseille

commissariat d’exposition, installation in situ et édition, 2013

Exposition collective, installation in situ et édition, 2013
Conception et commissariat d’exposition Thierry Fournier
Panorama, Friche La Belle de Mai, Marseille, 5 mai – 30 décembre 2013
Edition sur ipad Fenêtre augmentée 03 – Marseille, disponible sur App Store.

Œuvres de Benjamin Laurent Aman, Marie-Julie Bourgeois, Grégory Chatonsky et un collectif formé par Christine Breton, Jean Cristofol, Thierry Fournier et Jean-François Robardet.

Fenêtre augmentée est un projet curatorial consistant à prendre un paysage à la fois comme point de départ et lieu d’une exposition numérique. Sa troisième édition a eu lieu à Marseille, à la Friche de la Belle de Mai / Panorama. Les œuvres sont créées en prenant pour point de départ le paysage des quartiers Nord de Marseille : fixée sur le Silo d’Arenc, la caméra vise le Nord-Est de la ville et se tourne vers un paysage sans monument, en complète transformation.

L’exposition présente 17 oeuvres de 4 artistes ou collectifs : Benjamin Laurent Aman s’approprie le paysage par l’enfouissement d’objets personnels ; Marie-Julie Bourgeois questionne les limites de l’horizon en le remplaçant par des webcams de villes distantes ; Grégory Chatonsky construit une narration fictive à partir du flux des événements survenant dans l’image ; le collectif formé par Christine Breton, Jean Cristofol, Thierry Fournier et Jean-François Robardet propose de rejoindre par le toucher des parcours filmés dans les quartiers Nord de Marseille.

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Œuvres

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Benjamin Laurent Aman, Dead Drops, 2013

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Marie-Julie Bourgeois, Points de fuite, 2013

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Grégory Chatonsky, À l’image, 2013

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Jean Cristofol, Thierry Fournier et Jean-François Robardet, Ultima Thulé, 2013

Edition sur tablettes

En 2013, les expositions Fenêtre augmentée (Prats et Marseille) sont éditées sur iPad. Elles sont alors consultables à distance, leur paysage étant vu en streaming.

Production : Zinc, Marseille Provence Capitale de la Culture 2013, Le Silo Ville de Marseille, avec le soutien de Höfn et de Hôtel du Nord.

Fenêtre augmentée 02 – Prats-de-Mollo

commissariat d’exposition, installation in situ et édition, 2012

Exposition collective, installation in situ et édition sur tablettes, 2012
Conception et commissariat d’exposition Thierry Fournier
Fort Lagarde, Prats de Mollo (Pyrénées orientales), 2012-2016
Edition sur ipad disponible sur App Store

Œuvres de Christelle Bakhache et Clément Feger, Jean Cristofol et François Parra, Juliette Fontaine, Thierry Fournier, Simon Hitziger, Tomek Jarolim et Jean-François Robardet.

L’exposition Fenêtre augmentée 02 s’est ouverte en juillet 2012 au Fort Lagarde (Prats-de-Mollo, Pyrénées-Orientales) : elle est visible d’avril à octobre inclus, jusqu’au 30-10-2016 et cadre le paysage de montagne en face du Fort Lagarde.

Christelle Bakhache et Clément Feger abordent avec Gypaetus Politicus le paradoxe de la représentation des dimensions politiques d’un paysage à travers le cas de figure de la protection d’un oiseau. Jean Cristofol et François Parra ont parcouru l’ensemble du paysage vu de la Fenêtre pour réaliser la série d’enregistrements La Borne 514, qui évoque la question de la frontière et la façon dont elle contribue à organiser l’espace. En créant Ós et Sisyphe, deux pièces dont l’une interactive qui associent le dessin et la transparence sur l’environnement, Juliette Fontaine met en relation les temporalités du paysage, de la peinture et du spectateur. Simon Hitziger réalise Hike in Crystals, une série de vidéos à partir d’éléments collectés lors d’une ascension en solitaire du Costabonne, travaillant sur les différences d’échelle, les fragilités et les changements d’état du milieu naturel. Avec Abcisses et Exergues, deux séries de vidéos génératives ou interactives, Tomek Jarolim met en relation la couleur dans le paysage, le dispositif numérique de la fenêtre et le geste du spectateur. Jean-François Robardet travaille autour des notions de défense et de sang contenu dans le paysage, avec la série The Night Shift qui associe six dessins interactifs et une vidéo. Thierry Fournier réalise deux séries de vidéos et photographies, Anachrones et I’m not there, abordant toutes deux les relations paradoxales de projection, de fantasmes et de volonté de maîtrise que nous pouvons entretenir avec la nature.

Œuvres

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Christelle Bakhache et Clément Feger, Gypaetus politicus

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Jean Cristofol et François Parra, La Borne 514

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Juliette Fontaine, Sisyphe

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Thierry Fournier, Anachrones

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Simon Hitziger, Hike in crystals

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Tomek Jarolim, Abcisses

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Jean-François Robardet, The Night Shift

Edition sur tablettes

Fenêtre augmentée 02 à Prats-de-Mollo est éditée sur iPad et téléchargeable sur App Store. L’application permet de faire l’expérience des œuvres sur la vidéo même du paysage qu’elles ont investi, transmis en temps réel par streaming.

Production Région Languedoc Roussillon et Pandore. Production déléguée Pandore et / Bipolar

Umwelt

projet de recherche, EnsadLab / Diip, 2011-2012

Projet de recherche Ensad / EnsadLab – programme Diip, 2011-2012
Conçu et coordonné par Thierry Fournier
Equipe : Clémence Homer, Tomek Jarolim, Dominique Peysson, Benoit Verjat.

Umwelt est un projet mobile de prise et consultation de notes mixtes (manuscrit haute définition, clavier, dessin, hypermedia, tags…) utilisable dans tous types d’environnements : voyages, repérages, répétitions, conception ou séances de travail, architecture et design, mode, observations, « terrains » en sciences sociales, notation musicale, etc. Il s’adresse donc autant à des usages professionnels que privés, généraux ou spécialisés, documentaires ou fictionnels. Il se fonde sur plusieurs dimensions : pratique manuscrite, structuration de la mémoire, intégration de l’environnement, interopérabilité.

Cohabitation II

commissariat d’exposition, 2012

Atelier et exposition collective, École nationale supérieure d’art de Nancy / Artem, 2011-2012
Exposition galerie NaMiMa, Ensa Nancy, mars 2012
Coordination et curatoriat : Thierry Fournier et Jean-François Robardet

Œuvres de Alice Adenis, Romain Hantz et Jérôme Gonzales / Anne-Sophie Banach, Laureline Maudet et Guillaume Cadot / Wei Chang, Charlotte Moreau et Se Won Hwang / Benoît Henry / Brice Mantovani / Xiao-Jun Song et Guilhem Mariotte / Marianne Villière, étudiants de l’École nationale supérieure d’art de Nancy, de l’École nationale supérieure des Mines de Nancy et de ICN Business School.

L’atelier de recherche et création Cohabitation est consacré aux œuvres mettant en jeu les médias numériques : installations, performances, créations scéniques. Les étudiants de trois écoles y participent : École nationale supérieure d’art de Nancy, ICN Business School, Ecole nationale supérieure des Mines de Nancy, dans le cadre de l’alliance ARTEM. Ils sont impliqués sur l’ensemble de la conception et de la réalisation d’une œuvre ou d’une série de travaux, sous la direction des artistes coordinateurs, jusqu’à leur présentation publique.

L’exposition Cohabitation présente cinq installations qui partagent le même espace, chacune d’entre elles proposant une interaction avec les visiteurs et/ou une relation avec les autres dispositifs. Le projet propose une expérience sur le processus de création d’un dispositif de relations, dans ses dimensions à la fois artistiques et sociales : comment élaborer une exposition où chacun des objets se définit dans ses relations avec les autres et avec le public ? Comment penser la nécessaire autonomie d’un dispositif, tout en concevant un projet et un espace commun ?

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Œuvres

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Alice Adenis, Romain Hantz et Jérôme Gonzales

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Anne-Sophie Banach, Laureline Maudet et Guillaume Cadot

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Wei Chang, Charlotte Moreau et Se Won Hwang

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Brice Mantovani

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Xiao-Jun Song et Guilhem Mariotte

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Marianne Villière

Crédits

Photographies © Thierry Fournier 2012
Avec le soutien de la Région Lorraine – aide à la recherche

Fenêtre augmentée 01 – Paris

commissariat d’exposition et installation in situ, 2011

Exposition collective et installation in situ, 2011
Commissariat d’exposition Thierry Fournier
Centre Pompidou, Paris (2011)

Œuvres et interventions de Christelle Bakhache et Clément Feger (Sciences Po Medialab), Céline Flécheux (philosophe et critique), David Beytelmann (historien politique et philosophe), Pierre Carniaux (réalisateur), Benjamin Laurent Aman, Félicia Atkinson, Ivan Argote, Marie-Julie Bourgeois, Juliette Fontaine, Thierry Fournier, Marie Husson, Tomek Jarolim, Jean-François Robardet, Marcos Serrano, Antoine Schmitt (artistes).

La première exposition Fenêtre augmentée s’est déroulée au Centre Pompidou (Paris) en juin 2011. Au sixième étage du Centre, la Fenêtre pointait vers le quartier des Halles, positionnée dans un espace délibérément non muséographique du Centre : le belvédère en haut des escalators. Cette première édition a permis d’expérimenter toutes les dimensions du projet : d’une part en termes de protocole curatorial, de travail avec les artistes, de types d’œuvres proposées et d’autre part en termes de conception de l’objet lui-même (dispositif, interface, comportement, design, etc.). Ces derniers aspects ont donné lieu à une recherche coordonnée par Thierry Fournier qui a réuni un groupe de concepteurs, designers et développeurs, en collaboration avec le laboratoire EnsadLab de l’Ensad (programme Diip / Surfaces sensibles) et le Medialab de Sciences Po.

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Œuvres

Benjamin Laurent Aman, Football Season is Over,

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Ivan Argote : Sans titre, 2010 (réédition) / Jobs

Felicia Atkinson, Ardents Abris

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Christelle Bakhache et Clément Feger, Flux, prix et surveillance

David Beytelmann, Interview

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Marie-Julie Bourgeois : Points chauds

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Pierre Carniaux : Vous êtes ici

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Céline Flécheux : Fenêtre et horizon (interview péripatéticienne)

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Juliette Fontaine : Les Invisibles / J’ai rêvé la nuit verte / Nuages flottants,

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Thierry Fournier : Panopticons, Fictionnalismes, Usual Suspects

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Marie Husson, Vertigo

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Tomek Jarolim, Monochromes

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Jean-François Robardet : The Belly Dancer

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Marcos Serrano, Direction home

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Antoine Schmitt, No-control Tower

Recherche

L’ensemble du projet a donné lieu à une recherche pluridisciplinaire dirigée par Thierry Fournier avec un groupe de travail comprenant Jean-François Robardet, l’équipe technique (ingénieurs, développeurs), les producteurs, des personnes extérieures et des artistes faisant partie en 2011 de l’atelier de recherche Surfaces Sensibles à l’Ensad : Marie-Julie Bourgeois, Tomek Jarolim, Marcos Serrano. Tomek Jarolim et Marie-Julie Bourgeois ont ensuite été invités à participer dans le cadre du projet, respectivement pour les expositions de Prats-de-Mollo en 2012 et Marseille en 2013.

Crédits

Production : Région Ile de France / Cap Digital, Région Languedoc Roussillon, Pandore Production. Production déléguée Pandore Production (projet général), Aquilon (Futur en Seine).

Fenêtre augmentée

cycle d’expositions, 2011-2015

Cycle d’expositions collectives et installations in situ, 2011-2015 et 2019
Commissariat d’exposition Thierry Fournier
Voir également : The Watchers

Le projet Fenêtre augmentée propose une fenêtre sur un paysage comme dispositif d’exposition collective. Une caméra filme en direct un point de vue sur un paysage choisi. Les artistes invités proposent des pièces prenant cette vue pour point de départ : vidéos, œuvres interactives, dessins… Les œuvres sont ensuite positionnées sur la vidéo du paysage, diffusée en direct sur un écran tactile. Le paysage constitue donc à la fois le point de départ et l’espace d’exposition des œuvres. La démarche du projet réside simultanément dans son protocole de travail avec un site, des artistes et un dispositif spécifique, ainsi que dans l’installation qui constitue l’exposition.

Fenêtre augmentée est une série, chaque paysage ayant donné lieu à de nouvelles invitations et créations. Six expositions ont eu lieu : Centre Pompidou (Paris) en 2011 ; Fort Lagarde / Prats de Mollo en 2012 ; Friche La Belle de Mai (Marseille) en 2013, Château royal de Collioure en 2014 et La Panacée (Montpellier) en mars 2015. Enfin, les œuvres de Fenêtre augmentée Collioure ont été remises en jeu à Tokyo en 2019, avec l’exposition The Watchers – mais avec un dispositif par œuvre, au lieu d’un seul pour toutes.

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Artistes et auteurs

L’objectif du projet a d’emblée été d’inviter simultanément des auteurs (philosophes, critiques, chercheurs) et des artistes. Depuis 2011, 22 artistes et auteurs ont créé des œuvres dans le cadre de ce projet : Christelle Bakhache et Clément Feger (chercheurs en sciences sociales), David Beytelmann (historien et philosophe), Christine Breton (conservatrice du patrimoine), Pierre Carniaux (réalisateur), Jean Cristofol (philosophe), Céline Flécheux (philosophe et historienne de l’art), Benjamin Laurent Aman, Ivan Argote, Marie-Julie Bourgeois, Grégory Chatonsky, Juliette Fontaine, Thierry Fournier, Simon Hitziger, Marie Husson, Tomek Jarolim, Luce Moreau, Marine Pagès, François Parra, Jean-François Robardet, Marcos Serrano et Antoine Schmitt (artistes). Ces derniers présentent des pratiques extrêmement diverses (œuvres numériques, dessin, photographie, vidéo…) mais tous présentent au cœur de leur travail une adresse aux enjeux qui se tissent entre individu, espace et communauté. La co-présence de leurs démarches s’exerce dès les résidences : quelques jours partagés sur place qui ouvrent à une rencontre du lieu, des autres invités, de l’équipe du projet (aussi bien artistique que technique) et des interlocuteurs locaux du projet.

Il ne s’agit donc pas en premier lieu d’aborder le paysage – et avec lui la suprématie du regard que ce terme évoque – mais d’éprouver physiquement un territoire et ses situations.

Chacun propose ensuite non seulement une lecture et une interprétation de ce lieu à travers l’image de la fenêtre –  mais aussi son propre positionnement et le degré de distance qu’il choisira d’instaurer entre le spectateur, l’écran, le paysage et le territoire lui-même. La diversité des pratiques des artistes et auteurs accompagne concrètement ces choix : certaines œuvres travaillent strictement à la surface, d’autres dans une relation active avec le geste ou la position du spectateur, d’autres interrogent le support lui-même (écran – caméra) ou son positionnement vis-à-vis de l’espace, d’autres encore approchent le lieu à travers une démarche plus documentaire.

Édition sur tablettes

Depuis 2013, les expositions Fenêtre augmentée sont simultanément publiées sur iPad. Elles deviennent consultables à distance, leur paysage étant vu en streaming. Dans la version en installation (à laquelle la tablette ne se substitue pas), une tension est instaurée entre le paysage réel et l’écran, qui s’exerce selon des degrés divers en fontion des lieux : à Paris, l’écran était installé à l’endroit de la vue elle-même ; à Prats-de-Mollo, caméra et écran sont distants mais partagent le même environnement proche ; à Marseille, l’écran est réellement dissocié de la caméra et propose une vision à distance, qui convoque davantage une dimension de webcam.

La version sur tablettes accentue cette tension de par le temps réel de l’image ; elle la déploie et la renouvelle, en situation de mobilité. Le paysage qui constitue le support des œuvres est perçu à très grande distance mais en direct ; elles se retrouvent localisées selon une nouvelle modalité. La tablette introduit une dimension temporelle dans ce rapport de représentation entre caméra et écran, territoire et œuvres, spectateur et paysage. Elle propose, à distance, une réactualisation permanente de leurs enjeux.

Télécharger les éditions sur iPad : Fenêtre augmentée Collioure, Marseille et Fort Lagarde

Catalogue : Flatland

Flatland, catalogue du projet sur iPad, co-dirigé par Thierry Fournier et J. Emil Sennewald, éditions Pandore 2014.

Cohabitation I

recherche et commissariat d’exposition, 2011

Atelier de recherche et exposition collective, Ensa Nancy / Artem, 2011
Exposition au Musée des Beaux-arts de Nancy
Coordination et commissariat : Thierry Fournier et Jean-François Robardet

L’atelier de recherche et création Cohabitation est consacré aux œuvres mettant en jeu les médias numériques : installations, performances, créations scéniques. Les étudiants de trois écoles y participent : École nationale supérieure d’art de Nancy, ICN Business School, Ecole nationale supérieure des Mines de Nancy, dans le cadre de l’alliance ARTEM. Ils sont impliqués sur l’ensemble de la conception et de la réalisation d’une œuvre ou d’une série de travaux, sous la direction des artistes coordinateurs, jusqu’à leur présentation publique.

L’exposition Cohabitation présente six œuvres qui partagent le même espace, chacune d’entre elles proposant une interaction avec les visiteurs et/ou une relation avec les autres dispositifs. Quatre œuvres sont conçues et réalisées par les étudiants de l’Arc, et deux par les artistes coordinateurs. Le projet propose une expérience sur le processus de création d’un dispositif de relations, dans ses dimensions à la fois artistiques et sociales : comment élaborer une exposition où chacun des objets se définit dans ses relations avec les autres et avec le public ? Comment penser la nécessaire autonomie d’un dispositif, tout en concevant un projet et un espace commun ?

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Thierry-Fournier-Cohabitation-I-02

Œuvres
Photographies prises au Musée des Beaux-arts de Nancy, février 2011

Beat Box
Mathieu Sarrasin (ICN), Sylvain Spanu (ENSMN)
Installation interactive – Ordinateur, micro, haut-parleurs
Un ordinateur saisit des bribes de phrases et de sons émis par les visiteurs dans l’exposition et les réarrange en rythmes qu’il rediffuse dans l’espace.

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Eden
Mélanie Jayantha, Laura Kwan, Florence Pewzer, Marie Rollin (ICN)
Installation interactive – Vidéo, écran plasma, capteur de distance, ordinateur
Une vidéo figure un travelling sur un personnage immobile vu de dos dans un couloir. Le travelling se joue vers l’avant ou l’arrière, à mesure que les visiteurs s’en éloignent ou s’en rapprochent.

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Hautbois
Aurélia Lucchesi (ENSAN)
Installation – Rétroprojecteur, surface d’eau, haut-parleur, lecteur mp3, tirage.
Le dispositif rétro-projette une image d’eau sur une peinture dont la surface reproduit des ondes longitudinales. L’eau est agitée par la vibration d’un haut-parleur sur lequel sont diffusées des infra-basses.

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Setup
Thierry Fournier
Dispositif sonore et projections sur écran
Des instructions ou citations concernant les comportements possibles des visiteurs dans l’exposition sont diffusés sous la forme de messages sonores. Avec des textes réunis par Jean-François Robardet et la voix de Juliette Fontaine.

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Specola Beccata
Kathy Denise (ENSAN), Coralie Forissier, Jenny Partouche (ICN)
Installation – Sculpture comestible
Un cadavre de femme hyperréaliste et comestible, semblable aux écorchés des tables de dissection, est offert à la dégustation : pâte d’amande, chocolat, brioche, sucres colorés composent le corps d’une sculpture qui est consommée pendant l’exposition.

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Sperling
Jean-François Robardet
Installation – Harpe, mobilier, objets, projection

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Echolalie

collectif de curatoriat, production et critique, 2006-2007

Collectif de curatoriat, production et critique, 2006-2007
Thierry Fournier, Marie Husson, Jean-François Robardet (artistes), Myriam Marzouki (metteur en scène), Daniel Migairou (producteur), Valérie Pihet (Sciences Po – Ecole des Arts Politiques), Isabelle Pellegrini (auteur), Gérald Gauguier (chargé de communication).

Collectif consacré aux créations interdisciplinaires actif de 2006 à 2008, Écholalie a exploré les transferts entre arts visuels, spectacle vivant, médias numériques et écriture. Son projet se fondait sur un constat critique de l’état actuel des savoirs, des informations et des moyens mis à la disposition des artistes engagés dans ces champs de recherche. Echolalie a organisé en 2007 un cycle de cinq conférences avec Miguel Benasayag (philosophe et psychanalyste), Samuel Bianchini (artiste), Céline Flécheux (philosophe), Per Hüttner (artiste) et Bruno Latour (philosophe, anthropologue et sociologue) ainsi que la manifestation Open 2007 qui présentait des travaux de Samuel Bianchini, Manuel Coursin et Théo Kooijman, Emma Dusong, Juliette Fontaine, Pascal Kirsch, Bénédicte Le Lamer et des artistes membres du collectif.

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Electroshop

atelier de recherche et création, ENSA Nancy, 2004-2016

Atelier de recherche et création
École nationale supérieure d’art de Nancy / Artem, 2004-2016
Co-coordination Thierry Fournier et Jean-François Robardet

Cet atelier de recherche et création a été initié par Samuel Bianchini en 2000, rejoint par Thierry Fournier en 2004 qui en a repris la coordination en 2007 avant d’être rejoint à son tour par Jean-François Robardet en 2008. L’atelier fait partie du dispositif ARTEM, spécifique à Nancy : une association entre l’École nationale supérieure d’Art, l’Ecole des Mines de Nancy et ICN Business School, dont le campus commun ouvrira en 2017. Comme les autres “Arcs” Artem, l’atelier accueille donc des étudiant-e-s des trois écoles, au niveau master.

Axes de recherche

Electroshop traite des pratiques numériques en art, en proposant au fil du temps des terrains d’expérimentation différents. Il explore notamment la question des dispositifs interactifs, dans le contexte d’installations, de créations scéniques ou performatives. Cette recherche se caractérise par trois directions principales : la notion de geste, la relation entre spectateurs et interprètes, et les mutations de la notion d’écriture. La question de l’interactivité dans un contexte scénique (théâtre, danse, performance) est nécessairement liée à la relation entre le corps et le geste de l’interprète ou du spectateur, et leur environnement. Le terme de geste est alors à comprendre dans son sens le plus large, de l’action corporelle à l’acte de langage : tout mouvement humain qui peut être « capté » par un dispositif réagissant en temps réel à ses variations. Les objets de la recherche portent donc sur l’invention de ces dispositifs, la conception du geste dans ces conditions, et la production de représentations multimédias à partir de la relation entre geste et dispositif en temps réel.

Les dispositifs interactifs peuvent donc concerner tout aussi bien les spectateurs que les interprètes, qui peuvent non seulement partager le même espace, mais aussi entrer en interaction avec les mêmes dispositifs. Les questions ouvertes par cette direction sont nombreuses : enjeux d’une mise en scène ou mise en jeu du spectateur, relations entre installation et performance, exploration des différences de pratique des dispositifs par les spectateurs et par les interprètes.

Enfin, l’invention de formes interactives renouvelle profondément la notion d’écriture (texte, chorégraphie, partition musicale) dans la mesure où celle-ci n’est pas fixée linéairement en amont, mais résulte d’une relation réciproque entre protagonistes (public et/ou interprètes) et dispositifs. Se posent alors des questions liées aux enjeux d’une écriture scénique, de l’élaboration d’une temporalité spécifique, et de l’invention de protocoles de production textuels, gestuels, spatiaux, sonores et musicaux.

Méthodologie

Ces projets sont soit des œuvres des artistes coordinateurs auxquels les étudiants sont invités à participer, soit des projets individuels ou collectifs d’étudiants. Dans les deux cas, on déploie une recherche-création par projet qui implique les étudiants sur l’ensemble de la conception et de la réalisation d’une œuvre, sous l’autorité de l’artiste coordinateur. Un tel principe permet d’installer une dynamique d’excellence par l’articulation de la recherche et de la pédagogie, la première faisant levier pour la seconde. Des créateurs professionnels, avec des étudiants, initient, conçoivent, expérimentent, réalisent, dirigent et rendent public un projet artistique. Impliqués sur toutes les phases et registres de la création, les étudiants font l’expérience complète d’un projet d’envergure, pluridisciplinaire, collectif et techniquement prospectif. Tous les étudiants sont invités à participer à la totalité du processus de recherche et création, quelle que soit leur filière d’origine, sans spécialisation de leur intervention.

Diffusion et valorisation

Chaque création donne toujours lieu à une diffusion publique. La finalisation, l’exposition et la diffusion dans un contexte professionnel des œuvres développées dans le cadre de l’Arc inscrit ainsi l’ensemble du processus de travail dans une logique de valorisation et de diffusion de la recherche :

– par une diffusion des créations de l’Arc auprès de contextes professionnels et de publics élargis, faisant connaître les travaux de recherche auprès d’une large audience. Depuis 2004, dix œuvres et expositions ont été réalisées dans le cadre de l’Arc Electroshop. L’ENSAN intervient pour tous ces projets comme coproducteur principal, en partenariat avec plusieurs institutions publiques et privées.

– par des actions régulières de publication sur différents supports. L’ENSAN intervient pour toutes ces publications comme coproducteur et/ou coéditeur (Les Éditions du Parc).

Historique des créations et diffusions

– En 2000-2001, création de l’exposition Hôtel des Beaux-Arts, Hôtel des Beaux-Arts, Nancy.

– En 2002-2003, création de l’exposition Promotion Artem au Centre commercial Cora Houdemont.

– En 2004-2005, première version de la création interactive pour danseur et spectateurs Réanimation, performance interactive pour danseurs et spectateurs de Samuel Bianchini, Thierry Fournier et Nathalie Simon. Diffusion publique le 5 juillet 2005 au Ballet de Lorraine. Partenariats : Centre chorégraphique national Ballet de Lorraine, SFR-Cegetel.

– En 2005-2006, création de l’installation 30×30 – Poursuite de Samuel Bianchini, en dialogue avec la proposition chorégraphique 30×30 de Paul-André Fortier. Présentation publique à Nancy, place de la Gare et tour Thiers le 6 mai 2006. Partenariat : Centre chorégraphique national – Ballet de Lorraine. 30×30 – Poursuite a également été exposée à la Ménagerie de Verre (Paris) dans le cadre du festival « Les Inaccoutumés » à l’invitation de Philippe Quesne. Partenariats : Vivarium Studio, Ménagerie de Verre, CiTu.

– En 2006-2007, création de l’installation Feedbackroom de Thierry Fournier, successivement exposée à l’ENSAN en juin 2007 puis dans le cadre de l’expo-labo OUTLAB organisée par le CiTu à la Bellevilloise (Paris) en novembre 2007. Partenariats : SFR-Cegetel, CiTu, CIDMA, La Bellevilloise, Pandore Production.

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– En 2007-2008, création de la version finale de la création interactive pour danseur et spectateurs Réanimation avec le danseur et chorégraphe Sylvain Prunenec, créée dans le cadre du festival Next à l’Espace Pasolini (Valenciennes). Partenariats : Espace Pasolini – Jeune Théâtre International, avec le soutien du Groupe ICN et du Groupe SFR-Cegetel. En mai 2009, Réanimation est donnée au festival international Rencontres chorégraphiques de Carthage (Tunisie), organisées par Syhem Belkodja et Philippe Baudelot.

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– En 2008-2009, création scénique Seul Richard conçue et dirigée par Thierry Fournier, avec l’ensemble des étudiants de l’Arc. Seul Richard est finalisé ensuite en résidence de création au Théâtre de la Mauvaise Tête (Marvejols, Lozère) puis à la Chartreuse de Villeneuve les Avignon – Centre national des Écritures du Spectacle, ou sa création a lieu en octobre 2010. Avec Emmanuelle Lafon (actrice), Jean-François Robardet et Juliette Fontaine (co-auteurs scénographie et musique).

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– En 2009-2010, projet Cohabitation I, création d’œuvres par les étudiants et projet curatorial. Expositions en juin 2010 à l’École nationale supérieure d’art de Nancy puis en février 2011 au Musée des Beaux-Arts de Nancy.

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– en 2010-2011, création de l’installation Hotspot de Thierry Fournier à Contexts, Paris, en collaboration et co-coordination avec Jean-François Robardet.

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– en 2011-2012, Cohabitation II, création d’œuvres par les étudiants et projet curatorial, exposition en avril 2012 à la Galerie NaMiMa, Ensa Nancy.

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– en 2012-2013 Coédition I, création collective d’une édition numérique sur iPad relatant les processus de recherche des 3 ateliers de Andrea Keen / Etienne Pressager / Lauren-Marie Joubert (Marcher), Justin Morin (Do it yourself) et Julien Prévieux (Art de la conjecture).

– en 2013-2014 Coédition II, création du catalogue sur iPad ALUM consacré à 40 artistes diplômés de l’Ensa Nancy (Marion Auburtin, Jean Bedez, Thomas Bellot, Etienne Boulanger, Thomas Braichet, Morgane Britscher, Emilie Brout & Maxime Marion, Dominique Cunin, Cristina Escobar, Elise Franck, Caroline Froissart, Virginie Fuhrmann, Jochen Gerner, Jérémy Gobé, Marco Godinho, Sébastien Gouju, Harold Guérin, Sylvie Guillaume, Paul Heintz, Simon Hitziger, Victor Hussenot, Marie Husson, Guillaume Janot, Marie Jouglet, Yonsoo Kang, Geoffrey Kayser, Benjamin Laurent Aman, Sophie Lécuyer, Heewon Lee, Aurélia Lucchesi, Mayumi Okura, Cécile Paris, Dominique Petitgand, Emmanuelle Potier, Rares Victor, Jean-François Robardet, Vivien Roussel, Aïda Salahovic, Emilie Salquèbre, Atsuki Takamoto, Sarah Vaxelaire).

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– en 2014-2015 création de The Self and the world, long-métrage collectif composé de 15 courts créés par les étudiants de l’Arc. Première projection publique à l’IECA Nancy le 5 mai 2015.

Publications

– Publication Hôtel des Beaux-Arts, Édition ENSA Nancy 2001.
– Publication Promotion Artem / École nationale supérieure d’art de Nancy, projets des Ateliers de recherche et création Artem, Édition ENSA Nancy 2003, avec le soutien de la Communauté urbaine du Grand Nancy et du Ministère de la Culture et de la Communication
– DVD Poursuite de Poursuite coédité en 2008, dans la collection Import, par Les presses du réel / MFC – Michèle Didier, co-édité par l’ENSAN / Les Éditions du Parc
– DVD Feedbackroom édité en 2009 aux Éditions du Point d’Exclamation, co-édité par l’ENSAN / Les Éditions du Parc.
– Publication R & C – Recherche et création, présentant un ensemble de projets de recherche en art, dont les axes de recherche de l’ENSAN. Ouvrage dirigé par Samuel Bianchini, co-édité par les Éditions Burozoïque et l’ENSAN / Les Éditions du Parc, paru en version e-book chez Art Book Magazine en mars 2012.
– Publication du catalogue sur iPad ALUM co-direction éditoriale par Thierry Fournier et Jean-François Robardet, coédition Art Book Magazine / Pandore / Ensa Nancy, 2014.

Pandore / Hors-série Juliette Fontaine

direction éditoriale et publication, 2003

Hors-série n°1 de la revue Pandore – 2003
Voir également la description générale du projet Pandore.

Le travail de Juliette Fontaine traverse de très nombreux domaines : films, performances, poésie, installations, pièces sonores. Elle a participé au projet Pandore depuis l’origine : dans le n° 2 paraissait Worstward Hô / Cap au pire, pièce sonore écrite à partir d’extraits de Samuel Beckett. Dès ce premier envoi apparaissait la singularité de son travail : des pièces atypiques, un univers de violoncelle, de montages, de sons, et une voix extrêmement singulière. Le sens de la respiration, du toucher, de l’instantané, du geste, sont très présents chez celle qui a été pianiste, et en a gardé une approche très directe de l’instrument et du son. Un travail parfois à l’arraché, qui ne s’embarrasse pas de la technique ou du son. J’ai rapidement renoncé à intervenir sur ces enregistrements réalisés dans le jardin ou dans la cuisine, avec un souffle défiant toutes les lois de la prise de son – mais témoignant d’une urgence dans laquelle on ne perd pas une heure à choisir un micro. Depuis quatre ans, une relation continue a ainsi vu le jour entre cette artiste et la revue. J’ai formé le projet de réaliser ce hors-série, qui me semble emblématique de Pandore : traverser et sentir clairement la « partie audible » de l’œuvre d’une artiste, entendre les tenants et les aboutissants d’un iceberg infiniment plus large. Ces pièces existent toujours absolument par elles-mêmes, sans aucune concession, à la fois fragiles, risquées, et intimes.

Thierry Fournier, avril 2003

Écouter l’album :

La Folie du coucou

Breath

Alice chez le chat Balthus

Alice rit

It’s my name

Alice and the rabbit hole

Ping-Pong
(Juliette Fontaine / Thierry Fournier)

Poèmes respirés

Ricochets

Fenêtre sur et seuil
(texte Juliette Fontaine / sample Frédéric Darricades / voix Catherine Jackson)

Petites épilepsies illusoires – They come

Petites épilepsies illusoires – Elles viennent

Petites épilepsies illusoires – Il n’y a rien

Petites épilepsies illusoires – Que ferais-je sans ce monde sans visage

Petites épilepsies illusoires – Chant triste

Petites épilepsies illusoires – It’s different and the same

Petites épilepsies illusoires – The absence of love

Petites épilepsies illusoires – Elles viennent autres

La Chant des baleines

Thierry-Fournier-jacquette-Juliette-Fontaine-01

Juliette Fontaine – Notes sur les pièces sonores

Mes pièces sonores surviennent souvent dans un état d’incapacité de travail à l’atelier. Pour éviter l’enfermement d’une impuissance douloureuse, je prends le violoncelle, je chante, je produits des balbutiements de langage par la bouche, je respire, je crie parfois. Comme une tentative de ne pas rester muette, en s’éloignant pour un temps de l’exigence trop abstraite des mots.

Dans Les petites épilepsies illusoires, quelques phrases à peine, sont émises dans d’étranges convulsions, contaminées de souffles, de bruits de bouche, de raclements de gorge, d’expirations/inspirations nasales. Parfois un chant s’installe, mélodieux, intense, résonnant. Voix et violoncelle se mêlent en un même rythme. Dans les vibrations de l’instrument à cordes, la voix découvre des sonorités et les prolonge.

L’intérêt que je porte depuis des années à l’ethnologie se manifeste ici sous une forme très personnelle. L’écoute approfondie des chants des Aborigènes et des Inuits, ne donne pourtant pas lieu à des reproductions ou des collages sonores. C’est plutôt la relation au monde dont témoignent ces musiques qui constitue une source pour mon travail. J’en fais une pratique tout à fait singulière, par une appropriation comme évidente, sans imitation.

D’autres pièces sonores, moins immédiates, de plus en plus nombreuses avec le temps, captent des sons, organisent des lignes mélodiques, décrivent des univers. Ceux-ci entretiennent des relations équivoques avec la musique. Je puise dans mes connaissances – j’ai joué du piano durant de longues années – sans pour autant composer de la musique au sens strict du terme. J’agence des sources sonores multiples comme j’agence des formes, des lignes, des couleurs, des techniques mixtes dans mon travail plastique. Il y a là une expérience toujours renouvelée et alchimique.

Les sons que j’utilise proviennent de mon environnement immédiat, enregistrés dans mon jardin, ouvert sur l’atelier : l’écoulement de la gouttière, le vent dans les feuilles des charmes, le crissement des végétaux morts, la percussion du caillou contre le pot en verre… Je crée un passage, une correspondance entre l’extérieur et l’intérieur de l’atelier. Je me laisse traverser par des portions d’espace qui constituent mes propres territoires. Je me lève avant l’aube pour enregistrer l’heure bleue, les premiers oiseaux. Certains sons d’animaux m’inspirent beaucoup, puisés dans des documents, tels que les chants des baleines, ou ceux des loups (Le chant des baleines, chant de baleine femelle, voix, violoncelle).

Des pièces sonores s’infiltrent dans mes films, elles en constituent parfois même l’origine. Le film s’articule autour de cette trame, sur laquelle j’interviens avec mon corps dans une danse improvisée. Certaines, à chaque fois renouvelées, deviennent des performances devant un public, comme Worstward Ho / Cap au pire inspirée de poèmes de Samuel Beckett. D’autres s’inscrivent dans mon travail d’écriture. Elles sont composées à partir de mes textes, en leur donnant une voix et des articulations rythmiques singulières. Bien plus qu’une simple lecture, elles révèlent autrement l’écriture : les Poèmes l’hiver sont devenus les Poèmes respirés, et autour du Poème vertical, j’ai enregistré plusieurs lectures/performances dans lesquelles interviennent des instruments de musique.

Ces pièces sonores s’inscrivent également dans la continuité de mon travail plastique lorsqu’elles deviennent la matière d’une installation, tout en existant à part entière. Some of Alice’s dreams est une série de pièces écrites au cours du travail sur une série de 150 collages et dessins inspirés d’Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll.

Mon travail part (vient) du corps, et cela depuis toujours – je dirais même de mon corps animal. Quand j’ai commencé à peindre, j’ai peint des corps sur des grands formats, comme si j’inscrivais mon propre corps sur la toile, souvent aussi grande que moi. Toujours entre le chant et le cri. Je travaille avec ce langage là. Puis, sur mes anciennes toiles, petit à petit, la peau des corps devenait transparente, elle s’est ouverte; je peignais l’intérieur, les organes, le sang qui palpite, les os, les chairs, tout cela dans un curieux chaos vibratoire et musical. Le corps intervient parfois dans sa nudité, dans les photos, dans les films. Et lorsque je deviens incapable d’écrire, de dessiner, de faire des photos ou des films, je crée des pièces sonores.

Au-delà de l’organique, a surgi alors la question de la présence : qu’est-ce qu’un corps? Comment l’habiter ? Comment apprivoiser et comprendre le monde par son seul intermédiaire ? Je palpe le monde qui m’entoure; les mains sont d’ailleurs récurrentes; ainsi que les lieux habitables pour sentir la nuit interne, ce corps à la fois dans son origine et son devenir: le ventre, l’antre, la hutte, le trou dans le tronc de l’arbre, la cellule, le nid, le coin… l’atelier.

Mes films apparaissent après des années de travail plastique. A mes yeux, ils sont d’ailleurs très picturaux. Les images sont au plus près des corps. Le corps est scruté dans ses questionnements, observé comme un paysage, traqué dans son animalité et dans sa solitude, animé souvent dans des gestes chorégraphiques.

Le corps est aussi fragmenté, parfois déformé, comme s’il devait incessamment tenter de se reconstituer, présenté dans son inachèvement, toujours appelé à renaître de lui-même. Il interroge sa présence et son propre langage charnel, organique, instinctif; tel un miroir flou, inversé peut-être, de la parole articulée. Je préfère le silence murmurant, frissonnant, du langage corporel; tout comme je préfère la poésie qui creuse des chemins de traverses au discours qui borne la route.

Si c’est toujours mon corps qui apparaît dans mes films, c’est d’abord parce que je travaille absolument seule. Par là même, beaucoup de mes films sont des performances filmées. Très rares sont les passages filmés plusieurs fois ou retravaillés. Les images sont des instants uniques; c’est le montage qui donne forme à l’écriture du film.Hors-série n°1 de la revue Pandore – 2003
Voir également la description générale du projet Pandore.

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Le travail de Juliette Fontaine traverse de très nombreux domaines : films, performances, poésie, installations, pièces sonores. Elle a participé au projet Pandore depuis l’origine : dans le n° 2 paraissait Worstward Hô / Cap au pire, pièce sonore écrite à partir d’extraits de Samuel Beckett. Dès ce premier envoi apparaissait la singularité de son travail : des pièces atypiques, un univers de violoncelle, de montages, de sons, et une voix extrêmement singulière. Le sens de la respiration, du toucher, de l’instantané, du geste, sont très présents chez celle qui a été pianiste, et en a gardé une approche très directe de l’instrument et du son. Un travail parfois à l’arraché, qui ne s’embarrasse pas de la technique ou du son. J’ai rapidement renoncé à intervenir sur ces enregistrements réalisés dans le jardin ou dans la cuisine, avec un souffle défiant toutes les lois de la prise de son – mais témoignant d’une urgence dans laquelle on ne perd pas une heure à choisir un micro. Depuis quatre ans, une relation continue a ainsi vu le jour entre cette artiste et la revue. J’ai formé le projet de réaliser ce hors-série, qui me semble emblématique de Pandore : traverser et sentir clairement la « partie audible » de l’œuvre d’une artiste, entendre les tenants et les aboutissants d’un iceberg infiniment plus large. Ces pièces existent toujours absolument par elles-mêmes, sans aucune concession, à la fois fragiles, risquées, et intimes.

Thierry Fournier, avril 2003

Ecouter les autres numéros de Pandore : n°0 à n°4 | n°6 et n°7 | n°8 | n°9

En écoute

La Folie du coucou

Breath

Alice chez le chat Balthus

Alice rit

It’s my name

Alice and the rabbit hole

Ping-Pong
(Juliette Fontaine / Thierry Fournier)

Poèmes respirés

Ricochets

Fenêtre sur et seuil
(texte Juliette Fontaine / sample Frédéric Darricades / voix Catherine Jackson)

Petites épilepsies illusoires – They come

Petites épilepsies illusoires – Elles viennent

Petites épilepsies illusoires – Il n’y a rien

Petites épilepsies illusoires – Que ferais-je sans ce monde sans visage

Petites épilepsies illusoires – Chant triste

Petites épilepsies illusoires – It’s different and the same

Petites épilepsies illusoires – The absence of love

Petites épilepsies illusoires – Elles viennent autres

La Chant des baleines

Juliette Fontaine – Notes sur les pièces sonores

Mes pièces sonores surviennent souvent dans un état d’incapacité de travail à l’atelier. Pour éviter l’enfermement d’une impuissance douloureuse, je prends le violoncelle, je chante, je produits des balbutiements de langage par la bouche, je respire, je crie parfois. Comme une tentative de ne pas rester muette, en s’éloignant pour un temps de l’exigence trop abstraite des mots.

Dans Les petites épilepsies illusoires, quelques phrases à peine, sont émises dans d’étranges convulsions, contaminées de souffles, de bruits de bouche, de raclements de gorge, d’expirations/inspirations nasales. Parfois un chant s’installe, mélodieux, intense, résonnant. Voix et violoncelle se mêlent en un même rythme. Dans les vibrations de l’instrument à cordes, la voix découvre des sonorités et les prolonge.

L’intérêt que je porte depuis des années à l’ethnologie se manifeste ici sous une forme très personnelle. L’écoute approfondie des chants des Aborigènes et des Inuits, ne donne pourtant pas lieu à des reproductions ou des collages sonores. C’est plutôt la relation au monde dont témoignent ces musiques qui constitue une source pour mon travail. J’en fais une pratique tout à fait singulière, par une appropriation comme évidente, sans imitation.

D’autres pièces sonores, moins immédiates, de plus en plus nombreuses avec le temps, captent des sons, organisent des lignes mélodiques, décrivent des univers. Ceux-ci entretiennent des relations équivoques avec la musique. Je puise dans mes connaissances – j’ai joué du piano durant de longues années – sans pour autant composer de la musique au sens strict du terme. J’agence des sources sonores multiples comme j’agence des formes, des lignes, des couleurs, des techniques mixtes dans mon travail plastique. Il y a là une expérience toujours renouvelée et alchimique.

Les sons que j’utilise proviennent de mon environnement immédiat, enregistrés dans mon jardin, ouvert sur l’atelier : l’écoulement de la gouttière, le vent dans les feuilles des charmes, le crissement des végétaux morts, la percussion du caillou contre le pot en verre… Je crée un passage, une correspondance entre l’extérieur et l’intérieur de l’atelier. Je me laisse traverser par des portions d’espace qui constituent mes propres territoires. Je me lève avant l’aube pour enregistrer l’heure bleue, les premiers oiseaux. Certains sons d’animaux m’inspirent beaucoup, puisés dans des documents, tels que les chants des baleines, ou ceux des loups (Le chant des baleines, chant de baleine femelle, voix, violoncelle).

Des pièces sonores s’infiltrent dans mes films, elles en constituent parfois même l’origine. Le film s’articule autour de cette trame, sur laquelle j’interviens avec mon corps dans une danse improvisée. Certaines, à chaque fois renouvelées, deviennent des performances devant un public, comme Worstward Ho / Cap au pire inspirée de poèmes de Samuel Beckett. D’autres s’inscrivent dans mon travail d’écriture. Elles sont composées à partir de mes textes, en leur donnant une voix et des articulations rythmiques singulières. Bien plus qu’une simple lecture, elles révèlent autrement l’écriture : les Poèmes l’hiver sont devenus les Poèmes respirés, et autour du Poème vertical, j’ai enregistré plusieurs lectures/performances dans lesquelles interviennent des instruments de musique.

Ces pièces sonores s’inscrivent également dans la continuité de mon travail plastique lorsqu’elles deviennent la matière d’une installation, tout en existant à part entière. Some of Alice’s dreams est une série de pièces écrites au cours du travail sur une série de 150 collages et dessins inspirés d’Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll.

Mon travail part (vient) du corps, et cela depuis toujours – je dirais même de mon corps animal. Quand j’ai commencé à peindre, j’ai peint des corps sur des grands formats, comme si j’inscrivais mon propre corps sur la toile, souvent aussi grande que moi. Toujours entre le chant et le cri. Je travaille avec ce langage là. Puis, sur mes anciennes toiles, petit à petit, la peau des corps devenait transparente, elle s’est ouverte; je peignais l’intérieur, les organes, le sang qui palpite, les os, les chairs, tout cela dans un curieux chaos vibratoire et musical. Le corps intervient parfois dans sa nudité, dans les photos, dans les films. Et lorsque je deviens incapable d’écrire, de dessiner, de faire des photos ou des films, je crée des pièces sonores.

Au-delà de l’organique, a surgi alors la question de la présence : qu’est-ce qu’un corps? Comment l’habiter ? Comment apprivoiser et comprendre le monde par son seul intermédiaire ? Je palpe le monde qui m’entoure; les mains sont d’ailleurs récurrentes; ainsi que les lieux habitables pour sentir la nuit interne, ce corps à la fois dans son origine et son devenir: le ventre, l’antre, la hutte, le trou dans le tronc de l’arbre, la cellule, le nid, le coin… l’atelier.

Mes films apparaissent après des années de travail plastique. A mes yeux, ils sont d’ailleurs très picturaux. Les images sont au plus près des corps. Le corps est scruté dans ses questionnements, observé comme un paysage, traqué dans son animalité et dans sa solitude, animé souvent dans des gestes chorégraphiques.

Le corps est aussi fragmenté, parfois déformé, comme s’il devait incessamment tenter de se reconstituer, présenté dans son inachèvement, toujours appelé à renaître de lui-même. Il interroge sa présence et son propre langage charnel, organique, instinctif; tel un miroir flou, inversé peut-être, de la parole articulée. Je préfère le silence murmurant, frissonnant, du langage corporel; tout comme je préfère la poésie qui creuse des chemins de traverses au discours qui borne la route.

Si c’est toujours mon corps qui apparaît dans mes films, c’est d’abord parce que je travaille absolument seule. Par là même, beaucoup de mes films sont des performances filmées. Très rares sont les passages filmés plusieurs fois ou retravaillés. Les images sont des instants uniques; c’est le montage qui donne forme à l’écriture du film.

Pandore

revue, 1997 – 2004

Revue
neuf numéros parus de 1997 à 2004

Le projet de Pandore consiste à proposer à des auteurs de toutes disciplines (artistes, scientifiques, metteurs en scène, acteurs, journalistes…) de livrer un extrait sonore de durée libre (de quelques secondes à quelques minutes), témoignant de leur travail en cours. Tous les extraits sont montés bout à bout en respectant rigoureusement leur ordre d’arrivée, sans intervention de remontage, de mixage ou d’habillage. L’ensemble a donné lieu à une distribution sur CD et à des écoutes en public à l’atelier de la rue Martel de 1999 à 2001, puis à Lelabo (Paris). Le choix des invités s’effectue en fonction de la possibilité de leur intervention dans le cadre d’une revue purement sonore, quel que soit le médium de leur travail; elle n’invite donc pas spécifiquement des musiciens, compositeurs ou artistes sonores.

Ecouter des extraits des numéros : numéros 0 à 5, numéros 6 et 7, numéro 8, numéro 9 et le numéro hors-série consacré aux pièces sonores de Juliette Fontaine.

Interview de Thierry Fournier par Arnaud Laporte, Multipistes (France Culture) 24 avril 2003 :

Trailer de la revue (1998) :

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