Grave

Écran OLED 75 pouces, clé USB, vidéo 1080p, muette, 14h, 195 x 110 x 10 cm, 2020-2025

Posé au sol, un très grand écran reconstitue l’image d’une pierre tombale dont les inscriptions ne cessent de se réécrire, comme si elle était restée vivante. Son prénom, ses dates et son épitaphe s’effacent et se réécrivent constamment, souvent très vite et inachevées.

Alors que les morts sont ceux qui, par définition, ne répondent plus jamais, Grave instaure la fiction d’une mort zombie, que la technologie aurait pervertie et qui continuerait à bugger ad vitam æternam, s’interrogeant sans cesse sur sa vie et la meilleure manière de la résumer.

Le projet évoque ironiquement l’idéologie transhumaniste d’une réécriture illimitée de la vie, où tout serait toujours possible, y compris après la mort. C’est aussi une vision de l’enfer, là où les âmes continueraient d’errer sans jamais en finir ni trouver la paix.

Le nom qui figure sur la pierre tombale est alternativement John ou Jane Doe, terme utilisé dans les pays anglophones pour les personnes inhumées inconnues. La date du décès varie constamment, mais la naissance est toujours en 2020, date de création initiale de l’œuvre.

Production avec le soutien de la Biennale Chroniques, 2020

L’insu

Installation, 2022
Film 4K sonore, écran LCD 24 pouces de récupération, plaque de leds 60 x 40 cm, impressions sur transparents, papier, calque, adhésif, câbles, ordinateur portable, haut-parleur bluetooth, tables, 500 x 70 x 80 cm, 2023.

Le projet L’insu s’intéresse aux idéologies véhiculées par l’économie de marché sur la science et la recherche, notamment à travers les banques d’images.

Un programme génératif monte à l’infini des vidéos de stock qui évoquent la science : laboratoires, chercheurs·euses, etc. Leur esthétique lisse et interchangeable, techniciste et faussement inclusive pourrait s’appliquer tout aussi bien à des entreprises ou à des startups. Ces images débarrassées du réel et de toute conflictualité véhiculent une idéologie de progrès, d’efficacité et de performance. À ces vidéos, le film superpose des phrases qui les questionnent.

L’installation présente ce film sur une très longue table, avec un laptop, une dalle d’écran démonté et 75 impressions sur transparents des images et des phrases du film. Elle forme comme un flux sans cesse renouvelé.

Quelle est l’incidence de ces images ? En quoi contribuent-elles à un imaginaire collectif de la science et aux attentes de la société ?

Version en installation

Création en résidence à Turbulence, espace d’art d’Aix-Marseille Université (site Saint-Charles), à l’invitation de l’artiste et chercheur Damien Beyrouthy, dans le cadre du projet de recherche Épistémologies pour médium.

Film seul

Le film a été créé en mai 2022 dans l’exposition Supplementary Elements à l’Université de Strasbourg, sous le commissariat de Emeline Dufrennoy. Empruntant aux codes des diffusions publicitaires, l’installation de l’œuvre à Strasbourg, sur un écran géant de leds en vitrine, face au tramway et au pied de l’École doctorale, redouble la dimension publique de ce questionnement.

En vigie

Série de 3 vidéos HD, durées variables, 2018

À travers une situation de suspens cinématographique artificiel, le paysage et l’horizon interrogent nos limites, les formes contemporaines de la surveillance et notre relation collective aux migrations.

Un paysage choisi au bord de la mer ou d’un fleuve est filmé en plan fixe. Chaque mouvement est mis en évidence par une surbrillance, comme une luciole. L’ensemble de ces mouvements est lié au déplacement d’une tête de lecture dans un crescendo d’orchestre, qui ne cesse de varier et dont le climax ne se produit jamais.

La série comprend trois vidéos autonomes : En Vigie / Strasbourg en 2017, En Vigie / Nice et En Vigie / Venise (2018), chaque fois d’une durée de 20’ environ, en boucle.

En Vigie / Nice est présentée dans le cadre de l’exposition personnelle Machinal, Villa Henry, Nice, du 25 mars au 28 avril 2018, accompagnée d’un catalogue, avec un texte de Céline Flécheux et un entretien avec Isabelle Pellegrini.

Précursion

Installation vidéo générative, 2014
ordinateur et programme, vidéoprojection ou écran lcd 55″, diffusion son
Création dans le cadre de la résidence en arts numériques de Thierry Fournier à la Maison Populaire en 2014
Photographies Emile Oroumov

Un programme associe aléatoirement : des fils d’actualités en direct, des musiques de blockbusters et une série de plans vidéos très courts, chaque fois tournées au smartphone dans la ville où l’œuvre est exposée. Leur montage s’effectue en temps réel et au hasard, inventant de nouvelles narrativités et mettant en évidence les relations entre information, télé-réalité et cinéma. En brouillant les frontières entre fiction et réalité, les associations de sens – parfois burlesques ou tragiques – qui en résultent évoquent un storytelling commun à Hollywood et aux journaux télévisés, dont la perspective est toujours l’imminence de l’événement ou de la catastrophe.

Thierry-Fournier-Precursion_EMO4282