Lacunes

Série de photogrammétries et impressions jet d’encre sur papier Hahnemühle Bamboo 290g contrecollées sur dibond, dimensions 24 x 36 et 48 x 72 cm, 2025. Film HD sonore, 10’25, réalisation et musique Thierry Fournier, 2023-2025.

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Les figurations des végétaux sont le plus souvent des représentations planes : herbiers, dessins botaniques, photographies… Le projet Lacunes fait l’hypothèse d’aborder la représentation de fleurs comme des organismes, en considérant leur espace et leur corporéité.

Les fleurs sont scannées en 3D, avec un dispositif de photogrammétrie : on réalise environ 200 photographies autour de chaque fleur, à partir desquelles un programme reconstitue un modèle 3D, dont sont extraites ensuite les images de Lacunes, sans retouche. Ces images sont planes à leur tour, mais elles peuvent être prises sous n’importe quel angle, dans le modèle 3D.

Cependant, l’impossibilité de ce dispositif à restituer tous les détails des fleurs et notamment les zones cachées à l’objectif, génère des manques, que le programme compense en créant des interpolations de forme et de couleur. Un geste d’ordre pictural apparaît alors, dans la signature de l’algorithme et de ses propres limites pour représenter le réel.

Ici apparaissent les lacunes qui donnent leur titre au projet : les limites de la vision de la machine, mais qui sont aussi celles de la vision humaine. Ces fleurs deviennent des organismes en volume, dans une vision à la fois très détaillée et incertaine, qui pose la question de leur corporéité.

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Lacunes se relie au lieu et au projet Commune présence mené dans le Perche par Juliette Fontaine et Thierry Fournier. Production des tirages : Biennale Siana – Impressions : Studio Aza – 3D : Thomas Gendre.

Thierry Fournier, Lacunes, vue d’exposition, SIANA 2025 © Thierry Fournier / ADAGP

Órganon

Solo show 2020

Exposition personnelle, Campus de l’Université Paul Valéry, Montpellier, 2020
Série de 32 dessins sur iPad, impressions fine art sur vinyle 500g, dimensions de 20×15 à 200×300 cm.

Voir également le catalogue de l’exposition paru en 2021, comprenant un entretien avec Nathalie Moureau et un texte critique de Juliette Fontaine, 146 pages couleur, Université Paul-Valéry Montpellier 3.

L’exposition Órganon investit l’ensemble du campus de l’Université Paul-Valéry Montpellier 3 avec une série de 32 dessins créés sur iPad, imprimés sur des surfaces souples en vinyle. Il propose ainsi dans le même temps un ensemble d’œuvres et un protocole d’exposition, qui s’empare des qualités spécifiques d’un campus avec ses multiples espaces intérieurs et extérieurs. Réalisés à des échelles allant de quelques centimètres à plusieurs mètres, parfois suspendus dans les espaces publics, dans les arbres, parfois posés au sol, sur des parois ou des objets, ces dessins explorent un vocabulaire de fragments corporels d’origines inconnues.

Leur création sur tablette utilise des outils dérivés de médiums analogiques (formes de crayon, d’aérographe, d’huile ou de lavis) transformés et hybridés par des processus numériques : le médium et le support choisi rejoignent les enjeux même du projet. En grec ancien, le mot Órganon désigne un organe, un outil, un instrument ou une somme logique, comme celle d’Aristote. Il évoque ici un ensemble d’entités aux corporéités ambigües et multiples, corps humain ou artificiel, animal ou alien, des descriptions ou des traces qui amorceraient une prolifération sur le campus.