Penser voir

Vidéo, 1080p sonore stéréo, 8′, 2018-2026
Installation en réseau avec webcam en direct et pièce sonore (mp3, 8′, en boucle), 2018-2026

Une caméra de surveillance sur une plage fait un burn-out. Nous entendons sa voix, comme si elle était vivante. Le niveau de son intelligence l’a amenée à douter et à ne plus savoir quoi faire : “J’y arrive plus. J’ai un problème de discrimination”. Que doit-elle regarder ? À quoi sert-elle ? Elle ne comprend plus rien, évoquant aussi bien les travailleurs du clic surexploités qui alimentent les IA que les “jobs à la con” décrits par David Graeber.

Penser voir a été créée à l’invitation du projet Acoustic Cameras, qui invite des artistes et musiciens à investir les flux en direct de webcams partout dans le monde, en leur adjoignant une création sonore ou musicale.

Le projet de Penser voir a consisté à retourner ce protocole, en faisant de la caméra elle-même le sujet de l’œuvre et en lui donnant la parole. Elle est donc composée des images en direct de la caméra de surveillance, sur laquelle est joué en boucle le texte, lu par une voix de synthèse. Souvent, des correspondances se produisent et accréditent l’impression que la voix décrit réellement ce qui se passe en direct. L’œuvre existe donc en direct sur le site de Acoustic Cameras et sous forme de captation vidéo, comme ci-dessus.

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Penser voir a été très régulièrement exposée en France et à l’étranger, depuis 2018 : Carte blanche CAPA Aubervilliers 2018, Théâtre du Granit 2020, Experimenta Grenoble 2020, Festival Ososphère 2022, ISEA Barcelona 2022, Maquinas Misticas Madrid 2022, École supérieure d’art d’Aix en Provence 2023, Université Aix-Marseille 2024, etc.

Lacunes

Série de photogrammétries et impressions jet d’encre sur papier Hahnemühle Bamboo 290g contrecollées sur dibond, dimensions 24 x 36 et 48 x 72 cm, 2025. Film HD sonore, 10’25, réalisation et musique Thierry Fournier, 2023-2025.

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Les figurations des végétaux sont le plus souvent des représentations planes : herbiers, dessins botaniques, photographies… Le projet Lacunes fait l’hypothèse d’aborder la représentation de fleurs comme des organismes, en considérant leur espace et leur corporéité.

Les fleurs sont scannées en 3D, avec un dispositif de photogrammétrie : on réalise environ 200 photographies autour de chaque fleur, à partir desquelles un programme reconstitue un modèle 3D, dont sont extraites ensuite les images de Lacunes, sans retouche. Ces images sont planes à leur tour, mais elles peuvent être prises sous n’importe quel angle, dans le modèle 3D.

Cependant, l’impossibilité de ce dispositif à restituer tous les détails des fleurs et notamment les zones cachées à l’objectif, génère des manques, que le programme compense en créant des interpolations de forme et de couleur. Un geste d’ordre pictural apparaît alors, dans la signature de l’algorithme et de ses propres limites pour représenter le réel.

Ici apparaissent les lacunes qui donnent leur titre au projet : les limites de la vision de la machine, mais qui sont aussi celles de la vision humaine. Ces fleurs deviennent des organismes en volume, dans une vision à la fois très détaillée et incertaine, qui pose la question de leur corporéité.

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Lacunes se relie au lieu et au projet Commune présence mené dans le Perche par Juliette Fontaine et Thierry Fournier. Production des tirages : Biennale Siana – Impressions : Studio Aza – 3D : Thomas Gendre.

Thierry Fournier, Lacunes, vue d’exposition, SIANA 2025 © Thierry Fournier / ADAGP

Lacunes

Vidéo 1080p sonore stéréo, 10’25, réalisation et musique Thierry Fournier, 2025.

Les figurations des végétaux sont le plus souvent des représentations planes : herbiers, dessins botaniques, photographies… Le projet Lacunes fait l’hypothèse d’aborder la représentation de fleurs comme des organismes, en considérant leur espace et leur corporéité.

Les fleurs sont scannées en 3D, avec un dispositif de photogrammétrie : on réalise environ 200 photographies autour de chaque fleur, à partir desquelles un programme reconstitue un modèle 3D, dont sont extraites ensuite les images de Lacunes, sans retouche. Ces images sont planes à leur tour, mais elles peuvent être prises sous n’importe quel angle, dans le modèle 3D.

Cependant, l’impossibilité de ce dispositif à restituer tous les détails des fleurs et notamment les zones cachées à l’objectif, génère des manques, que le programme compense en créant des interpolations de forme et de couleur. Un geste d’ordre pictural apparaît alors, dans la signature de l’algorithme et de ses propres limites pour représenter le réel. Ici apparaissent les “lacunes” qui donnent leur titre au projet : les limites de la vision de la machine, qui sont aussi celles de la vision humaine. Ces fleurs deviennent des organismes en volume, dans une vision à la fois très détaillée et incertaine, qui pose la question de leur corporéité.

Le film Lacunes rejoue le caractère non-humain de cette vision, en faisant réaliser un parcours automatisé par un programme, au sein du modèle 3D d’un massif de fleurs (une misère, Tradescantia zebrina). Le corps végétal organique devient un paysage : l’espace n’a plus d’échelle, le déplacement n’est pas humain. La musique déploie quant à elle un univers intérieur, fait de souffles, de craquements et de résistances, qui prolonge l’organicité de ce qui est filmé.

Grave

Écran OLED 75 pouces, clé USB, vidéo générée par un programme (1080p, muette, 14h), 185 x 110 x 10 cm, 2020-2025

Posé au sol, un très grand écran représente l’image d’une pierre tombale dont les inscriptions ne cessent de se réécrire, comme si elle était encore vivante. Son prénom, ses dates et son épitaphe s’effacent et se réécrivent constamment. Son langage est rapide, heurté, ne finissant pas la plupart de ses phrases, comme trop pressée par le temps ou interrompue par l’instant fatal. Elle tente chaque fois de formuler malgré tout une dernière phrase — la dernière phrase, l’épitaphe idéale — mais n’y parvient jamais — n’émettant parfois même que des onomatopées.

Alors que les morts sont ceux qui, par définition, ne répondent plus jamais, Grave instaure ici la fiction d’une « mort zombie » qui continuerait à bugger ad vitam æternam, s’interrogeant sans cesse sur son existence et la meilleure manière de la résumer.

Le changement des noms, des dates de décès et la rééécriture constante du texte sont produites par un programme d’écriture textuelle générative conçu par l’artiste, à partir d’un ensemble de règles de langage et de statistiques. Le résultat est ensuite enregistré en vidéo sur une longue durée (14h), ce qui permet un dispositif d’exposition extrêmement simple.

Grave évoque ironiquement l’idéologie techniciste d’une réécriture illimitée de la vie, où tout resterait toujours modifiable, y compris après la mort. C’est donc aussi une vision de l’enfer, là où traditionnellement les âmes continuent d’errer sans jamais en finir ni trouver la paix. Le nom qui figure sur la pierre tombale est alternativement John ou Jane Doe, terme utilisé dans les pays anglophones pour les personnes inhumées inconnues. La date du décès varie constamment, mais la date de naissance est toujours 2020, année de création de l’œuvre.

Production avec le soutien de la Biennale Chroniques, 2020

Seul Richard

Long métrage, 1h41, 1:2.39, 2023, français + sous-titrages anglais
Réalisation Thierry Fournier
D’après Richard II de William Shakepeare, traduction de François-Victor Hugo (1872).
Adaptation et direction d’acteurs Thierry Fournier et Jean-François Robardet.

Avec: Emmanuelle Lafon (voix de Richard), Pierre Carniaux, Eloïse Chabbal, Aurélie Claude, Charles Gonin, Mathieu Guigue, Sophie Jaskierowicz, Marianne Kaldi, Emilie Legret, Alexia Mérel, Claire Moindrot, Judith Morisseau, Tram Ahn Ngô, Sandrine Nicolas.

Bande annonce :

La pièce Richard II de William Shakespeare (1595) dépeint avec une grande modernité le délire narcissique d’un pouvoir solitaire. Premier long-métrage de l’artiste plasticien Thierry Fournier, Seul Richard le met en scène en confrontant un Richard invisible en caméra subjective, dont la voix est jouée par Emmanuelle Lafon, et son peuple qui s’adresse à lui, incarné par des acteurs·trices et des étudiant·es, dans un parc et une forêt.

Tourné en quelques jours avec une seule caméra, une grande économie de moyens, dix interprètes amateurs et quatre acteurs professionnels, tous en lecture comme dans une assemblée, ce film propose une métaphore poétique et politique dont l’écran serait à la fois le miroir et l’interface.

Une confrontation se déploie entre acteurs et amateurs, une machine et les vivants, non-humain et humains, divin et profane. Elle ouvre de multiples questionnements sur le pouvoir, la technique et le politique, le genre, la manipulation de la parole et de l’image, la présence et l’absence au monde.

Production Thierry Fournier & Pandore Production, avec le soutien de l’Ensad Nancy, Région Lorraine, Chartreuse-CNES, Dicréam, Le Fresnoy studio National des Arts Contemporains.

L’insu

Installation et exposition, Turbulence, Marseille, 2022
Film génératif 4K sonore, écran LCD 24 pouces de récupération, plaque de leds 60 x 40 cm, impressions sur transparents, papier, calque, adhésif, câbles, ordinateur portable, haut-parleur bluetooth, tables, 500 x 70 x 80 cm, 2023. Voir également : The Unknown.

L’insu s’intéresse aux idéologies véhiculées sur la science et la recherche par les images de stock. Un programme génératif monte à l’infini des vidéos de stock qui évoquent la science : laboratoires, chercheurs·euses, etc. Leur esthétique lisse et interchangeable, techniciste et faussement inclusive pourrait s’appliquer tout aussi bien à des entreprises ou à des startups. Ces images débarrassées du réel et de toute conflictualité véhiculent une idéologie de progrès, d’efficacité et de performance. À ces vidéos, le film superpose des phrases qui les questionnent.

L’installation présente ce film sur une très longue table, sur un laptop, un écran démonté et 75 impressions sur transparents d’images du film et de phrases. Elle forme comme un flux sans cesse renouvelé qui serait toujours identique. Quelle est l’incidence de ces images ? En quoi contribuent-elles à un imaginaire collectif de la science et aux attentes de la société ?

Création en résidence à Turbulence, espace d’art d’Aix-Marseille Université (site Saint-Charles), à l’invitation de l’artiste et chercheur Damien Beyrouthy, dans le cadre du projet de recherche Épistémologies pour médium. Ce projet a été développé sous une première forme en mai 2022 dans l’exposition Supplementary Elements à l’Université de Strasbourg, curaté par Emeline Dufrennoy.

The Unknown

Vidéo générative, 4K sonore, durée infinie, écran à leds, vitrine, 600 x 400 x 100 cm, 2022
Disponible en version préenregistrée 4K sonore, durée 1h.
Voir également : L’insu, 2022

The Unknown est un film génératif qui aborde les idéologies véhiculées sur la science par les banques d’images.

Un programme monte aléatoirement et à l’infini des vidéos de banques d’images qui évoquent la science : laboratoires, chercheurs·euses, images de l’espace, etc. Leur esthétique lisse et interchangeable, positiviste et faussement inclusive pourrait s’appliquer tout aussi bien à des entreprises ou à des startups. Ces images débarrassées du réel et de toute conflictualité véhiculent une idéologie de progrès, d’efficacité et de performance. Elles contribuent à un imaginaire collectif de la science. À ces vidéos, le film superpose des questions qui ne leur répondent pas, mais visent à les mettre en tension.

The Unknown vise ainsi des questions sur les relations entre la science et les images. Dans un contexte de post-vérité, comment pouvons-nous les interpréter et que racontent-elles de nos attentes ? Comment nos fictions et nos recherches se mêlent-elles aujourd’hui ? Quelle est leur dimension politique ?

Empruntant aux codes des diffusions publicitaires, l’installation de l’œuvre à Strasbourg, sur un écran géant de leds en vitrine, face au tramway et au pied de l’École doctorale, redouble la dimension publique de ce questionnement.

Production Université de Strasbourg, exposition Supplementary Elements, curatrice Emeline Dufrennoy

La Main invisible

Thierry Fournier, La Main invisible #3, 2020, d’après une photographie de Amaury Cornu, manifestation des Gilets Jaunes à Paris, 2019 – Thierry Fournier / ADAGP

Série de 8 images numériques, impressions fine art sur dibond, 75 x 50 cm, 2020
Créées à partir de photographies et avec l’aimable autorisation de NnoMan, Amaury Cornu, Benoît Durand, Anne Paq, Julien Pitinome, Kiran Ridley et Charly Triballeau.

La série d’images numériques La Main invisible transforme des photographies de presse qui témoignent de violences policières, en effaçant intégralement les policiers de l’image. En soulevant la question de la censure et en faisant mine de s’y soumettre, l’image ne montre plus que les personnes subissant un assaut, mené par un vide spectral qui n’a plus ni corps ni visage.

Le terme de « main invisible » est une expression issue du champ de l’économie, selon laquelle la somme spontanée des actions du marché conduirait idéalement au bien commun. Il est aussi utilisé dans les médias, pour désigner une pression qui s’exerce sur un·e journaliste.

Pour créer cette série, j’ai contacté en 2020 plusieurs photographes ayant réalisé des images de violences policières pendant des manifestations. Je leur ai proposé la transformation que je souhaitais opérer sur leurs images, ainsi qu’un protocole pour les crédits et le partage des droits d’auteur : sept d’entre eux ont accepté, pour huit images au total.

Le protocole de création de chaque image est effectué manuellement, sur Photoshop et sans IA, dans un seul geste et sans aucune retouche, afin de laisser l’effacement dans l’image très visible.

L’œuvre est très régulièrement exposée depuis 2020 (Institut Français, Scopitone, L’Événement photographique Nancy, White Cjub Cluj (RO), Château de Goutelas…). Elle illustre le numéro spécial Manières de voir n°182 du Monde Diplomatique en mai 2022, Feu sur les libertés.

Catalogue

Une nouvelle édition du catalogue La Main invisible paraît en 2023 aux éditions Empreintes & Digitales (Nancy). Elle comprend l’intégralité de la série, un texte du critique d’art et curateur Pau Waelder et pour la première fois les huit photographies initiales. Elle est disponible auprès de l’éditeur : 48 pages couleur,format 30 x 20 cm, prix 15 € + frais d’envoi 6,50 €.

Série

Thierry Fournier, La Main Invisible #1

Thierry Fournier, La Main invisible #1, 2020, d’après une photographie de Charly Triballeau, manifestation des gilets jaunes, Rouen 2019

Thierry Fournier, La Main invisible #2, 2020, d’après une photographie de Anne Paq, manifestation féministe du 7 mars 2020 à Paris

Thierry Fournier, La Main invisible #3, 2020, d’après une photographie de Amaury Cornu, manifestation des Gilets jaunes en 2019 à Paris

Thierry Fournier, La Main invisible #4, 2020, d’après une photographie de Nnoman, manifestation des Gilets jaunes en 2019 à Paris

Thierry Fournier, La Main invisible #5, 2020, d’après une photographie de Julien Pitinome, manifestation contre la loi travail à Lille en 2016

Thierry Fournier, La Main invisible #6, 2020, d’après une photographie de Kiran Ridley, manifestation des Gilets Jaunes à Paris, 2018

Thierry Fournier, La Main invisible #7, 2020, d’après une photographie de Kiran Ridley, manifestation des Gilets Jaunes à Paris, 2018

Thierry Fournier, La Main invisible #7, 2020, d’après une photographie de Benoît Durand / Hans Lucas, manifestation des Gilets Jaunes à Paris, 2019

Photographies initiales correspondantes :

Charly Triballeau, manifestation des Gilets jaunes, 2018

Anne Paq, manifestation féministe du 7 mars 2020 à Paris

Amaury Cornu, manifestation des Gilets Jaunes à Paris, 2019

Julien Pitinome, manifestation contre la loi travail à Lille, 2016, 2018

NoMan Cadoret, manifestation contre la réforme des retraites, Paris, 2019

Kiran Ridley, manifestation des Gilets Jaunes à Paris, 2018

Kiran Ridley, manifestation des Gilets Jaunes à Paris, 2018

Benoît Durand / Hans Lucas, manifestation des Gilets Jaunes à Paris, 2019

En vigie

Série de 3 vidéos HD, durées variables, 2018

À travers une situation de suspens cinématographique artificiel, le paysage et l’horizon interrogent nos limites, les formes contemporaines de la surveillance et notre relation collective aux migrations.

Un paysage choisi au bord de la mer ou d’un fleuve est filmé en plan fixe. Chaque mouvement est mis en évidence par une surbrillance, comme une luciole. L’ensemble de ces mouvements est lié au déplacement d’une tête de lecture dans un crescendo d’orchestre, qui ne cesse de varier et dont le climax ne se produit jamais.

La série comprend trois vidéos autonomes : En Vigie / Strasbourg en 2017, En Vigie / Nice et En Vigie / Venise (2018), chaque fois d’une durée de 20’ environ, en boucle.

En Vigie / Nice est présentée dans le cadre de l’exposition personnelle Machinal, Villa Henry, Nice, du 25 mars au 28 avril 2018, accompagnée d’un catalogue, avec un texte de Céline Flécheux et un entretien avec Isabelle Pellegrini.

I quit

installation, 2017

Vidéo HD sonore, 32’, 2017

La vidéo monte une série de témoignages vidéos de personnes aux USA qui ont quitté les réseaux sociaux… et qui le publient tous sur les réseaux sociaux. L’abandon d’une expérience décrite comme superficielle mais rassurante et l’inquiétude qui en résulte provoquent un discours prosélyte de « vie retrouvée », qui évoque aussi bien les born again que les alcooliques anonymes, soulevant les multiples dimensions de ces attachements.

I quit a été exposé sous la forme d’une installation dans le cadre de l’exposition de Thierry Fournier Heterotopia en 2017 au Musée d’art et d’histoire de Saint-Denis. Le dispositif est constitué d’un vidéoprojecteur et d’un miroir de salle de bains qui projette l’image en hauteur dans l’espace, comme si leur parole provenait de l’extérieur de notre environnement – de l’extérieur de la caverne en quelque sorte. Les vidéos sont en anglais non sous-titré. Un casque audio invite à les écouter individuellement.

Liste des vidéos :

Amy M – Why I quit Social Media – https://www.youtube.com/watch?v=TgdCdd6ShLA
BrookeAlexia – Deleting my social media https://www.youtube.com/watch?v=O3Ed9vwhsRU
Cora Handley – Why I Deleted Most of My Social Media And Cut Off Most of My Friends – https://www.youtube.com/watch?v=-l0ZAd8D4Ao
D-Span – Why I quit social media and what it did! – https://www.youtube.com/watch?v=ljsxyN_rzok
Elessa O’Neil – Why I Really Quit Social Media – https://www.youtube.com/watch?v=gmAbwTQvWX8
Hans Jordan P – Why I quit Social Media – https://www.youtube.com/watch?v=80SVzi7BEnI
Haters Keep Up – Jay Junior – The Time I quit Social Media: Experiment – https://www.youtube.com/watch?v=P1wlWT_2DNI
Iggy Azalea – Just Quit Social Media! – https://www.youtube.com/watch?v=DmN3_1n0ZKw
Infinite Stars – Why I Quit Social Media – https://www.youtube.com/watch?v=iHNhDE8NVvI
Ismael Millan – Why I quit Social Media!!! – https://www.youtube.com/watch?v=tCACOqaWZJ0
Koi Fresco – I’m Leaving Social Media… (Why You Should Too) – https://www.youtube.com/watch?v=hTbN68qvjwI
Lexi Dacrel – I Quit Social Media – https://www.youtube.com/watch?v=jEIy-Z6pqsA
Mischa Janiec – Why I Quit Social Media – https://www.youtube.com/watch?v=Rr6qaThFx4Y
Nikki Sharp – Why I’m Quitting Social Media – https://www.youtube.com/watch?v=n7YXOJo-78o
Paullikespasta – Why I Quit Social Media Response – https://www.youtube.com/watch?v=o2_JbfRKXdo
Set Sail – Why I’m quitting Social Media For A Month – https://www.youtube.com/watch?v=IRbGesLcTMU
Sleeping Is For Losers – I quit Social Media – https://www.youtube.com/watch?v=5XukglIWwNk

Nude

installation, 2017

Installation, 2017
Moulages en silicone, cuir, composants électroniques d’écran, vidéo (3’09”), réglettes à leds, plexiglas, acier, 180 x 60 x 80 cm

Nude déploie un corps hybride fait de cuirs anthropomorphes destinés à la ganterie, de peaux artificielles en silicone et d’un écran entièrement dénudé, comme un organisme de câbles et de parois translucides. Nude est aussi cette teinte chair créée par le monde de la mode, visant une apparence “naturelle” des peaux – mais des peaux blanches. La vidéo est la première main mappée (et donc la première peau) en 3D créée en 1972 par Ed Catmull, futur fondateur de Pixar. De la transformation des animaux à celle des corps, l’installation convoque des images d’un humain chaque fois recréé ou émulé par la technologie.

Oracles

série d’impressions UV sur plexiglas, 2017

Impressions UV sur plexiglas, mousse acoustique, leds, 200 x 66 x 18 cm, 2017

Trois SMS sont générés sur un smartphone en écrivant un premier mot au hasard, suivi exclusivement des suggestions automatiques de l’appareil. Bien que ce principe vise à éliminer toute décision, on constate que l’algorithme intègre aussi des expressions personnelles, sans savoir à quel point, générant un texte d’une inquiétante étrangeté. Au même titre que sur le web, ce qui pourrait sembler produit exclusivement par des machines est déjà le résultat d’une hybridation produite par un programme constamment nourri par la capture du comportement humain.

Oracles existe en deux éditions : anglais et français.

Vues d’exposition, Thierry Fournier, Axolotl, duo show avec Laura Gozlan, 2018

Just in case

Installation, vidéo (1080p, format 16/9e, muet, 12h), clé usb, écran LCD sur pied, 170 x 75 x 75 cm, 2017.

Un écran se demande si la personne qui l’observe est humaine (“Checking that you are human….”). Il hésite, calcule, une roue tourne. Finalement, il s’arrête et remercie. Puis il recommence, à l’infini.

Prenant acte de l’hégémonie culturelle des captchas (1), l’œuvre instaure une situation fictive où nous pourrions considérer comme légitime qu’un appareil détecte qui serait humain ou non. Pendant un très bref instant, nous pouvons penser que ce dispositif nous observe vraiment – d’ailleurs, calcule-t-il lorsque nous ne sommes pas là ? C’est seulement le fait que cette entité répète indéfiniment son processus qui nous permet rapidement de comprendre qu’il est autonome.

(1) Un captcha (Completely Automated Public Turing test to tell Computers and Humans Apart) est le dispositif répandu aujourd’hui sur un très grand nombre de sites, visant à différencier un utilisateur humain d’un ordinateur, en lui demandant de recopier une phrase, de reconnaître des éléments dans une photographie, etc.

La Promesse

Série d’impressions jet d’encre, dimensions variables, 2016-2023
Version installation : impressions sur toile, projecteurs asservis, 1500 x 370 x 250 cm

En affichant sous une forme statique des messages typiques de la publicité et du web, La Promesse met en évidence l’attente qu’ils suscitent d’une maîtrise sur soi et sur le monde, et la suspension de l’attention qui en résulte. Ici, l’installation affiche trois textes géants dans trois vitrines, éclairés par des pulsations lumineuses, leur grande échelle s’adressant aux piétons et à la circulation automobile.

Exposition Données à voir, La Terrasse espace d’art de Nanterre, 7 octobre – 23 décembre 2016.

Ex/if

série de vidéos, 2014-2015

Série de trois vidéos, 2014
HD 16/9 (Mori, 5’06, Cool, 1’43, Service, 0’50)

Filmés au Japon, ces trois instantanés vidéos relatent des situations où l’environnement humain et urbain s’assimile lui-même à un organisme ou à une machine : flux urbain abstrait de Tokyo filmé la nuit depuis le haut d’une tour (#1, Mori) ; entraînement de tennis par une foule où chaque joueur vocifère la description de son action (#2, Service) ; dispositif panoptique sur un toit d’immeuble où l’accumulation de capteurs de surveillance se veut compensée par une musique d’ambiance (#3, Cool). Pour rendre compte de la nature spontanée de ces phénomènes, les vidéos sont éditées sans aucun montage, d’où leur titre qui fait référence au format de métadonnées brutes des images numériques.

Set-up

Installation sonore, 2011
Avec la collaboration de Juliette Fontaine et Jean-François Robardet
voix : Juliette Fontaine

L’installation délivre des ordres aux visiteurs par l’intermédiaire d’une voix semblable à celle d’une compagnie aérienne : « tout va bien se passer, merci », « tous à terre, merci », etc. En jouant sur l’ambiguïté entre œuvre, médiation inutile et message de service, l’œuvre évoque ironiquement le fantasme d’un contrôle curatorial sur les spectateurs.