The Screens

Original title : Les Paravents
Theater play by Jean Genet / Stage direction Frédéric Fisbach, 2002
Music, sound design, spatialization and real time apparatus Thierry Fournier

Monstruous theater play taking place during the algerian war, involving 96 characters, many parallel narrations and simultaneous scenes, The Screens were directed in 2002 by Frédéric Fisbach who chose to display the casting between three actors for the 3 main characters and japanese bunraku puppets for all the others. The bunraku company is Youki-za, one of the oldest in Japan, founded at the XVIth century. Puppet’s voices were played live by two other actors.

The Screens seems to be a proposition for a total theater – a feast as Genet said – where the text accompanies a poetic action which takes place either on stages or screens. The Screens carry a dream or a vision of the theater which could be simultaneously a comedy and a solemn feast, dedicated to the living and the dead. A poem for the stage reviving the politics, in the sense it offers a vision of the world to the public” (F. Fisbach)

Musical score (for live electronics), sound design voice’s amplification and spatialization of every element was played on stage by Jean-Baptiste Droulers.

Excerpt of a live recording
Scene #13, Théâtre de la Colline, Paris, 2003

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Les Paravents

Une approche musicale globale, de la voix au son, et à la musique

Les Paravents sont construits à l’image d’une fugue, exposant et développant un entrelacs de situations, de plis et de motifs, jouant des temps et des espaces en les faisant se superposer, s’interrompre et parfois se contredire, sans jamais laisser s’installer un propos unique. Face à cette forme, l’exigence constante de Frédéric Fisbach en matière d’écoute, de prosodie et d’équilibre sonore des situations a suscité un travail d’élaboration sonore et musicale ne perdant jamais de vue sa relation au texte.

De ce fait, la première singularité de notre approche a consisté à toujours travailler simultanément sur l’amplification et la spatialisation des voix des comédiens, sur le son de la pièce, et sur la composition d’une partition musicale.

Ces trois domaines se croisent en permanence au cours du spectacle, ils sont joués en direct par Jean-Baptiste Droulers, qui joue à la fois le rôle d’interprète musical et de régisseur son. Cette notion de jeu et de direct est importante, le suivi des voix et le jeu des musiques se font en parallèle, en relation étroite avec les acteurs et la dynamique de leur jeu. Ce rôle s’apparente en quelque sorte au joueur de shamisen du bunraku – ici, un shamisen électronique…

Nous avons choisi d’amplifier et de spatialiser les voix pour plusieurs raisons. Frédéric Fisbach voulait éviter le plus possible la projection vocale typique du théâtre. L’amplification permet une grande proximité et une plus grande richesse d’intensités.
Mais elle permet également de différencier clairement des plans vocaux distincts, ce qui est le cas par exemple entre les acteurs et les vociférateurs – ou entre le monde des vivants et celui des morts. Ici intervient la spatialisation, qui va dans le sens de la dramaturgie : la pièce se déploie progressivement par un montage de situations alternées, dans lesquelles la différenciation des espaces vocaux prend tout son sens.

Les images sonores se développent principalement autour de ce que l’on pourrait appeler “le monde extérieur” (les militaires, les colons, les combattants, les prostituées…), celui des situations et des conflits. Elles évoquent des espaces ou des sons de façon fragmentaire, interrompue – leur statut pourrait être comparé à celui des paravents: évoquer des situations, mais à distance et comme en modèle réduit.

La partition musicale, quant à elle, se déploie autour des deux autres mondes de la pièce que sont les Orties (Saïd, Leila et la Mère), et le monde des morts. Les Orties portent autour d’eux un univers de vibration électronique, une masse pulsatoire qui les accompagne et découpe l’espace autour d’eux, comme pour les isoler.

Dans le monde des morts, plus de son, plus de bruits, seule une variation orchestrale de clarinettes, de frottements d’anches et de percussions (lames et gamelans), qui laisse percevoir la suspension du temps, et se déploie au cours des trois derniers tableaux.

Thierry Fournier
Paris-Brest-Paris, avril 2002

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