The Unknown

Film génératif, 4K sonore, durée infinie, 2022
Extrait d’une captation vidéo (activer le son svp) :

The Unknown est un film génératif qui aborde les idéologies véhiculées sur la science par les banques d’images.

Un programme monte aléatoirement et à l’infini des vidéos de banques d’images qui évoquent la science : laboratoires, chercheurs·euses, images de l’espace, etc. Leur esthétique lisse et interchangeable, positiviste et faussement inclusive pourrait s’appliquer tout aussi bien à des entreprises ou à des startups. Ces images débarrassées du réel et de toute conflictualité véhiculent une idéologie de progrès, d’efficacité et de performance. Elles contribuent à un imaginaire collectif de la science. À ces vidéos, le film superpose des questions qui ne leur répondent pas, mais visent à les mettre en tension.

The Unknown vise ainsi des questions sur les relations entre la science et les images. Dans un contexte de post-vérité, comment pouvons-nous les interpréter et que racontent-elles de nos attentes ? Comment nos fictions et nos recherches se mêlent-elles aujourd’hui ? Quelle est leur dimension politique ?

Empruntant aux codes des diffusions publicitaires, la projection de l’œuvre à Strasbourg, sur un écran géant de leds en vitrine, face au tramway et au pied de l’École doctorale, redouble la dimension publique de ce questionnement.

Production Université de Strasbourg, exposition Supplementary Elements, curatrice Emeline Dufrennoy

Grave

Écran 65 pouces, clé USB, vidéo générée par un programme (1080p, 14h), 145 x 80 x 8 cm, 2021

Posé au sol, un très grand écran diffuse l’image d’une pierre tombale dont les inscriptions ne cessent de se réécrire, comme si elle était restée vivante. Son prénom, ses dates et son épitaphe s’effacent et se réécrivent constamment, souvent très vite.

Alors que les morts sont ceux qui, par définition, ne répondent plus jamais, Grave instaure la fiction d’une mort zombie, dont la technologie aurait perverti jusqu’au principe même et qui continuerait à bugger ad vitam æternam, s’interrogeant sans cesse sur son existence et la meilleure manière de la résumer. Le projet évoque ironiquement l’idéologie transhumaniste d’une réécriture illimitée de la vie, où tout serait toujours possible, y compris après la mort. C’est aussi une vision de l’enfer, là où traditionnellement les âmes continuent d’errer et d’agir, sans jamais en finir ni trouver la paix.

Le nom qui figure sur la pierre tombale est alternativement John ou Jane Doe, terme utilisé dans les pays anglophones pour les personnes inhumées inconnues. Ici, la date du décès varie constamment, mais la date de naissance est toujours 2020, évoquant une personne qui serait en quelque sorte déjà promise à un « devenir-programme », au sens deleuzien du terme.

Production avec le soutien de la Biennale Chroniques, 2020

En vigie

série de vidéos génératives, 2017

Série de vidéos génératives, format 16/9e, 20’, sonore, en boucle
écran LCD, clé usb, diffusion sonore, 2018

En vigie est une série de vidéos génératives, qui instaure une relation paradoxale entre le regard et l’attente. Un paysage choisi au bord de la mer ou d’un fleuve est filmé en plan fixe. L’image est ensuite interprétée par un programme : chaque mouvement est mis en évidence par une surbrillance, comme une luciole. L’ensemble de ces mouvements commande le déplacement d’une tête de lecture dans un crescendo d’orchestre, qui ne cesse de varier et dont le climax ne se produit jamais.

À travers cette situation de suspens cinématographique artificiel, le paysage et l’horizon deviennent l’objet d’un regard partagé entre humain et machine, qui interroge nos limites mais également les formes contemporaines d’une surveillance augmentée – dont le territoire de la Méditerranée est particulièrement investi.

La série comprend trois vidéos autonomes : En Vigie / Strasbourg en 2017, En Vigie / Nice et En Vigie / Venise (2018), chaque fois d’une durée de 20’ environ, en boucle.

En Vigie / Nice est présentée dans le cadre de l’exposition personnelle Machinal, Villa Henry, Nice, du 25 mars au 28 avril 2018, accompagnée d’un catalogue, avec un texte de Céline Flécheux et un entretien avec Isabelle Pellegrini.