Grave

Écran 65 pouces, clé USB, vidéo générée par un programme (1080p, 14h), 145 x 80 x 8 cm, 2020

Posé au sol, un très grand écran diffuse l’image d’une pierre tombale. Les inscriptions de cette dernière ne cessent de se réécrire, comme si elle était restée vivante. Son prénom, ses dates et son épitaphe se modifient, s’effacent puis se réécrivent, souvent très vite.

Alors que les morts sont ceux qui, par définition, ne répondent plus jamais, Grave instaure la fiction d’une mort zombie, dont la technologie aurait perverti jusqu’au principe même et qui continuerait à bugger ad vitam æternam, s’interrogeant sans cesse sur son existence et la meilleure manière de la résumer. Le projet évoque ironiquement l’idéologie transhumaniste d’une réécriture illimitée de la vie, où tout serait toujours possible, y compris après la mort. C’est aussi une vision de l’enfer, là où traditionnellement les âmes continuent d’errer et d’agir, sans jamais en finir ni trouver la paix.

Le nom qui figure sur la pierre tombale est alternativement John ou Jane Doe, terme utilisé dans les pays anglophones pour les personnes inhumées inconnues. Ici, la date du décès varie constamment, mais la date de naissance est toujours 2020, évoquant une personne qui serait en quelque sorte déjà promise à un “devenir-programme”, au sens deleuzien du terme.

Production avec le soutien de la Biennale Chroniques, 2020

Précursion

installation en réseau et in situ, 2014

Installation in situ et en réseau, 2014
ordinateur et programme, vidéoprojection ou écran lcd 55″, diffusion son

Un programme associe aléatoirement : des fils d’actualités en direct, des musiques de blockbusters et une série de plans vidéos très courts, chaque fois tournées au smartphone dans la ville où l’œuvre est exposée. Leur montage s’effectue en temps réel et au hasard, inventant de nouvelles narrativités et mettant en évidence les relations entre information, télé-réalité et cinéma. En brouillant les frontières entre fiction et réalité, les associations de sens – parfois burlesques ou tragiques – qui en résultent évoquent un storytelling commun à Hollywood et aux journaux télévisés, dont la perspective est toujours l’imminence de l’événement ou de la catastrophe.

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Précursion a été créée dans le cadre de la résidence en arts numériques de Thierry Fournier à la Maison Populaire en 2014 (photographie ci-dessus, Emile Oroumov).