Cycle d’expositions collectives et installations in situ, 2011-2015
Commissariat d’exposition Thierry Fournier

Le projet Fenêtre augmentée propose une fenêtre interactive sur un paysage comme exposition collective. Une caméra filme en direct un point de vue sur un paysage choisi. Les artistes invités proposent des pièces prenant cette vue pour point de départ : vidéos, œuvres interactives, dessins… Les œuvres sont ensuite positionnées sur la vidéo du paysage, diffusée en direct sur un écran tactile. Le paysage constitue donc à la fois le point de départ et l’espace d’exposition des œuvres. La démarche du projet réside simultanément dans son protocole de travail avec un site, des artistes et un dispositif spécifique, ainsi que dans l’installation qui constitue l’exposition.

Fenêtre augmentée est une série itinérante : chaque paysage donne lieu à de nouvelles invitations et créations. Cinq expositions ont eu lieu : Centre Pompidou (Paris) en 2011 ; Fort Lagarde / Prats de Mollo en 2012 ; Friche La Belle de Mai (Marseille) en 2013, Château royal de Collioure en 2014 et La Panacée (Montpellier) en mars 2015 dans le cadre du festival Tropisme, avec Luce Moreau, Marine Pagès, Antoine Schmitt et Thierry Fournier.

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Artistes et auteurs

L’objectif du projet a d’emblée été d’inviter simultanément des auteurs (philosophes, critiques, chercheurs) et des artistes. Depuis 2011, 22 artistes et auteurs ont créé des œuvres dans le cadre de ce projet : Christelle Bakhache et Clément Feger (chercheurs en sciences sociales), David Beytelmann (historien et philosophe), Christine Breton (conservatrice du patrimoine), Pierre Carniaux (réalisateur), Jean Cristofol (philosophe), Céline Flécheux (philosophe et historienne de l’art), Benjamin Laurent Aman, Ivan Argote, Marie-Julie Bourgeois, Grégory Chatonsky, Juliette Fontaine, Thierry Fournier, Simon Hitziger, Marie Husson, Tomek Jarolim, Luce Moreau, Marine Pagès, François Parra, Jean-François Robardet, Marcos Serrano et Antoine Schmitt (artistes). Ces derniers présentent des pratiques extrêmement diverses (œuvres numériques, dessin, photographie, vidéo…) mais tous présentent au cœur de leur travail une adresse aux enjeux qui se tissent entre individu, espace et communauté. La co-présence de leurs démarches s’exerce dès les résidences : quelques jours partagés sur place qui ouvrent à une rencontre du lieu, des autres invités, de l’équipe du projet (aussi bien artistique que technique) et des interlocuteurs locaux du projet.

Il ne s’agit donc pas en premier lieu d’aborder le paysage – et avec lui la suprématie du regard que ce terme évoque – mais d’éprouver physiquement un territoire et ses situations.

Chacun propose ensuite non seulement une lecture et une interprétation de ce lieu à travers l’image de la fenêtre –  mais aussi son propre positionnement et le degré de distance qu’il choisira d’instaurer entre le spectateur, l’écran, le paysage et le territoire lui-même. La diversité des pratiques des artistes et auteurs accompagne concrètement ces choix : certaines œuvres travaillent strictement à la surface, d’autres dans une relation active avec le geste ou la position du spectateur, d’autres interrogent le support lui-même (écran – caméra) ou son positionnement vis-à-vis de l’espace, d’autres encore approchent le lieu à travers une démarche plus documentaire.

Édition sur tablettes

Depuis 2013, les expositions Fenêtre augmentée sont simultanément publiées sur iPad. Elles deviennent consultables à distance, leur paysage étant vu en streaming. Dans la version en installation (à laquelle la tablette ne se substitue pas), une tension est instaurée entre le paysage réel et l’écran, qui s’exerce selon des degrés divers en fontion des lieux : à Paris, l’écran était installé à l’endroit de la vue elle-même ; à Prats-de-Mollo, caméra et écran sont distants mais partagent le même environnement proche ; à Marseille, l’écran est réellement dissocié de la caméra et propose une vision à distance, qui convoque davantage une dimension de webcam.

La version sur tablettes accentue cette tension de par le temps réel de l’image ; elle la déploie et la renouvelle, en situation de mobilité. Le paysage qui constitue le support des œuvres est perçu à très grande distance mais en direct ; elles se retrouvent localisées selon une nouvelle modalité. La tablette introduit une dimension temporelle dans ce rapport de représentation entre caméra et écran, territoire et œuvres, spectateur et paysage. Elle propose, à distance, une réactualisation permanente de leurs enjeux.

Télécharger les éditions sur iPad : Fenêtre augmentée Collioure, Marseille et Fort Lagarde

Catalogue : Flatland

Flatland, catalogue du projet sur iPad, co-dirigé par Thierry Fournier et J. Emil Sennewald, éditions Pandore 2014.