Ecotonalia

Exposition du 31 octobre au 13 novembre 2020 de 14h à 18h
Ouverture le vendredi 30 octobre en présence de l’artiste, de 16h à 20h30
Aperto, 1 rue Étienne Cardaire, 34000 Montpellier
Prise de RV pour ouverture et exposition : aperto.free.fr

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Aperto présente Ecotonalia, exposition personnelle de Thierry Fournier qui réunit un ensemble de pièces récentes. Elle se déroule en proximité avec deux autres expositions de l’artiste à Montpellier : Órganon sur le campus de l’Université Paul Valéry (du 18 septembre au 23 octobre) et Selphish dont il a été co-commissaire avec Pau Waelder, à Mécènes du sud Montpellier-Sète (du 20 mai au 23 août). Ces trois expositions étaient initialement prévues au printemps et ont été reportées.

Ecotonalia réunit des situations où l’altérité se redéfinit dans la relation avec des entités non humaines. Le terme d’écotone – titre de l’une des œuvres de l’exposition – vient de l’écologie, où il désigne une zone de transition entre deux systèmes, un milieu entre deux milieux : une berge, une plage, une lisière… Cette notion qui est géographique et spatiale pourrait aussi être temporelle et qualifier ce moment historique où notre relation à ce qui n’est pas humain traverse une crise profonde. Elle pourrait aussi désigner notre relation à tout ce qui n’est pas humain, à travers les interfaces, les réseaux, l’ensemble des entités programmées voire considérées comme intelligentes, qui “s’adressent à nous”.

Créé pour l’exposition, le mot-valise Ecotonalia évoque alors une paraphernalia, un attirail, un ensemble de situations qui ont toutes en commun d’évoquer ces relations avec des entités au bord de l’humain, qu’elles soient organiques ou numériques. Les sujets et les corps qui composent cette exposition traversent ainsi des statuts multiples. Des désirs exprimés par les usagers de Twitter sont captés en temps réel et lus par des voix de synthèse qui génèrent un paysage infini (Ecotone). Des photographies de systèmes pileux ambigus évoquent aussi bien des humains que des formes mutantes (Hairies). Un programme s’interroge inlassablement sur la nature humaine de ses spectateurs (Just in case), des smartphones produisent des poèmes absurdes issus du langage de ceux qui les utilisent (Oracles). Un néon affiche le souhait d’être caché (Hide me), une main est figée dans un geste sur une interface (Futur instant)…

En prise avec des systèmes dans lesquels l’imitation ou le remplacement de l’humain n’a jamais constitué un enjeu aussi fort, le vivant côtoie ses ombres, ses simulacres ou ses extensions.

Órganon

Exposition personnelle
Université Paul Valéry, Montpellier, du 18 septembre au 23 octobre 2020
Série de dessins sur iPad, impressions fine art sur vinyle 500g, dimensions de 20×15 à 200×300 cm.
Télécharger le dossier de presse et le programme avec le plan de l’exposition sur le campus.

L’exposition Órganon investit l’ensemble du campus de l’Université Paul-Valéry Montpellier 3 avec une série de dessins créés sur iPad, imprimés sur de grandes surfaces souples en vinyle. Il propose ainsi dans le même temps un ensemble d’œuvres et un protocole d’exposition, qui s’empare des qualités spécifiques d’un campus avec ses multiples espaces intérieurs et extérieurs. Réalisés à des échelles allant de quelques centimètres à plusieurs mètres, parfois suspendus dans les espaces publics, dans les arbres, parfois posés au sol, sur des parois ou des objets, ces dessins explorent un vocabulaire de fragments corporels d’origines inconnues.

Leur création sur tablette utilise des outils dérivés de médiums analogiques (formes de crayon, d’aérographe, d’huile ou de lavis) transformés et hybridés par des processus numériques : le médium et le support choisi rejoignent les enjeux même du projet.

En grec ancien, le mot Órganon désigne un organe, un outil, un instrument ou une somme logique, comme celle d’Aristote. Il évoque ici un ensemble d’entités aux corporéités ambigües et multiples, corps humain ou artificiel, animal ou alien, des descriptions ou des traces qui amorceraient une prolifération sur le campus. Initialement prévue au printemps 2020, la reconduction de cette exposition suite à la pandémie met encore davantage en évidence les questions qu’elle soulève sur les relations entre l’humain et le reste du vivant.

Thierry Fournier est également invité par Aperto à Montpellier pour Ecotonalia, une autre exposition monographique : vernissage le 30 octobre, jusqu’au 13 novembre. Il a co-commmissarié avec Pau Waelder l’exposition Selphish à Mécènes du sud Montpellier-Sète en 2020.

Selphish

Avec Martin John Callanan, Alix Desaubliaux, Lauren Lee McCarthy
L’exposition réouvre aujourd’hui avec les œuvres au RDC seulement, sans celle de !Mediengruppe Bitnik
Commissaires d’exposition Thierry Fournier et Pau Waelder

Participant·es (dans l’ordre chronologique) : Flora Bousquet, Margot Saint-Réal, Will Fredo, Aina Coca, Raquel Herrera, Sophie Fontanel, Claire Valageas, Azahara Juaneda, Flore Baudry, Franck Ancel et Alexandra Ehrlich Speiser

Mécènes du sud Montpellier-Sète 
13 rue des Balances 34000 Montpellier
Réouverture du 20 mai au 22 août 2020, du mer au sam 10h-18h, entrée libre
Informations : www.mecenesdusud.fr – www.selphish.me

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Selphish aborde l’exposition de soi sur internet, par trois œuvres inédites qui se modifient chaque semaine pour former le portrait d’une nouvelle personne du public.

Dans les interactions que nous déployons sur internet, tout tourne autour de nous-mêmes. Tout ce que les plateformes nous proposent est adapté à nos préférences et on expose la meilleure version de soi : les réseaux nous aiment furieusement autocentrés. À l’intérieur de cette bulle de filtres, les autres nous partagent et nous likent, pourvu que nous les aimions aussi. Toutes les composantes de cet « ego en ligne » se traduisent ainsi par des données qui dressent un portrait, parfois très différent de la vie réelle. Le chercheur Bernard E. Harcourt a nommé société d’exposition (expository society) cette culture où le désir permanent d’exposition de soi permet une surveillance généralisée, pour laquelle la coercition n’est même plus nécessaire. En quoi l’objet culturel que constitue une exposition en art peut-il alors interroger cette « exposition de soi » sur les réseaux ? En quoi un tel projet peut-il provoquer une relation spécifique entre cette exposition, la ville et internet ? Peut-on relier le temps court et l’attention réduite des réseaux sociaux à la temporalité d’une exposition physique ?

Onze participant·es ont accepté que leurs profils Instagram et leurs traces sur Google soient lues (parfois en direct) par les œuvres qui les interprète sous forme d’images, textes, écrans, objets, impressions, etc. Chaque semaine, l’exposition toute entière est dédiée simultanément à une seule personne.

Faisant apparaître partout en écho des images de la participante exposée, l’exposition devient une représentation à grande échelle, exclusivement composée d’images issues des réseaux sociaux. Elle révèle aussi des informations sur les traces numériques, soulevant des questions liées à la surveillance. L’ensemble peut s’apparenter à un grand dispositif commun, dans laquelle les œuvres se font écho autour d’une même personne. L’espace d’exposition de Mécènes du Sud à Montpellier, qui est par ailleurs une vitrine, devient un lieu performatif dans lequel les identités numériques sont représentées et transformées par l’exposition – puis, dans une sorte de boucle, peuvent alors être réexposées à leur tour sur les réseaux sociaux.

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Les visites devront bien sûr observer les gestes barrière : deux personnes au maximum, avec masques obligatoires, gel hydroalcoolique offert à l’entrée, distanciation physique. Vous pouvez également prendre rendez-vous au 04 34 40 78 00.

Production : Mécènes du Sud Montpellier-Sète
Coordination : Marine Lang, déléguée générale, assistée de Mélia Berreur-Gély
Développement informatique : Maxime Foisseau et Alexandre Dechosal, Louis Rouffineau
Avec le soutien du DICRéAM, Ministe?re de la Culture et de la Communication / CNC

Œuvres

Martin John Callanan, We Wanted to Mean Something, 2020, Mac mini et programme, deux e?crans 19 pouces, imprimante laser couleur, papier 120g, bois et peinture acrylique, dimensions variables, conception de l’installation Thierry Fournier et Pau Waelder. 

Martin John Callanan explore la position de l’individu vis-à-vis des systèmes qui règlent la notre vie dans la société contemporaine. Son installation provoque une confrontation entre les posts Instagram des participant·es et des événements d’actualité survenus exactement au même moment, sous la forme d’un face à face entre deux écrans et d’impressions papier qui envahissent l’espace d’exposition. Son dispositif réflète le flux constant d’informations à l’échelle mondiale, à un rythme qu’aucun individu ne peut contrôler. Il amplifie et met en exergue la dimension fondamentalement publique de toute participation sur les réseaux sociaux.

Alix Desaubliaux, Géographies, 2020, série de onze vidéos (1080p couleur, stéréo) et de onze impressions 3D en céramique, plexiglas, bois et peinture acrylique, dimensions variables, conception de l’installation en collaboration avec Thierry Fournier et Pau Waelder. 

Alix Desaubliaux explore l’évolution de la notion d’identité à travers le jeu et la fabrication numérique. Elle crée ici un univers de jeu vidéo dont chaque niveau est composé visuellement avec les contenus du profil Instagram de chaque participant·e. Elle propose alors une vidéo en forme de machinima : une déambulation dans ces paysages numériques composés d’images et de texte animés, issus des informations récoltées sur le·la participant·e. Cet univers artificiel est projeté face à une série d’impressions 3D en céramique, composées à partir des “mondes” créés pour chaque participant·e.

Lauren Lee McCarthy, Autocomplete, 2020, Mac mini et programme, structure bois, e?cran 30 pouces et pied d’écran, chaise, tablette, plantes artificielles, bois, peinture acrylique et aérosol, dimensions 250 x 250 x 250 cm. 

Lauren Lee McCarthy travaille sur les modifications radicales des relations interpersonnelles liées aux technologies L’environnement qu’elle crée invite les visiteurs·euses à s’installer dans un espace mis en scène qui rappelle une salle de consultation médicale : couleurs pastel, siège baquet, plantes vertes… Ils sont confrontés à des phrases qui s’affichent sur un grand écran, auxquelles ils peuvent répondre. Ces phrases s’avèrent extraites du flux des posts de la participant·e ; les réponses du public apparaissent dans ses commentaires, ce qui crée une sorte de conversation disjointe et impossible entre inconnus.

Curateurs

Thierry Fournier (artiste et curateur) et Pau Waelder (curateur et critique) ont déjà collaboré plusieurs fois pour des projets d’exposition et de recherche. Chacun d’eux a fréquemment abordé les enjeux des relations entre réseau, identité et données, à travers plusieurs expositions dont notamment Données à voir, Heterotopia, Axolotl (Thierry Fournier), Real Time, Media Art Futures et Extimacy (Pau Waelder).

Le développement informatique du projet est assuré par Maxime Foisseau, développeur basé à Toulouse, familier du développement web, les applications mobiles et la visualisation de données des réseaux.

The Watchers

Oeuvres de Marie-Julie Bourgeois, Marine Pagès et Antoine Schmitt
Commissaire d’exposition et dispositif Thierry Fournier

Tokyo City View, 52e étage de la Mori Tower, Roppongi Hills, Tokyo
Festival Digital Choc, Institut Français de Tokyo x Festival Media Ambition Tokyo
Du 23 février au 3 mars 2019, 10h-22h

À l’invitation de l’Institut Français de Tokyo et du festival Digital Choc, Thierry Fournier propose l’exposition et dispositif The Watchers qui réunit les œuvres de Marie-Julie Bourgeois, Marine Pagès et Antoine Schmitt, au 52e étage de la Mori Tower qui surplombe toute la ville. Leurs trois pièces se déploient sur des écrans qui se dressent face au paysage urbain. Chacune d’entre elles transforme l’image d’une caméra qui filme la ville en direct. Les spectateurs regardent des œuvres qui elles-mêmes regardent le paysage.

Chaque œuvre propose une relation entre proche et lointain, surface et profondeur, espace et horizon. Points de fuite de Marie-Julie Bourgeois remplace l’horizon et le ciel de Tokyo par celui d’une webcam en direct située à Paris. Corps flottants de Marine Pagès masque tout le paysage d’un blanc laiteux et translucide, sauf fugitivement à l’endroit où le spectateur pose son doigt. No Disc de Antoine Schmitt découpe dans l’image du paysage un large disque qui fait un tour sur lui-même en une heure.

Production : Institut français de Tokyo et Media Ambition Tokyo
Adaptation informatique des œuvres : Mathieu Chamagne

Ces œuvres ont été initialement créées dans le cadre du projet Fenêtre augmentée conçu et commissarié par Thierry Fournier de 2011 à 2015 : en 2013 à la Friche La Belle de Mai à Marseille pour Points de fuite de Marie-Julie Bourgeois (production Zinc et Bipolar, avec le soutien de La Friche Belle de Mai, Le Silo Ville de Marseille et Höfn) ; au Château Royal de Collioure en 2014, pour Les Corps flottants de Marine Pagès et No Disc d’Antoine Schmitt (production Bipolar, Union Européenne / FEDER, coproduction la Panacée et Château Royal de Collioure).