En vigie

Vidéo, 1080p sonore, 30′, 2018-2026

Dans un plan fixe face à la Méditerranée ou au Rhin, la moindre présence dans le paysage provoque une lueur saturée et fait croître un crescendo d’orchestre qui ne se résoud jamais. Le regard et l’écoute s’y tendent vers une attente perpétuelle. À travers le suspens cinématographique qu’elles instaurent, les vidéos de la série En vigie font résonner ces lieux frontaliers de toutes les migrations qui les traversent et des surveillances qui s’y exercent.

Voir également le texte En vigie, de Thierry Fournier écrit par Céline Flécheux pour le catalogue de l’exposition personnelle Machinal de Thierry Fournier à la Villa Henry, Nice, 2018, curatrice Isabelle Pellegrini.

Les quatre vidéos de En vigie a été créée lors de quatre résidences : Château Royal de Collioure dans le cadre du projet Fenêtre augmentée IV (2014), production Bipolar et Grégory Diguet ; Ososphère (Strasbourg, 2017) ; Villa Henry, curatrice Isabelle Pellegrini (Nice, 2018) ; chez Gabrielle Gamberini et Philippe Zimmermann (Venise, 2018). Edition de la série des quatre vidéos en 2026. Réalisation, musique et production Thierry Fournier. En vigie a fait partie de l’exposition personnelle de Thierry Fournier Machinal, Villa Henry, Nice, du 25 mars au 28 avril 2018, accompagnée d’un catalogue comprenant un texte de Céline Flécheux et un entretien avec Isabelle Pellegrini ; et dans l’exposition collective Fading Away à la galerie 22,48 m2 (Paris), curateurs Céline Flecheux et Rosario Caltabiano, en 2018.

Grave

Écran OLED 75 pouces, clé USB, vidéo 1080p, muette, 14h, 195 x 110 x 10 cm, 2020-2025

Posé au sol, un très grand écran reconstitue l’image d’une pierre tombale dont les inscriptions ne cessent de se réécrire, comme si elle était restée vivante. Son prénom, ses dates et son épitaphe s’effacent et se réécrivent constamment, souvent très vite et inachevées.

Alors que les morts sont ceux qui, par définition, ne répondent plus jamais, Grave instaure la fiction d’une mort zombie, que la technologie aurait pervertie et qui continuerait à bugger ad vitam æternam, s’interrogeant sans cesse sur sa vie et la meilleure manière de la résumer.

Le projet évoque ironiquement l’idéologie transhumaniste d’une réécriture illimitée de la vie, où tout serait toujours possible, y compris après la mort. C’est aussi une vision de l’enfer, là où les âmes continueraient d’errer sans jamais en finir ni trouver la paix.

Le nom qui figure sur la pierre tombale est alternativement John ou Jane Doe, terme utilisé dans les pays anglophones pour les personnes inhumées inconnues. La date du décès varie constamment, mais la naissance est toujours en 2020, date de création initiale de l’œuvre.

Production avec le soutien de la Biennale Chroniques, 2020

L’insu

Installation, 2022. Film 4K sonore (réalisation et musique Thierry Fournier), écran LCD 24 pouces de récupération, plaque de leds 60 x 40 cm, impressions sur transparents, papier, calque, adhésif, câbles, ordinateur portable, haut-parleur bluetooth, tables, 500 x 70 x 80 cm, 2022.

L’installation L’insu est élaborée à partir du film The Unknown. Dans la prolongation du film, elle s’intéresse aux idéologies véhiculées par l’économie de marché sur la science et la recherche, notamment à travers les banques d’images.

Le film est composé de plans vidéos et d’images de stock relatifs à l’univers scientifique : laboratoires, chercheurs·euses, etc. Leur esthétique lisse et interchangeable, techniciste et faussement inclusive pourrait s’appliquer tout aussi bien à des entreprises ou à des startups. Ces images débarrassées du réel et de toute conflictualité véhiculent une idéologie de progrès, d’efficacité et de performance. À ces vidéos, le film superpose des phrases qui les questionnent. Quelle est l’incidence de ces images ? En quoi contribuent-elles à un imaginaire collectif de la science et aux attentes de la société ?

L’installation se déploie sur une très longue table, empruntant aux codes d’un espace de travail ou de recherche soufflé par le désordre et comprenant un laptop, une dalle d’écran démonté et 75 impressions sur transparents des images et des phrases du film. Elle forme comme un flux sans cesse renouvelé, explosé sur la table et autour d’elle dans l’espace d’exposition.

Création en résidence à Turbulence, espace d’art d’Aix-Marseille Université (site Saint-Charles), à l’invitation de l’artiste et chercheur Damien Beyrouthy, dans le cadre du projet de recherche Épistémologies pour médium.

Le film The Unknown a été créé en 2022 dans l’exposition Supplementary Elements à l’Université de Strasbourg, sous le commissariat de Emeline Dufrennoy. Empruntant aux codes des diffusions publicitaires, l’installation de l’œuvre à Strasbourg, sur un écran géant de leds en vitrine, face au tramway et au pied de l’École doctorale, redouble la dimension publique de ce questionnement.

The Unknown

Vidéo 4K sonore, 20’, réalisation et musique Thierry Fournier, 2022

Le film The Unknowns’intéresse aux idéologies véhiculées par l’économie de marché sur la science et la recherche, notamment à travers les banques d’images.

Un film génératif monte à l’infini des vidéos de stock qui évoquent la science : laboratoires, chercheurs·euses, etc. Leur esthétique lisse et interchangeable, techniciste et faussement inclusive pourrait s’appliquer tout aussi bien à des entreprises ou à des startups. Ces images débarrassées du réel et de toute conflictualité véhiculent une idéologie de progrès, d’efficacité et de performance. À ces vidéos, le film superpose des phrases qui les questionnent. Quelle est l’incidence de ces images ? En quoi contribuent-elles à un imaginaire collectif de la science et aux attentes de la société ?

The Unknown a donné lieu à une installation : L’Insu

The Unknown a été créée en 2022 dans l’exposition Supplementary Elements à l’Université de Strasbourg, sous le commissariat de Emeline Dufrennoy. Empruntant aux codes des diffusions publicitaires, l’installation de l’œuvre à Strasbourg, sur un écran géant de leds en vitrine, face au tramway et au pied de l’École doctorale, redouble la dimension publique de ce questionnement.

Précursion

Installation vidéo générative, 2014
ordinateur et programme, vidéoprojection ou écran lcd 55″, diffusion son
Création dans le cadre de la résidence en arts numériques de Thierry Fournier à la Maison Populaire en 2014
Photographies Emile Oroumov

Un programme associe aléatoirement : des fils d’actualités en direct, des musiques de blockbusters et une série de plans vidéos très courts, chaque fois tournées au smartphone dans la ville où l’œuvre est exposée. Leur montage s’effectue en temps réel et au hasard, inventant de nouvelles narrativités et mettant en évidence les relations entre information, télé-réalité et cinéma. En brouillant les frontières entre fiction et réalité, les associations de sens – parfois burlesques ou tragiques – qui en résultent évoquent un storytelling commun à Hollywood et aux journaux télévisés, dont la perspective est toujours l’imminence de l’événement ou de la catastrophe.

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