antiAtlas Journal

Direction artistique d’une revue de recherche
www.antiatlas-journal.net

Revue numérique annuelle, bilingue et gratuite, antiAtlas Journal ouvre un espace éditorial dédié à une approche radicalement transdisciplinaire des frontières contemporaines. La revue prolonge les réflexions et les expérimentations menées par le groupe de recherche antiAtlas des frontières : colloques, publications, conférences, expositions… Reposant sur une collaboration entre chercheurs et artistes, elle expérimente de nouvelles pratiques d’édition et de modélisation de la recherche. Elle est dirigée par Cédric Parizot, Anne-Laure Amilhat Szary et Jean Cristofol. Elle est consultable sur le web (desktop, tablettes et mobiles) et en PDF.

Design

Conçue et dirigée par Thierry Fournier et créée avec Papascript, la conception éditoriale et graphique de la revue s’empare des potentialités d’une publication numérique pour étendre l’expérience de lecture de textes de recherche. Son design par « nappes » pour chaque article permet plusieurs niveaux de découverte : celui du texte, mais aussi le réseau et le paysage qu’il constitue avec l’ensemble de son iconographie. En ouvrant des voisinages et de circulations multiples entre textes et images, on autorise ainsi des parcours transversaux et des échelles variables de perception, qu’une organisation linéaire ne permettrait pas – bien qu’elle soit toujours disponible par la version PDF. Certaines très grandes images débordent largement des écrans : la circulation exclusive dans une image devient un des récits proposés, au même titre que la circulation dans un texte.

Displays

groupe de recherche, EnsadLab (en cours)

Groupe de recherche, EnsadLab, Ensad (en cours)
Coordination : Thierry Fournier et J. Emil Sennewald, critique, journaliste et enseignant-chercheur
http://displays.ensadlab.fr
Twitter : @displayslab

Proposé et coordonné par Thierry Fournier (artiste, curateur et chercheur), avec J. Emil Sennewald (critique, journaliste et enseignant-chercheur), le groupe de recherche Displays vise à interroger et expérimenter les formes de l’exposition dans un contexte post-numérique, qui se caractérise par une présence permanente du numérique et du réseau dans l’ensemble de la culture et des pratiques. Cette évolution a d’ores et déjà transformé les œuvres, les modes de collaboration, les pratiques curatoriales, la critique et la médiation, le public et son regard. Elle implique aussi une prise en compte de la matérialité du numérique et de ses processus, après une période historique marquée par une idéologie de la dématérialisation. Une porosité s’instaure également entre les pratiques, comme par exemple celles des artistes, des commissaires et du public dans le cas de la curation – pratique de réinterprétation et d’échange attestant du statut conversationnel des médias.

Prenant en compte l’ensemble de ces questions, notre recherche s’intéresse à la manière dont elles modifient la pensée et la pratique des expositions, autant pour les rôles de leurs acteurs, que les objets, les espaces et les réseaux qu’elles investissent. Notre approche est celle d’une recherche par l’exposition, celle-ci étant abordée comme situation d’expérimentation impliquant un ensemble d’acteurs, d’objets, de modes de production et de valorisation, d’espaces et de temporalités. L’exposition est considérée ici comme moment d’un processus davantage que son terme, expérimentable et discutable par ses différents acteurs (artistes, public, curateurs, muséographes critiques…), dans la perspective d’une approche critique de leurs interactions.

Ce programme s’articule autour de trois problématiques principales qui concernent aussi bien la forme même des expositions que les relations qu’elles entretiennent avec leur contexte. Elles sont rapidement présentées ici avec les axes de recherche et de création qu’elles peuvent susciter :

1. Quoi. Comment évoluent les objets de l’exposition, des « expôts » et œuvres vers les gestes, les situations performatives, les expérimentations et les processus de production ? Comment les éditions numériques (qui sont elles-mêmes des processus évolutifs et plus seulement des publications) et les formes mobiles contribuent-elles à de nouvelles formes curatoriales ? Comment interviennent les questions relatives à la reproductibilité et à la simulation ? Les expériences de co-création menées dans le cadre muséographique peuvent-elles aussi concerner les expositions en art ?

2. Qui. Comment évoluent les relations au public et par qui sont conçues les expositions ? Comment évoluent les attentes et les pratiques des spectateurs, la distribution (ou recouvrement) des rôles entre artistes, commissaires, critiques, muséographes, scénographes ? Comment le relier au contexte de la critique institutionnelle ? Comment expérimenter avec et en présence du public ? Sous quelle forme et avec quels enjeux l’interactivité participe-t-elle aujourd’hui aux formes curatoriales ? Quels sont les objectifs et enjeux de la participation et notamment des réseaux sociaux dans les musées et les expositions ?

3. Où. Comment évolue l’espace et les lieux de l’exposition ? Une partie importante de l’accès à l’art et à la culture s’effectuant désormais en ligne, comment évolue la spécificité d’expérience des expositions ? Quelles formes s’inventent-elles alors dans un dialogue entre l’espace réel et le réseau ? Comment relier l’espace collectif de l’exposition et la pratique individuelle du web et des mobiles ? Comment mettre en œuvre une critique et une émancipation vis-à-vis des logiques de l’économie de l’attention ? Comment qualifier et critiquer les relations entre musées, expositions en ligne et bases de données ?

Crédit photographique : Laura Gozlan, Remote viewing, 2014

The Self and the World

deux films collectifs et une exposition (2015-2016)

Deux films collectifs et une exposition (2015-2016)
Galerie NaMiMa, École nationale supérieure d’art et de design de Nancy, 22-29 mai 2016

Projet conçu et dirigé par Thierry Fournier et Jean-François Robardet, sur une proposition de Thierry Fournier. Avec: Mathilde Bénard, Simon Boutelou, Elina Chared, Lucile Doos, Isis Gondouin, Lise Guerder, Oualid Hariss, Anaïs Juin, Heather Krasker, Bora Kwak, Ming-Ying Lu, Rostom Nakmouche, Su-Min Park, Antoine Py et Fan Wang (2015), Aurélie Ayub, Marine Calamai, Anne-Sophie Dautheville-Guibal, Bao-Vi Defaux, Alix Desaubliaux, Sarah Guermonprez, Qijia Hu, Dori Lee, Jean-Christophe Louviot, Paul-Edouard Puyo (2016).

Créés en 2015 et 2016, les deux films The Self and the World sont chaque fois composés d’une série de séquences réalisées par les étudiant·e·s. Qu’est-ce qui, dans la vie de chacun·e, s’adresse au monde ? Et en quoi le monde qui l’entoure s’adresse-t-il à elle ou à lui ? D’une durée de quelques minutes, chaque séquence individuelle met en regard les deux points de vue, sous la forme d’un diptyque.

Les matériaux filmiques employés sont des séquences tournées avec les moyens du bord (caméras, smartphones…), des vidéos trouvées sur YouTube, des captures d’écran, des navigations sur internet… Le projet témoigne ainsi de la manière dont les formes vernaculaires du web, l’usage conversationnel des images et les pratiques contemporaines des technologies concourent à la formulation d’une image de soi et d’une vision du monde, dans une perspective qui embrasse aussi bien des références cinématographiques que les images quotidiennes glanées ou produites sur les réseaux.

The Self and the World (film 2015)

The Self and the World (film 2016)

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Photos de l’exposition en galerie NaMiMa, Ensad Nancy, mai 2016

Dirigé par Thierry Fournier et Jean-François Robardet, l’atelier de recherche et création Electroshop explore depuis de nombreuses années le rôle du numérique en art, sous de multiples formes : expositions, éditions, créations plastiques ou scéniques, etc. Il aborde aussi bien les incidences du numérique dans les pratiques de l’art et les esthétiques contemporaines, que les formes d’œuvres, leurs relations aux spectateurs et leur inscription dans des logiques de flux et de réseau.

Atelier de recherche et création ARTEM Electroshop : École nationale supérieure d’art et de design de Nancy, École des Mines de Nancy, ICN Business School. Projet re?alise? en 2015 avec le concours du Conseil Régional de Lorraine.

Phenorama

Recherches et expérimentations en art et industries contemporaines – ENSCI-Les Ateliers, 2014-2015

Recherches et expérimentations en art et industries contemporaines – ENSCI-Les Ateliers, 2014-2015
Labex/Création, Arts et Patrimoines
Plateforme dirigée et animée par Armand Behar, artiste et enseignant à l’Ensci/les ateliers, en collaboration avec les chercheurs et créateurs invités.

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De plus en plus d’acteurs identifient la ville des données, la smart city, le Big Data, les Opendata, comme des composantes importantes de la cité contemporaine et de demain. De nombreuses disciplines (artistes, designers, architectes, urbanistes, paysagistes) qui traitent indirectement ou non de la ville s’emparent de la problématique des données.

Avec la montée en puissance du rôle de l’information, nous ne pouvons que ré-interroger les méthodes qui permettent à l’urbaniste et au-delà à l’ensemble des créateurs d’articuler les productions et les manipulations d’informations avec l’action sur les matérialités urbaines.

Le séminaire Ville informée/forme de ville : A lecture augmentée, projet augmenté ? propose d’organiser autour de 5 séances une réflexion sur la question de l’utilisation des données pour créer de la forme en permettant le dialogue et l’échange entre les acteurs de la création et ceux qui produisent, analysent, interprètent les données : sociologues, géographes, ingénieurs,…

Ce séminaire s’inscrit dans le cadre du programme de recherche sur les nouveaux récits urbains. Il s’articule autour de la recherche menée par Claire Bailly, doctorante sous la direction de Jean Magerand Faculté d’architecture et d’urbanisme de l’Université de Mons – Belgique ; en résidence à l’Ensci/les ateliers.

Cette recherche s’inscrit aussi dans le cadre de la mission de phénOrama qui a pour objectif à travers ses différents programmes d’explorer la question de la recherche par la création dans le contexte actuel d’un nouveau dialogue entre l’art et l’industrie. Ce programme est soutenu par le Labex Création, Art et Patrimoine.

Le séminaire est encadré par un groupe de recherche composé de :

Claire Bailly, architecte et urbaniste, enseignante à ENSA de Montpellier – Armand Behar, artiste, enseignant Ensci/les ateliers, responsable phénOrama – Dominique Boullier, sociologue, Professeur Sciences Po – François Brument, Designer Agence In-flexions – Jerôme Denis, sociologue, Maître de conférence sociologie Telecom Paris-tech – Thierry Fournier, artiste, enseignant Ensad – Samuel Rufat, géographe, Maître de conférence à l’Université de de Cergy-Pontoise, CNRS – Antonella Tufano, architecte et urbaniste, chercheur laboratoire Gerphau – Manuel Zacklad, professeur CNAM, directeur laboratoire Dicen-Idf.

Calendrier

jeudi 29 janvier 2015 de 17h à 20h
1. L’utilisation de la donnée pour agir

Intervenants :
. Manuel Zacklad, professeur CNAM, directeur laboratoire Dicen-Idf
. François Brument, designer Agence In-flexions
. Nicolas Peugnet, élève Ensci/les ateliers travaux du studio de création phénOrama

lundi 23 février 2015 de 17h à 20h
2. La production des données, leur acquisition, transformation, interprétation, traçabilité

Intervenants :
. Jérôme Denis, sociologue Maitre de conférence sociologie Telecom Paris-tech,
. Olivier Schaffer, directeur département recherche agence XTU,
. Chloé Adelheim, élève Ensci/les ateliers studio de création phénOrama.

lundi 23 mars 2015 de 17h à 20h
3. L’ (a-)synchronisation du projet avec des données produites en temps réel

Intervenants :
. Francis Dhee, géographe, Ecole Nationale des Sciences Géographiques,
. Thierry Fournier, artiste, enseignant Ensad,
. Pauline Clocher et Etienne Fabre, élève Ensci/les ateliers studio de création phénOrama.

lundi 20 avril 2015 de 17h à 20h
4. La narration portée par le projet, entre projection, prévision et prédiction

Intervenants :
. Dominique Boullier, sociologue, Professeur Sciences Po,
. Thierry Joliveau, géographe Professeur de Géographie à l’Université de Saint-Etienne,
chercheur à l’UMR Environenment-Ville-Société.
. Louise Raguet, élève Ensci/les ateliers studio de création phénOrama.

Cloture lundi 18 mai 2015 de 17h à 20h
5. Le projet augmentée : les enjeux pour une recherche par la création

Intervenants :
. Antonella Tufano, architecte et urbaniste, chercheur laboratoire Gerphau,
. Claire Bailly, architecte et urbaniste, enseignante à ESA de Montpellier.

Alum

catalogue sur iPad, Ensa Nancy & Pandore Édition, 2014

Catalogue, 2014
Collectif sous la dir. de Thierry Fournier et Jean-François Robardet, édition Ensa Nancy & Pandore Édition, diffusion Art Book Magazine 2014.

Catalogue consacré aux artistes diplômés de l’École nationale supérieure d’art de Nancy (Dnap et Dnsep entre 1988 et 2011) : Marion Auburtin, Jean Bedez, Thomas Bellot, Etienne Boulanger, Thomas Braichet, Morgane Britscher, Emilie Brout & Maxime Marion, Dominique Cunin, Cristina Escobar, Elise Franck, Caroline Froissart, Virginie Fuhrmann, Jochen Gerner, Jérémy Gobé, Marco Godinho, Sébastien Gouju, Harold Guérin, Sylvie Guillaume, Paul Heintz, Simon Hitziger, Victor Hussenot, Marie Husson, Guillaume Janot, Marie Jouglet, Yonsoo Kang, Geoffrey Kayser, Benjamin Laurent Aman, Sophie Lecuyer, Heewon Lee, Aurélia Lucchesi, Mayumi Okura, Cécile Paris, Dominique Petitgand, Emmanuelle Potier, Victor Rares, Jean-François Robardet, Vivien Roussel, Aïda Salahovic, Emilie Salquèbre, Atsuki Takamoto, Sarah Vaxelaire.

Préface de Christian Debize (directeur de l’Ensa Nancy) et texte de Leonor Nuridsany (critique d’art et commissaire d’expositions indépendante). Conçu et réalisé avec les étudiant-e-s de l’Atelier de recherche et création Coédition (Ensa Nancy / Artem), sous la direction éditoriale de Thierry Fournier et Jean-François Robardet.

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Un catalogue conçu pour les tablettes

L’atelier de recherche et création Coédition à l’École nationale supérieure d’art de Nancy explore depuis plusieurs années les pratiques numériques en art contemporain, sous de multiples formes : créations d’œuvres, curatoriat, créations interactives et/ou scéniques, édition numérique. Ses projets donnent chaque fois lieu à des diffusions publiques : Ballet de Lorraine, CITu, Musée des beaux-arts de Nancy, Contexts (Paris), CNES Chartreuse de Villeneuve lez Avignon, Rencontres Chorégraphiques de Tunis, galerie NaMiMa / Ensan, etc. Il a donné lieu en 2013 à la création de Coédition, première édition numérique sur iPad publiée à l’Ensa Nancy.

Alum est le premier catalogue jamais édité sur les artistes plasticiens diplômés de l’Ensa Nancy. Conçu spécifiquement pour tablettes, ce projet s’empare résolument des spécificités éditoriales que permet ce support : couverture en forme d’index, très grandes pages consacrées à chaque artiste permettant de proposer des relations et des voisinages ouverts entre les œuvres, éléments multimédias… Le projet a été conçu et réalisé par les étudiants des Mines, de l’ICN et de l’Ensan, qui ont participé à la totalité du processus de conception et réalisation de l’édition, sans spécialisation de leur intervention et sous la direction des artistes coordinateurs.

Alum réunit les travaux de quarante-deux artistes, repérés par l’école et/ou qui ont répondu à un appel à participation lancé fin 2013. Chacun-e d’entre eux a proposé une biographie, une série d’image ou vidéos et – pour certain-e-s d’entre eux – un texte critique à propos de leur démarche. Cette sélection d’artistes pourra s’élargir à l’avenir, ce que permet en outre une publication numérique.

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Ce qui manque

atelier de curatoriat, exposition collective et publication, 2014

Exposition collective et publication, 2014
Commissariat Thierry Fournier
Œuvres de Armand Béhar, Laura Gozlan, Gwenola Wagon et Stéphane Degoutin
Exposition du 6 au 22 juin 2014, La Panacée, Montpellier

Avec la collaboration des étudiant-e-s de l’Université Montpellier 3 : Lydie Blanc, Laura Dauzat, Floriane Davin, Marion Gaudillère, Mariko Koetsenruijter, Simon Kounovsky, Marion Paul, Coralie Puyau, Thomas Fourcroy, Annaëve Saïag, Mossi Soltan, Céline Valiente et la participation de Jean-Damien Gros, Jean-Sébastien Colas et Thibaut Lozenguez.

En partenariat avec l’Université Montpellier 3 Paul Valéry, l’École de La Panacée propose chaque année une expérience de l’art à un groupe d’étudiants, créant un espace de transmission et de partage des savoirs, dans une démarche de recherche et d’expérimentation. En 2013-2014, La Panacée en confie le commissariat à Thierry Fournier qui propose le projet Ce qui manque. Les artistes invités sont Armand Béhar, Laura Gozlan, Gwenola Wagon et Stéphane Degoutin. Le projet propose aux étudiants de participer à l’ensemble du processus de création de cette exposition, de ses œuvres et d’une publication consacrée au projet.

Ce qui manque interroge notamment les notions d’utopie et d’évolution, ainsi que les conditions critiques d’émergence de projets collectifs. Le projet se déploie autour d’une phrase, d’un protocole et d’un dispositif commun. Il pose une question délibérément ouverte : Ce qui manque. Face à une situation contemporaine de « post-démocratie » et la prise de pouvoir sur la culture par les industries, se dessine un enjeu relatif aux conditions des projets collectifs, qui peut s’exprimer ici aussi bien comme réminiscence, utopie ou uchronie. Il s’agit à la fois de désir, de tension entre individus et communauté et de possibilité d’un espace commun, réel ou fictif.

Exposition et œuvres

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Armand Behar, Une prière pour les candidats au voyage

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Laura Gozlan, Remote Viewing

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Stéphane Degoutin et Gwenola Wagon, Umwelt rat réseau

Publication

Réalisée à l’issue de chaque semaine de résidence par Thierry Fournier, une publication en relate le processus, composée de 4 grand feuillets A1 pliés, qui sont diffusés dès le vernissage et pendant l’exposition.

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Crédits

Projet produit par La Panacée, centre de culture contemporain de la Ville de Montpellier. En partenariat avec la Direction de la Culture et du Patrimoine – Ville de Montpellier et l’Université Montpellier 3 – Paul Valéry. Coordination pour l’Université Montpellier 3 par Claire Châtelet (Département des Arts du Spectacle) et Julie Denouël, Laurent Fauré, François Perea et Arnaud Richard (Département des Sciences du Langage). Merci à Franck Leblanc pour son rôle dans la conception de l’École.

Umwelt

projet de recherche, EnsadLab / Diip, 2011-2012

Projet de recherche Ensad / EnsadLab – programme Diip, 2011-2012
Conçu et coordonné par Thierry Fournier
Equipe : Clémence Homer, Tomek Jarolim, Dominique Peysson, Benoit Verjat.

Umwelt est un projet mobile de prise et consultation de notes mixtes (manuscrit haute définition, clavier, dessin, hypermedia, tags…) utilisable dans tous types d’environnements : voyages, repérages, répétitions, conception ou séances de travail, architecture et design, mode, observations, « terrains » en sciences sociales, notation musicale, etc. Il s’adresse donc autant à des usages professionnels que privés, généraux ou spécialisés, documentaires ou fictionnels. Il se fonde sur plusieurs dimensions : pratique manuscrite, structuration de la mémoire, intégration de l’environnement, interopérabilité.

Cohabitation II

commissariat d’exposition, 2012

Atelier et exposition collective, École nationale supérieure d’art de Nancy / Artem, 2011-2012
Exposition galerie NaMiMa, Ensa Nancy, mars 2012
Coordination et curatoriat : Thierry Fournier et Jean-François Robardet

Œuvres de Alice Adenis, Romain Hantz et Jérôme Gonzales / Anne-Sophie Banach, Laureline Maudet et Guillaume Cadot / Wei Chang, Charlotte Moreau et Se Won Hwang / Benoît Henry / Brice Mantovani / Xiao-Jun Song et Guilhem Mariotte / Marianne Villière, étudiants de l’École nationale supérieure d’art de Nancy, de l’École nationale supérieure des Mines de Nancy et de ICN Business School.

L’atelier de recherche et création Cohabitation est consacré aux œuvres mettant en jeu les médias numériques : installations, performances, créations scéniques. Les étudiants de trois écoles y participent : École nationale supérieure d’art de Nancy, ICN Business School, Ecole nationale supérieure des Mines de Nancy, dans le cadre de l’alliance ARTEM. Ils sont impliqués sur l’ensemble de la conception et de la réalisation d’une œuvre ou d’une série de travaux, sous la direction des artistes coordinateurs, jusqu’à leur présentation publique.

L’exposition Cohabitation présente cinq installations qui partagent le même espace, chacune d’entre elles proposant une interaction avec les visiteurs et/ou une relation avec les autres dispositifs. Le projet propose une expérience sur le processus de création d’un dispositif de relations, dans ses dimensions à la fois artistiques et sociales : comment élaborer une exposition où chacun des objets se définit dans ses relations avec les autres et avec le public ? Comment penser la nécessaire autonomie d’un dispositif, tout en concevant un projet et un espace commun ?

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Œuvres

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Alice Adenis, Romain Hantz et Jérôme Gonzales

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Anne-Sophie Banach, Laureline Maudet et Guillaume Cadot

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Wei Chang, Charlotte Moreau et Se Won Hwang

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Brice Mantovani

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Xiao-Jun Song et Guilhem Mariotte

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Marianne Villière

Crédits

Photographies © Thierry Fournier 2012
Avec le soutien de la Région Lorraine – aide à la recherche

Fenêtre augmentée 01 – Paris

commissariat d’exposition et installation in situ, 2011

Exposition collective et installation in situ, 2011
Commissariat d’exposition Thierry Fournier
Centre Pompidou, Paris (2011)

Œuvres et interventions de Christelle Bakhache et Clément Feger (Sciences Po Medialab), Céline Flécheux (philosophe et critique), David Beytelmann (historien politique et philosophe), Pierre Carniaux (réalisateur), Benjamin Laurent Aman, Félicia Atkinson, Ivan Argote, Marie-Julie Bourgeois, Juliette Fontaine, Thierry Fournier, Marie Husson, Tomek Jarolim, Jean-François Robardet, Marcos Serrano, Antoine Schmitt (artistes).

La première exposition Fenêtre augmentée s’est déroulée au Centre Pompidou (Paris) en juin 2011. Au sixième étage du Centre, la Fenêtre pointait vers le quartier des Halles, positionnée dans un espace délibérément non muséographique du Centre : le belvédère en haut des escalators. Cette première édition a permis d’expérimenter toutes les dimensions du projet : d’une part en termes de protocole curatorial, de travail avec les artistes, de types d’œuvres proposées et d’autre part en termes de conception de l’objet lui-même (dispositif, interface, comportement, design, etc.). Ces derniers aspects ont donné lieu à une recherche coordonnée par Thierry Fournier qui a réuni un groupe de concepteurs, designers et développeurs, en collaboration avec le laboratoire EnsadLab de l’Ensad (programme Diip / Surfaces sensibles) et le Medialab de Sciences Po.

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Œuvres

Benjamin Laurent Aman, Football Season is Over,

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Ivan Argote : Sans titre, 2010 (réédition) / Jobs

Felicia Atkinson, Ardents Abris

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Christelle Bakhache et Clément Feger, Flux, prix et surveillance

David Beytelmann, Interview

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Marie-Julie Bourgeois : Points chauds

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Pierre Carniaux : Vous êtes ici

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Céline Flécheux : Fenêtre et horizon (interview péripatéticienne)

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Juliette Fontaine : Les Invisibles / J’ai rêvé la nuit verte / Nuages flottants,

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Thierry Fournier : Panopticons, Fictionnalismes, Usual Suspects

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Marie Husson, Vertigo

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Tomek Jarolim, Monochromes

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Jean-François Robardet : The Belly Dancer

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Marcos Serrano, Direction home

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Antoine Schmitt, No-control Tower

Recherche

L’ensemble du projet a donné lieu à une recherche pluridisciplinaire dirigée par Thierry Fournier avec un groupe de travail comprenant Jean-François Robardet, l’équipe technique (ingénieurs, développeurs), les producteurs, des personnes extérieures et des artistes faisant partie en 2011 de l’atelier de recherche Surfaces Sensibles à l’Ensad : Marie-Julie Bourgeois, Tomek Jarolim, Marcos Serrano. Tomek Jarolim et Marie-Julie Bourgeois ont ensuite été invités à participer dans le cadre du projet, respectivement pour les expositions de Prats-de-Mollo en 2012 et Marseille en 2013.

Crédits

Production : Région Ile de France / Cap Digital, Région Languedoc Roussillon, Pandore Production. Production déléguée Pandore Production (projet général), Aquilon (Futur en Seine).

Cohabitation I

recherche et commissariat d’exposition, 2011

Atelier de recherche et exposition collective, Ensa Nancy / Artem, 2011
Exposition au Musée des Beaux-arts de Nancy
Coordination et commissariat : Thierry Fournier et Jean-François Robardet

L’atelier de recherche et création Cohabitation est consacré aux œuvres mettant en jeu les médias numériques : installations, performances, créations scéniques. Les étudiants de trois écoles y participent : École nationale supérieure d’art de Nancy, ICN Business School, Ecole nationale supérieure des Mines de Nancy, dans le cadre de l’alliance ARTEM. Ils sont impliqués sur l’ensemble de la conception et de la réalisation d’une œuvre ou d’une série de travaux, sous la direction des artistes coordinateurs, jusqu’à leur présentation publique.

L’exposition Cohabitation présente six œuvres qui partagent le même espace, chacune d’entre elles proposant une interaction avec les visiteurs et/ou une relation avec les autres dispositifs. Quatre œuvres sont conçues et réalisées par les étudiants de l’Arc, et deux par les artistes coordinateurs. Le projet propose une expérience sur le processus de création d’un dispositif de relations, dans ses dimensions à la fois artistiques et sociales : comment élaborer une exposition où chacun des objets se définit dans ses relations avec les autres et avec le public ? Comment penser la nécessaire autonomie d’un dispositif, tout en concevant un projet et un espace commun ?

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Œuvres
Photographies prises au Musée des Beaux-arts de Nancy, février 2011

Beat Box
Mathieu Sarrasin (ICN), Sylvain Spanu (ENSMN)
Installation interactive – Ordinateur, micro, haut-parleurs
Un ordinateur saisit des bribes de phrases et de sons émis par les visiteurs dans l’exposition et les réarrange en rythmes qu’il rediffuse dans l’espace.

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Eden
Mélanie Jayantha, Laura Kwan, Florence Pewzer, Marie Rollin (ICN)
Installation interactive – Vidéo, écran plasma, capteur de distance, ordinateur
Une vidéo figure un travelling sur un personnage immobile vu de dos dans un couloir. Le travelling se joue vers l’avant ou l’arrière, à mesure que les visiteurs s’en éloignent ou s’en rapprochent.

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Hautbois
Aurélia Lucchesi (ENSAN)
Installation – Rétroprojecteur, surface d’eau, haut-parleur, lecteur mp3, tirage.
Le dispositif rétro-projette une image d’eau sur une peinture dont la surface reproduit des ondes longitudinales. L’eau est agitée par la vibration d’un haut-parleur sur lequel sont diffusées des infra-basses.

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Setup
Thierry Fournier
Dispositif sonore et projections sur écran
Des instructions ou citations concernant les comportements possibles des visiteurs dans l’exposition sont diffusés sous la forme de messages sonores. Avec des textes réunis par Jean-François Robardet et la voix de Juliette Fontaine.

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Specola Beccata
Kathy Denise (ENSAN), Coralie Forissier, Jenny Partouche (ICN)
Installation – Sculpture comestible
Un cadavre de femme hyperréaliste et comestible, semblable aux écorchés des tables de dissection, est offert à la dégustation : pâte d’amande, chocolat, brioche, sucres colorés composent le corps d’une sculpture qui est consommée pendant l’exposition.

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Sperling
Jean-François Robardet
Installation – Harpe, mobilier, objets, projection

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Echolalie

collectif de curatoriat, production et critique, 2006-2007

Collectif de curatoriat, production et critique, 2006-2007
Thierry Fournier, Marie Husson, Jean-François Robardet (artistes), Myriam Marzouki (metteur en scène), Daniel Migairou (producteur), Valérie Pihet (Sciences Po – Ecole des Arts Politiques), Isabelle Pellegrini (auteur), Gérald Gauguier (chargé de communication).

Collectif consacré aux créations interdisciplinaires actif de 2006 à 2008, Écholalie a exploré les transferts entre arts visuels, spectacle vivant, médias numériques et écriture. Son projet se fondait sur un constat critique de l’état actuel des savoirs, des informations et des moyens mis à la disposition des artistes engagés dans ces champs de recherche. Echolalie a organisé en 2007 un cycle de cinq conférences avec Miguel Benasayag (philosophe et psychanalyste), Samuel Bianchini (artiste), Céline Flécheux (philosophe), Per Hüttner (artiste) et Bruno Latour (philosophe, anthropologue et sociologue) ainsi que la manifestation Open 2007 qui présentait des travaux de Samuel Bianchini, Manuel Coursin et Théo Kooijman, Emma Dusong, Juliette Fontaine, Pascal Kirsch, Bénédicte Le Lamer et des artistes membres du collectif.

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Electroshop

atelier de recherche et création, ENSA Nancy, 2004-2016

Atelier de recherche et création
École nationale supérieure d’art de Nancy / Artem, 2004-2016
Co-coordination Thierry Fournier et Jean-François Robardet

Cet atelier de recherche et création a été initié par Samuel Bianchini en 2000, rejoint par Thierry Fournier en 2004 qui en a repris la coordination en 2007 avant d’être rejoint à son tour par Jean-François Robardet en 2008. L’atelier fait partie du dispositif ARTEM, spécifique à Nancy : une association entre l’École nationale supérieure d’Art, l’Ecole des Mines de Nancy et ICN Business School, dont le campus commun ouvrira en 2017. Comme les autres “Arcs” Artem, l’atelier accueille donc des étudiant-e-s des trois écoles, au niveau master.

Axes de recherche

Electroshop traite des pratiques numériques en art, en proposant au fil du temps des terrains d’expérimentation différents. Il explore notamment la question des dispositifs interactifs, dans le contexte d’installations, de créations scéniques ou performatives. Cette recherche se caractérise par trois directions principales : la notion de geste, la relation entre spectateurs et interprètes, et les mutations de la notion d’écriture. La question de l’interactivité dans un contexte scénique (théâtre, danse, performance) est nécessairement liée à la relation entre le corps et le geste de l’interprète ou du spectateur, et leur environnement. Le terme de geste est alors à comprendre dans son sens le plus large, de l’action corporelle à l’acte de langage : tout mouvement humain qui peut être « capté » par un dispositif réagissant en temps réel à ses variations. Les objets de la recherche portent donc sur l’invention de ces dispositifs, la conception du geste dans ces conditions, et la production de représentations multimédias à partir de la relation entre geste et dispositif en temps réel.

Les dispositifs interactifs peuvent donc concerner tout aussi bien les spectateurs que les interprètes, qui peuvent non seulement partager le même espace, mais aussi entrer en interaction avec les mêmes dispositifs. Les questions ouvertes par cette direction sont nombreuses : enjeux d’une mise en scène ou mise en jeu du spectateur, relations entre installation et performance, exploration des différences de pratique des dispositifs par les spectateurs et par les interprètes.

Enfin, l’invention de formes interactives renouvelle profondément la notion d’écriture (texte, chorégraphie, partition musicale) dans la mesure où celle-ci n’est pas fixée linéairement en amont, mais résulte d’une relation réciproque entre protagonistes (public et/ou interprètes) et dispositifs. Se posent alors des questions liées aux enjeux d’une écriture scénique, de l’élaboration d’une temporalité spécifique, et de l’invention de protocoles de production textuels, gestuels, spatiaux, sonores et musicaux.

Méthodologie

Ces projets sont soit des œuvres des artistes coordinateurs auxquels les étudiants sont invités à participer, soit des projets individuels ou collectifs d’étudiants. Dans les deux cas, on déploie une recherche-création par projet qui implique les étudiants sur l’ensemble de la conception et de la réalisation d’une œuvre, sous l’autorité de l’artiste coordinateur. Un tel principe permet d’installer une dynamique d’excellence par l’articulation de la recherche et de la pédagogie, la première faisant levier pour la seconde. Des créateurs professionnels, avec des étudiants, initient, conçoivent, expérimentent, réalisent, dirigent et rendent public un projet artistique. Impliqués sur toutes les phases et registres de la création, les étudiants font l’expérience complète d’un projet d’envergure, pluridisciplinaire, collectif et techniquement prospectif. Tous les étudiants sont invités à participer à la totalité du processus de recherche et création, quelle que soit leur filière d’origine, sans spécialisation de leur intervention.

Diffusion et valorisation

Chaque création donne toujours lieu à une diffusion publique. La finalisation, l’exposition et la diffusion dans un contexte professionnel des œuvres développées dans le cadre de l’Arc inscrit ainsi l’ensemble du processus de travail dans une logique de valorisation et de diffusion de la recherche :

– par une diffusion des créations de l’Arc auprès de contextes professionnels et de publics élargis, faisant connaître les travaux de recherche auprès d’une large audience. Depuis 2004, dix œuvres et expositions ont été réalisées dans le cadre de l’Arc Electroshop. L’ENSAN intervient pour tous ces projets comme coproducteur principal, en partenariat avec plusieurs institutions publiques et privées.

– par des actions régulières de publication sur différents supports. L’ENSAN intervient pour toutes ces publications comme coproducteur et/ou coéditeur (Les Éditions du Parc).

Historique des créations et diffusions

– En 2000-2001, création de l’exposition Hôtel des Beaux-Arts, Hôtel des Beaux-Arts, Nancy.

– En 2002-2003, création de l’exposition Promotion Artem au Centre commercial Cora Houdemont.

– En 2004-2005, première version de la création interactive pour danseur et spectateurs Réanimation, performance interactive pour danseurs et spectateurs de Samuel Bianchini, Thierry Fournier et Nathalie Simon. Diffusion publique le 5 juillet 2005 au Ballet de Lorraine. Partenariats : Centre chorégraphique national Ballet de Lorraine, SFR-Cegetel.

– En 2005-2006, création de l’installation 30×30 – Poursuite de Samuel Bianchini, en dialogue avec la proposition chorégraphique 30×30 de Paul-André Fortier. Présentation publique à Nancy, place de la Gare et tour Thiers le 6 mai 2006. Partenariat : Centre chorégraphique national – Ballet de Lorraine. 30×30 – Poursuite a également été exposée à la Ménagerie de Verre (Paris) dans le cadre du festival « Les Inaccoutumés » à l’invitation de Philippe Quesne. Partenariats : Vivarium Studio, Ménagerie de Verre, CiTu.

– En 2006-2007, création de l’installation Feedbackroom de Thierry Fournier, successivement exposée à l’ENSAN en juin 2007 puis dans le cadre de l’expo-labo OUTLAB organisée par le CiTu à la Bellevilloise (Paris) en novembre 2007. Partenariats : SFR-Cegetel, CiTu, CIDMA, La Bellevilloise, Pandore Production.

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– En 2007-2008, création de la version finale de la création interactive pour danseur et spectateurs Réanimation avec le danseur et chorégraphe Sylvain Prunenec, créée dans le cadre du festival Next à l’Espace Pasolini (Valenciennes). Partenariats : Espace Pasolini – Jeune Théâtre International, avec le soutien du Groupe ICN et du Groupe SFR-Cegetel. En mai 2009, Réanimation est donnée au festival international Rencontres chorégraphiques de Carthage (Tunisie), organisées par Syhem Belkodja et Philippe Baudelot.

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– En 2008-2009, création scénique Seul Richard conçue et dirigée par Thierry Fournier, avec l’ensemble des étudiants de l’Arc. Seul Richard est finalisé ensuite en résidence de création au Théâtre de la Mauvaise Tête (Marvejols, Lozère) puis à la Chartreuse de Villeneuve les Avignon – Centre national des Écritures du Spectacle, ou sa création a lieu en octobre 2010. Avec Emmanuelle Lafon (actrice), Jean-François Robardet et Juliette Fontaine (co-auteurs scénographie et musique).

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– En 2009-2010, projet Cohabitation I, création d’œuvres par les étudiants et projet curatorial. Expositions en juin 2010 à l’École nationale supérieure d’art de Nancy puis en février 2011 au Musée des Beaux-Arts de Nancy.

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– en 2010-2011, création de l’installation Hotspot de Thierry Fournier à Contexts, Paris, en collaboration et co-coordination avec Jean-François Robardet.

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– en 2011-2012, Cohabitation II, création d’œuvres par les étudiants et projet curatorial, exposition en avril 2012 à la Galerie NaMiMa, Ensa Nancy.

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– en 2012-2013 Coédition I, création collective d’une édition numérique sur iPad relatant les processus de recherche des 3 ateliers de Andrea Keen / Etienne Pressager / Lauren-Marie Joubert (Marcher), Justin Morin (Do it yourself) et Julien Prévieux (Art de la conjecture).

– en 2013-2014 Coédition II, création du catalogue sur iPad ALUM consacré à 40 artistes diplômés de l’Ensa Nancy (Marion Auburtin, Jean Bedez, Thomas Bellot, Etienne Boulanger, Thomas Braichet, Morgane Britscher, Emilie Brout & Maxime Marion, Dominique Cunin, Cristina Escobar, Elise Franck, Caroline Froissart, Virginie Fuhrmann, Jochen Gerner, Jérémy Gobé, Marco Godinho, Sébastien Gouju, Harold Guérin, Sylvie Guillaume, Paul Heintz, Simon Hitziger, Victor Hussenot, Marie Husson, Guillaume Janot, Marie Jouglet, Yonsoo Kang, Geoffrey Kayser, Benjamin Laurent Aman, Sophie Lécuyer, Heewon Lee, Aurélia Lucchesi, Mayumi Okura, Cécile Paris, Dominique Petitgand, Emmanuelle Potier, Rares Victor, Jean-François Robardet, Vivien Roussel, Aïda Salahovic, Emilie Salquèbre, Atsuki Takamoto, Sarah Vaxelaire).

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– en 2014-2015 création de The Self and the world, long-métrage collectif composé de 15 courts créés par les étudiants de l’Arc. Première projection publique à l’IECA Nancy le 5 mai 2015.

Publications

– Publication Hôtel des Beaux-Arts, Édition ENSA Nancy 2001.
– Publication Promotion Artem / École nationale supérieure d’art de Nancy, projets des Ateliers de recherche et création Artem, Édition ENSA Nancy 2003, avec le soutien de la Communauté urbaine du Grand Nancy et du Ministère de la Culture et de la Communication
– DVD Poursuite de Poursuite coédité en 2008, dans la collection Import, par Les presses du réel / MFC – Michèle Didier, co-édité par l’ENSAN / Les Éditions du Parc
– DVD Feedbackroom édité en 2009 aux Éditions du Point d’Exclamation, co-édité par l’ENSAN / Les Éditions du Parc.
– Publication R & C – Recherche et création, présentant un ensemble de projets de recherche en art, dont les axes de recherche de l’ENSAN. Ouvrage dirigé par Samuel Bianchini, co-édité par les Éditions Burozoïque et l’ENSAN / Les Éditions du Parc, paru en version e-book chez Art Book Magazine en mars 2012.
– Publication du catalogue sur iPad ALUM co-direction éditoriale par Thierry Fournier et Jean-François Robardet, coédition Art Book Magazine / Pandore / Ensa Nancy, 2014.

Pandore / Hors-série Juliette Fontaine

direction éditoriale et publication, 2003

Hors-série n°1 de la revue Pandore – 2003
Voir également la description générale du projet Pandore.

Le travail de Juliette Fontaine traverse de très nombreux domaines : films, performances, poésie, installations, pièces sonores. Elle a participé au projet Pandore depuis l’origine : dans le n° 2 paraissait Worstward Hô / Cap au pire, pièce sonore écrite à partir d’extraits de Samuel Beckett. Dès ce premier envoi apparaissait la singularité de son travail : des pièces atypiques, un univers de violoncelle, de montages, de sons, et une voix extrêmement singulière. Le sens de la respiration, du toucher, de l’instantané, du geste, sont très présents chez celle qui a été pianiste, et en a gardé une approche très directe de l’instrument et du son. Un travail parfois à l’arraché, qui ne s’embarrasse pas de la technique ou du son. J’ai rapidement renoncé à intervenir sur ces enregistrements réalisés dans le jardin ou dans la cuisine, avec un souffle défiant toutes les lois de la prise de son – mais témoignant d’une urgence dans laquelle on ne perd pas une heure à choisir un micro. Depuis quatre ans, une relation continue a ainsi vu le jour entre cette artiste et la revue. J’ai formé le projet de réaliser ce hors-série, qui me semble emblématique de Pandore : traverser et sentir clairement la « partie audible » de l’œuvre d’une artiste, entendre les tenants et les aboutissants d’un iceberg infiniment plus large. Ces pièces existent toujours absolument par elles-mêmes, sans aucune concession, à la fois fragiles, risquées, et intimes.

Thierry Fournier, avril 2003

Écouter l’album :

La Folie du coucou

Breath

Alice chez le chat Balthus

Alice rit

It’s my name

Alice and the rabbit hole

Ping-Pong
(Juliette Fontaine / Thierry Fournier)

Poèmes respirés

Ricochets

Fenêtre sur et seuil
(texte Juliette Fontaine / sample Frédéric Darricades / voix Catherine Jackson)

Petites épilepsies illusoires – They come

Petites épilepsies illusoires – Elles viennent

Petites épilepsies illusoires – Il n’y a rien

Petites épilepsies illusoires – Que ferais-je sans ce monde sans visage

Petites épilepsies illusoires – Chant triste

Petites épilepsies illusoires – It’s different and the same

Petites épilepsies illusoires – The absence of love

Petites épilepsies illusoires – Elles viennent autres

La Chant des baleines

Thierry-Fournier-jacquette-Juliette-Fontaine-01

Juliette Fontaine – Notes sur les pièces sonores

Mes pièces sonores surviennent souvent dans un état d’incapacité de travail à l’atelier. Pour éviter l’enfermement d’une impuissance douloureuse, je prends le violoncelle, je chante, je produits des balbutiements de langage par la bouche, je respire, je crie parfois. Comme une tentative de ne pas rester muette, en s’éloignant pour un temps de l’exigence trop abstraite des mots.

Dans Les petites épilepsies illusoires, quelques phrases à peine, sont émises dans d’étranges convulsions, contaminées de souffles, de bruits de bouche, de raclements de gorge, d’expirations/inspirations nasales. Parfois un chant s’installe, mélodieux, intense, résonnant. Voix et violoncelle se mêlent en un même rythme. Dans les vibrations de l’instrument à cordes, la voix découvre des sonorités et les prolonge.

L’intérêt que je porte depuis des années à l’ethnologie se manifeste ici sous une forme très personnelle. L’écoute approfondie des chants des Aborigènes et des Inuits, ne donne pourtant pas lieu à des reproductions ou des collages sonores. C’est plutôt la relation au monde dont témoignent ces musiques qui constitue une source pour mon travail. J’en fais une pratique tout à fait singulière, par une appropriation comme évidente, sans imitation.

D’autres pièces sonores, moins immédiates, de plus en plus nombreuses avec le temps, captent des sons, organisent des lignes mélodiques, décrivent des univers. Ceux-ci entretiennent des relations équivoques avec la musique. Je puise dans mes connaissances – j’ai joué du piano durant de longues années – sans pour autant composer de la musique au sens strict du terme. J’agence des sources sonores multiples comme j’agence des formes, des lignes, des couleurs, des techniques mixtes dans mon travail plastique. Il y a là une expérience toujours renouvelée et alchimique.

Les sons que j’utilise proviennent de mon environnement immédiat, enregistrés dans mon jardin, ouvert sur l’atelier : l’écoulement de la gouttière, le vent dans les feuilles des charmes, le crissement des végétaux morts, la percussion du caillou contre le pot en verre… Je crée un passage, une correspondance entre l’extérieur et l’intérieur de l’atelier. Je me laisse traverser par des portions d’espace qui constituent mes propres territoires. Je me lève avant l’aube pour enregistrer l’heure bleue, les premiers oiseaux. Certains sons d’animaux m’inspirent beaucoup, puisés dans des documents, tels que les chants des baleines, ou ceux des loups (Le chant des baleines, chant de baleine femelle, voix, violoncelle).

Des pièces sonores s’infiltrent dans mes films, elles en constituent parfois même l’origine. Le film s’articule autour de cette trame, sur laquelle j’interviens avec mon corps dans une danse improvisée. Certaines, à chaque fois renouvelées, deviennent des performances devant un public, comme Worstward Ho / Cap au pire inspirée de poèmes de Samuel Beckett. D’autres s’inscrivent dans mon travail d’écriture. Elles sont composées à partir de mes textes, en leur donnant une voix et des articulations rythmiques singulières. Bien plus qu’une simple lecture, elles révèlent autrement l’écriture : les Poèmes l’hiver sont devenus les Poèmes respirés, et autour du Poème vertical, j’ai enregistré plusieurs lectures/performances dans lesquelles interviennent des instruments de musique.

Ces pièces sonores s’inscrivent également dans la continuité de mon travail plastique lorsqu’elles deviennent la matière d’une installation, tout en existant à part entière. Some of Alice’s dreams est une série de pièces écrites au cours du travail sur une série de 150 collages et dessins inspirés d’Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll.

Mon travail part (vient) du corps, et cela depuis toujours – je dirais même de mon corps animal. Quand j’ai commencé à peindre, j’ai peint des corps sur des grands formats, comme si j’inscrivais mon propre corps sur la toile, souvent aussi grande que moi. Toujours entre le chant et le cri. Je travaille avec ce langage là. Puis, sur mes anciennes toiles, petit à petit, la peau des corps devenait transparente, elle s’est ouverte; je peignais l’intérieur, les organes, le sang qui palpite, les os, les chairs, tout cela dans un curieux chaos vibratoire et musical. Le corps intervient parfois dans sa nudité, dans les photos, dans les films. Et lorsque je deviens incapable d’écrire, de dessiner, de faire des photos ou des films, je crée des pièces sonores.

Au-delà de l’organique, a surgi alors la question de la présence : qu’est-ce qu’un corps? Comment l’habiter ? Comment apprivoiser et comprendre le monde par son seul intermédiaire ? Je palpe le monde qui m’entoure; les mains sont d’ailleurs récurrentes; ainsi que les lieux habitables pour sentir la nuit interne, ce corps à la fois dans son origine et son devenir: le ventre, l’antre, la hutte, le trou dans le tronc de l’arbre, la cellule, le nid, le coin… l’atelier.

Mes films apparaissent après des années de travail plastique. A mes yeux, ils sont d’ailleurs très picturaux. Les images sont au plus près des corps. Le corps est scruté dans ses questionnements, observé comme un paysage, traqué dans son animalité et dans sa solitude, animé souvent dans des gestes chorégraphiques.

Le corps est aussi fragmenté, parfois déformé, comme s’il devait incessamment tenter de se reconstituer, présenté dans son inachèvement, toujours appelé à renaître de lui-même. Il interroge sa présence et son propre langage charnel, organique, instinctif; tel un miroir flou, inversé peut-être, de la parole articulée. Je préfère le silence murmurant, frissonnant, du langage corporel; tout comme je préfère la poésie qui creuse des chemins de traverses au discours qui borne la route.

Si c’est toujours mon corps qui apparaît dans mes films, c’est d’abord parce que je travaille absolument seule. Par là même, beaucoup de mes films sont des performances filmées. Très rares sont les passages filmés plusieurs fois ou retravaillés. Les images sont des instants uniques; c’est le montage qui donne forme à l’écriture du film.Hors-série n°1 de la revue Pandore – 2003
Voir également la description générale du projet Pandore.

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Le travail de Juliette Fontaine traverse de très nombreux domaines : films, performances, poésie, installations, pièces sonores. Elle a participé au projet Pandore depuis l’origine : dans le n° 2 paraissait Worstward Hô / Cap au pire, pièce sonore écrite à partir d’extraits de Samuel Beckett. Dès ce premier envoi apparaissait la singularité de son travail : des pièces atypiques, un univers de violoncelle, de montages, de sons, et une voix extrêmement singulière. Le sens de la respiration, du toucher, de l’instantané, du geste, sont très présents chez celle qui a été pianiste, et en a gardé une approche très directe de l’instrument et du son. Un travail parfois à l’arraché, qui ne s’embarrasse pas de la technique ou du son. J’ai rapidement renoncé à intervenir sur ces enregistrements réalisés dans le jardin ou dans la cuisine, avec un souffle défiant toutes les lois de la prise de son – mais témoignant d’une urgence dans laquelle on ne perd pas une heure à choisir un micro. Depuis quatre ans, une relation continue a ainsi vu le jour entre cette artiste et la revue. J’ai formé le projet de réaliser ce hors-série, qui me semble emblématique de Pandore : traverser et sentir clairement la « partie audible » de l’œuvre d’une artiste, entendre les tenants et les aboutissants d’un iceberg infiniment plus large. Ces pièces existent toujours absolument par elles-mêmes, sans aucune concession, à la fois fragiles, risquées, et intimes.

Thierry Fournier, avril 2003

Ecouter les autres numéros de Pandore : n°0 à n°4 | n°6 et n°7 | n°8 | n°9

En écoute

La Folie du coucou

Breath

Alice chez le chat Balthus

Alice rit

It’s my name

Alice and the rabbit hole

Ping-Pong
(Juliette Fontaine / Thierry Fournier)

Poèmes respirés

Ricochets

Fenêtre sur et seuil
(texte Juliette Fontaine / sample Frédéric Darricades / voix Catherine Jackson)

Petites épilepsies illusoires – They come

Petites épilepsies illusoires – Elles viennent

Petites épilepsies illusoires – Il n’y a rien

Petites épilepsies illusoires – Que ferais-je sans ce monde sans visage

Petites épilepsies illusoires – Chant triste

Petites épilepsies illusoires – It’s different and the same

Petites épilepsies illusoires – The absence of love

Petites épilepsies illusoires – Elles viennent autres

La Chant des baleines

Juliette Fontaine – Notes sur les pièces sonores

Mes pièces sonores surviennent souvent dans un état d’incapacité de travail à l’atelier. Pour éviter l’enfermement d’une impuissance douloureuse, je prends le violoncelle, je chante, je produits des balbutiements de langage par la bouche, je respire, je crie parfois. Comme une tentative de ne pas rester muette, en s’éloignant pour un temps de l’exigence trop abstraite des mots.

Dans Les petites épilepsies illusoires, quelques phrases à peine, sont émises dans d’étranges convulsions, contaminées de souffles, de bruits de bouche, de raclements de gorge, d’expirations/inspirations nasales. Parfois un chant s’installe, mélodieux, intense, résonnant. Voix et violoncelle se mêlent en un même rythme. Dans les vibrations de l’instrument à cordes, la voix découvre des sonorités et les prolonge.

L’intérêt que je porte depuis des années à l’ethnologie se manifeste ici sous une forme très personnelle. L’écoute approfondie des chants des Aborigènes et des Inuits, ne donne pourtant pas lieu à des reproductions ou des collages sonores. C’est plutôt la relation au monde dont témoignent ces musiques qui constitue une source pour mon travail. J’en fais une pratique tout à fait singulière, par une appropriation comme évidente, sans imitation.

D’autres pièces sonores, moins immédiates, de plus en plus nombreuses avec le temps, captent des sons, organisent des lignes mélodiques, décrivent des univers. Ceux-ci entretiennent des relations équivoques avec la musique. Je puise dans mes connaissances – j’ai joué du piano durant de longues années – sans pour autant composer de la musique au sens strict du terme. J’agence des sources sonores multiples comme j’agence des formes, des lignes, des couleurs, des techniques mixtes dans mon travail plastique. Il y a là une expérience toujours renouvelée et alchimique.

Les sons que j’utilise proviennent de mon environnement immédiat, enregistrés dans mon jardin, ouvert sur l’atelier : l’écoulement de la gouttière, le vent dans les feuilles des charmes, le crissement des végétaux morts, la percussion du caillou contre le pot en verre… Je crée un passage, une correspondance entre l’extérieur et l’intérieur de l’atelier. Je me laisse traverser par des portions d’espace qui constituent mes propres territoires. Je me lève avant l’aube pour enregistrer l’heure bleue, les premiers oiseaux. Certains sons d’animaux m’inspirent beaucoup, puisés dans des documents, tels que les chants des baleines, ou ceux des loups (Le chant des baleines, chant de baleine femelle, voix, violoncelle).

Des pièces sonores s’infiltrent dans mes films, elles en constituent parfois même l’origine. Le film s’articule autour de cette trame, sur laquelle j’interviens avec mon corps dans une danse improvisée. Certaines, à chaque fois renouvelées, deviennent des performances devant un public, comme Worstward Ho / Cap au pire inspirée de poèmes de Samuel Beckett. D’autres s’inscrivent dans mon travail d’écriture. Elles sont composées à partir de mes textes, en leur donnant une voix et des articulations rythmiques singulières. Bien plus qu’une simple lecture, elles révèlent autrement l’écriture : les Poèmes l’hiver sont devenus les Poèmes respirés, et autour du Poème vertical, j’ai enregistré plusieurs lectures/performances dans lesquelles interviennent des instruments de musique.

Ces pièces sonores s’inscrivent également dans la continuité de mon travail plastique lorsqu’elles deviennent la matière d’une installation, tout en existant à part entière. Some of Alice’s dreams est une série de pièces écrites au cours du travail sur une série de 150 collages et dessins inspirés d’Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll.

Mon travail part (vient) du corps, et cela depuis toujours – je dirais même de mon corps animal. Quand j’ai commencé à peindre, j’ai peint des corps sur des grands formats, comme si j’inscrivais mon propre corps sur la toile, souvent aussi grande que moi. Toujours entre le chant et le cri. Je travaille avec ce langage là. Puis, sur mes anciennes toiles, petit à petit, la peau des corps devenait transparente, elle s’est ouverte; je peignais l’intérieur, les organes, le sang qui palpite, les os, les chairs, tout cela dans un curieux chaos vibratoire et musical. Le corps intervient parfois dans sa nudité, dans les photos, dans les films. Et lorsque je deviens incapable d’écrire, de dessiner, de faire des photos ou des films, je crée des pièces sonores.

Au-delà de l’organique, a surgi alors la question de la présence : qu’est-ce qu’un corps? Comment l’habiter ? Comment apprivoiser et comprendre le monde par son seul intermédiaire ? Je palpe le monde qui m’entoure; les mains sont d’ailleurs récurrentes; ainsi que les lieux habitables pour sentir la nuit interne, ce corps à la fois dans son origine et son devenir: le ventre, l’antre, la hutte, le trou dans le tronc de l’arbre, la cellule, le nid, le coin… l’atelier.

Mes films apparaissent après des années de travail plastique. A mes yeux, ils sont d’ailleurs très picturaux. Les images sont au plus près des corps. Le corps est scruté dans ses questionnements, observé comme un paysage, traqué dans son animalité et dans sa solitude, animé souvent dans des gestes chorégraphiques.

Le corps est aussi fragmenté, parfois déformé, comme s’il devait incessamment tenter de se reconstituer, présenté dans son inachèvement, toujours appelé à renaître de lui-même. Il interroge sa présence et son propre langage charnel, organique, instinctif; tel un miroir flou, inversé peut-être, de la parole articulée. Je préfère le silence murmurant, frissonnant, du langage corporel; tout comme je préfère la poésie qui creuse des chemins de traverses au discours qui borne la route.

Si c’est toujours mon corps qui apparaît dans mes films, c’est d’abord parce que je travaille absolument seule. Par là même, beaucoup de mes films sont des performances filmées. Très rares sont les passages filmés plusieurs fois ou retravaillés. Les images sont des instants uniques; c’est le montage qui donne forme à l’écriture du film.